Lexique iconoclaste de la formation : Open training

par La rédaction

L’open training est un terme issu de l’informatique. La formation est ouverte. Par opposition, on peut se demander ce que pourrait être une formation fermée, une close training. Aurait-on fait, jusqu’à présent du close training sans le savoir ? Regardons de plus près. L’open training est à mettre en parallèle avec l’open source. L’open source est le libre accès donné aux codes sources, à l’ADN des logiciels, et la communauté enrichie le logiciel pour au final avoir, suivant l’implication de la communauté, un logiciel qui n’a plus rien à voir avec le logiciel d’origine. L’open training est de la même veine, il s’agit de proposer une trame de formation que la communauté pourrait enrichir jusqu’à complètement repenser la formation initiale. Qu’est-ce que cela recouvre ?

 

 
L’open training suppose une communauté apprenante. La formation n’est pas libre en entreprise. Elle est orientée au service d’une direction stratégique. C’est tout le paradoxe de l’open training, il s’agit de stimuler l’implication et l’innovation pour ensuite sélectionner sans démotiver pour que la communauté continue de produire. La meilleure pratique est la transparence dès le début du processus, les membres savent à quoi s’en tenir. Le crowdsourcing formatif est un bon exemple. De quoi s’agit-il ?
 
L’entreprise décide d’ouvrir un chantier formatif, comme la relation client, la productivité, la sécurité,… elle pose une série de questions dans ses points chauds pour que la communauté réagisse. L’approche marketing, et particulièrement le marketing viral, est importante surtout pour formaliser l’amorce. Le buzz commence alors à se faire pour que certains membres, les solvers, se proposent d’apporter des contributions, une grande opération de sélection est organisée pour ne retenir qu’un certain nombre de contribution qui seront au final intégrés dans la formation finale. La contribution des solvers devant être valorisée, même si souvent la eréputation peut faire office de valorisation lorsque la communauté est suffisamment constituée. On retrouve dans ce processus ce que nous avions déjà connu avec les cercles de qualité, le kaisen,… une innovation qui vient du bas, de ceux qui connaissent la réalité terrain. Aujourd’hui, on parle même de foule intelligente.
 
Mais l’open training est aussi un choix de volonté formative, s’agit-il de sélectionner le choix de la communauté de base, s’agit-il de la communauté des formateurs ou des apprenants ? La première étant plus structurée mais moins innovante, alors que la seconde est plus foisonnante mais nécessite une animation pour canaliser le foisonnement. Car au fond, toutes ces contributions sont gratuites à produire, sous réserve de l’animation, mais cette gratuité peut rapporter énormément dans sa réalisation… Prenons un exemple, la relation client, imaginez le coût que représenterait en consulting, l’analyse spécifique du traitement de chaque client pour ensuite l’agréger en bonne pratique puis le vendre sous forme de formation, et enfin le réactualiser dans le temps… l’open training de pairs à pairs assure une instantanéité. Quelle entreprise de formation, de datamining, ou de relation client ne rêverait-elle pas d’un tel contenu, connaître le quotidien de la relation client ? Il y a une vraie valeur ajoutée et même un véritable modèle économique… et donc stratégique.
 
La question qui sous-tend la démarche n’est-elle pas la notion même d’ouverture à l’innovation ? La formation s’est structurée dans une démarche top down, autour de ceux qui savent ; avec la complexité et surtout l’immédiatété, l’open training n’est-elle pas un challenge nouveau, construire une nouvelle aventure apprenante de ceux qui font vers ceux qui structurent le faire ? Un nouvel âge du faire ?
 
 
Stéphane DIEBOLD

 

 

 

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