La France se prépare à une vague de licenciements

par La rédaction

Face aux conséquences économiques de la crise sanitaire, les entreprises peinent à assurer leurs charges et les salaires de leurs employés. De nombreuses entreprises françaises touchées par l’arrêt de leurs activités pendant la période de confinement et par la (trop) lente reprise des activités sont alors contraintes de supprimer des emplois. Retour sur cette vague de licenciements et sur les solutions envisagées par l’Etat et les entreprises pour limiter l’impact sur les salariés.

Vague de licenciements : quels sont les secteurs les plus touchés ?

Sans surprise, les secteurs de l’événementiel, du tourisme, du prêt-à-porter, de la restauration, de l’hôtellerie et des transports sont les secteurs les plus touchés par la pandémie.

État des lieux chez quelques entreprises françaises :

  • André, Naf Naf, Alinéa, Camaïeu, déjà fragilisés par le Mouvement des Gilets jaunes et les grèves de cet hiver, ont été placés en redressement judiciaire. Également en faillite, Célio a sollicité le tribunal de commerce de Paris afin d’être placé sous procédure judiciaire. Les deux mois de confinement auront entraîné une perte de 100 millions d’euros au groupe.
  • En difficulté financière, Renault annonce la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France (sur 46 000)
  • Côté aérien, le géant de l’aéronautique Airbus envisage la suppression de 15 000 postes dont 5 000 en France. De son côté, Air France a décidé de se séparer de 7 600 salariés (comprenant pilotes, personnels de cabine et  personnels au sol).
  • Certains médias en difficulté ont également dû faire des choix. NextRadioTV, la maison mère de BFMTV et RMC supprime environ 380 CDI et chez Reworld media, ce sont 31 postes qui seront supprimés, dont 16 dans l’équipe du magazine papier hebdomadaire Grazia, qui compte revoir son rythme de parution.

Quelles mesures pour limiter l’impact ?

 Pour toutes ces entreprises en difficulté financière, tout l’enjeu est de limiter les départs contraints, le plan social brutal, les licenciements secs. Quelles sont les alternatives mises en place par le gouvernement et les entreprises pour limiter l’impact des plans sociaux ?

  • Le nouveau chômage partiel de longue durée. Cette mesure vise à éviter la suppression de licenciements jusqu’en octobre. Instaurée le 1er juillet, elle aide les entreprises victimes « d’une réduction d’activité durable qui n’est pas de nature à compromettre leur pérennité ». Bonne nouvelle donc pour toutes les entreprises qui exercent leurs activités dans l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, l’événementiel, le sport et la culture, puisqu’elles continuent de bénéficier d’une prise en charge du chômage partiel à 100% par l’Etat. Pour rappel, la prise en charge par l’État du chômage partiel était passée de 100% à 85% pour tous les autres secteurs le 1er juin dernier. Le décret publié le 30 juin précise une condition cependant : avoir identifié une baisse de 80% minimum de son chiffre d’affaire entre mars et mai 2020. 
  • L’ARME, l’Activité réduite pour le maintien en emploi. Cette mesure permet aux entreprises de maintenir les postes de ses salariés mais en activité partielle et pour cela, de percevoir une aide jusqu’au 30 juin 2022. En contrepartie, il est interdit pour ces entreprises de supprimer des postes pendant toute la durée de cette compensation. L’objectif : éviter les licenciements lors d’une baisse d’activité grâce à une réduction du temps de travail des employés. 
  • Les départs anticipés à la retraite
  • Le plan de départ volontaire (PDV) : c’est sur ce plan que travaillent notamment Air France et Airbus. Lors cette rupture à l’amiable entre l’employeur et l’employé, les indemnités sont avantageuses pour le salarié, qui pourra également bénéficier du chômage. L’employeur en revanche, ne pourra pas embaucher de nouveaux salariés à la suite de ce plan.
  • La rupture conventionnelle collective (RCC) : cette mesure est plus souple que le plan de départ volontaire puisque l’entreprise n’a pas besoin de justifier de difficultés financières pour y avoir recours. 

Philippine SANDER

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