Le self management : l’autonomie et l’indépendance à son apogée

par La rédaction

Le self management rompt avec le management traditionnel : il demande d’être 100% autonome et responsable. Plutôt qu’un management hiérarchique, le self-management valorise un management constitutionnel, basé sur des règles communes à tous les collaborateurs. Il a l’objectif de libérer la puissance du collaborateur.

C’est une notion qui intéresse de plus en plus d’entreprises, mais c’est un concept qui n’est pas si évident à mettre en place. Très peu d’entreprises peuvent se vanter de faire du self-management aujourd’hui. Retour sur la posture du “self manager” et sur ce qu’elle implique en interne.

Le self-management ou la disparition de la hiérarchie

Le self-management se définit comme un mode de gouvernance qui implique la quasi-disparition de la hiérarchie au profit de la responsabilisation des collaborateurs. Ces derniers sont complètement autonomes et indépendants, mais il s’agit d’aller plus loin que l’entreprise libérée et de la suppression de la hiérarchie pyramidale.

Les deux entreprises emblématiques du self-management sont Morning Star, entreprise américaine créée en 1970 par Chris Rufer, et Buurtzorg, fondée en 2006 aux Pays-Bas par Jos de Blok. La première a mis au point une constitution, The Morning Star Colleague principles, un passage obligé pour l’arrivée du self-management dans l’entreprise. Cette constitution redéfinit les relations entre collaborateurs et dit stop aux processus de validation institutionnalisés. Pour le fondateur de Morning Star, le self-management se définit comme « un corpus de principes qui guide le développement de l’organisation, de façon pertinente et efficiente, en libérant et en encourageant la créativité, l’initiative et l’engagement ; avec pour résultat de favoriser le bonheur au travail ».

Le self-management : quand le self-manager devient patron de son rôle

Le self-manager ne se définit plus par le travail qu’il fait, “il incarne un rôle sur lequel il exerce son libre arbitre.” Tel un véritable patron d’entreprise, le self-manager n’est pas dans la réaction face à sa hiérarchie, il ne se reporte d’ailleurs plus à elle. Il assume entièrement son rôle qu’il aura minutieusement prédéfini. Chaque action qu’il entreprend exprime son leadership. Pour cela, le mini-entrepreneur doit être assez mûr pour endosser son rôle de mini-patron et doit posséder les compétences comportementales, les soft-skills, nécessaires.

Le sel-manager doit bien savoir délimiter son rôle, et donc doit pouvoir répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont les produits ou les services que j’ai à offrir via mon rôle ?
  • Qui sont mes clients, à l’intérieur comme à l’extérieur de mon entreprise ? Pour qui est-ce que je crée de la valeur ?
  • Qui sont mes fournisseurs, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise ? Qu’est-ce que j’attends d’eux ?
  • Quelle est ma raison d’être ?

La difficulté est de toujours se fier à son rôle et d’éviter de s’accaparer de sujets qui ne rentrent pas dans son spectre. Il s’agit de laisser les autres sujets à ceux qui sont concernés et les mieux placés pour les traiter. Cela encourage alors le “fellowership”, la coopération : c’est l’idée de renvoyer son interlocuteur vers la personne qui répondra le mieux à la demande. C’est cette balance entre le leadership et le followership qui caractérise le self-management. Chacun se retrouve face à ses responsabilités et ne dépend plus des autres pour agir ou prendre une décision.

Comme ce self-manager marketing qui soumet à ses collègues la newsletter qu’il vient de préparer, non pour validation mais pour recueillir d’éventuelles suggestions qui pourraient encore améliorer son travail, et qui les informe que, quoi qu’il arrive, celle-ci sera diffusée quelques jours plus tard. Il ne se met pas en situation de dépendance, d’attente et de relance. Il se “self-manage” et assume l’autorité qu’il détient dans ses rôles, plaçant ainsi les autres face à leurs responsabilités. Il sait que lorsqu’il prend sa place, il aide les autres à prendre la leur.” explique cet article approfondi de Forbes sur le sujet.

Philippine Sander

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