Jobboards, capables de Negative Attitude

par La rédaction

En réponse à notre dernière observation des fluctuations des offres d’emploi publiées sur les jobboards, Thibaut Gemignani, Directeur Général de Figaro Classifieds, démontre que les sites du groupe ont su communiquer même en cas de crise de l’emploi. Quand les jobboards n’adoptent pas la Positive Attitude…

« Nous ne sommes pas des sites Coups de Pub’ »

Dans un récent article[1], nous évoquions les « baromètres de l’emploi » publiés par certains géants du marché des jobboards généralistes. Chaque mois, Monster ou encore Keljob inondent la toile des résultats de leur enquête sur le nombre d’offres d’emploi en ligne. Un véritable effet « Positive Attitude », comme nous le disions, annonçant la fin de la crise et une reprise du marché de l’emploi. Pour Thierry Gemignani, Directeur Général de Figaro Classifieds, qui édite Keljob, mais aussi Cadresonline et Cadremploi ; « La Positive Attitude serait vraie si l’on avait arrêté de communiquer pendant la crise ». Ce qui n’est pas le cas, affirme-t-il avant de poursuivre : « On est capable de faire dans la Negative Attitude ».
Si l’on observe, mois après mois, les fluctuations des offres publiées sur Keljob, on s’aperçoit qu’en mars et en avril 2011, leur nombre est en baisse. Ce mois-ci, en revanche, Keljob affiche plus de 11 700 offres supplémentaires par rapport au mois dernier. « Il y a des mois plus durs que d’autres », concède le Directeur Général. Mais eux s’attachent à « prendre du recul » et à faire état d’une évolution n-1. Ainsi, ce mois-ci, et « pour le 15ème mois consécutif », le baromètre Keljob annonce « une croissance du nombre d’offres d’emploi sur Internet de +30% en mai 2011 ».
« Depuis janvier 2003, on étudie les offres d’emploi publiées sur 80 sites : des jobboards privés, les sites de Pôle-Emploi, de l’Apec, des entreprises du CAC 40 et des gros cabinets de recrutement et d’intérim », explique Thibaut Gemignani. Au départ, ils ont identifié un indice 100 et « tous les mois, on regarde comment cet indice évolue », continue-t-il. Le record a été atteint en avril/mai 2008, avec un indice de 375. En mai 2011, l’indice est à 302. On n’est pas revenu au niveau d’avant-crise, mais la descente aux enfers, de septembre 2009 à mars 2010, est terminée. Pendant ces 18 mois, même si c’était limite suicidaire pour notre image, on a continué de communiquer sur un marché de l’emploi très très dur », insiste-t-il.

Les jobboards pieds et poings liés à la croissance

« Les seuls indicateurs que l’on ait sur le marché de l’emploi sont des indicateurs publics. Les indicateurs privés que nous sommes permettent d’identifier le dynamisme de l’emploi. », défend Thibaut Gemignani. Pour lui, il existe une corrélation flagrante entre le nombre d’offres publiées en ligne et la réalité du marché de l’emploi. « Quand la croissance du PIB est supérieure à 2%, il y a des créations d’emploi ; quand on est entre 1,5 et 2%, une légère croissance des offres; et en-dessous, une baisse. » Le tout se répercutant sur le théâtre des jobboards.  « Apres la crise, dit-il, on a vu un gel des recrutements et des offres retirées très rapidement ».
D’après les chiffres du baromètre Keljob, la courbe de la croissance du PIB suit en effet les chiffres des créations d’emploi. En 1992 à 1993, puis en 2009, le marché perd plus de 200 000 emplois. La croissance du PIB est alors, respectivement à -0,9% et -2.3%. Pour l’année 2011, le PIB remonte à +2% et le baromètre enregistre la création de 150 000 emplois.
Au-delà de la croissance, il faut aussi noter que l’augmentation du nombre d’offres dépend aussi, tout naturellement, de la multiplication des sites Internet et des jobboards en particulier.
« Nous sommes sur un marché extrêmement dépendant de la croissance française. On est lié à deux moteurs : la croissance du PIB, qui a eu du mal à redémarrer, et à la mobilité de la population active, qui doit se sentir suffisamment en confiance vis à vis de la reprise du marché, pour changer de job », explique le Directeur Général. Et pour lui, ce temps est venu : « on est en train de sortir de la crise. Preuve en est, une croissance à 2% ». Si les chiffres du chômage, malgré une légère baisse, continuent d’inquiéter les candidats sur un marché encore difficile, les jobboards se rassurent grâce à l’effet de la reprise sur la mobilité de la population active. S’il n’y a pas de création, il y a toujours un « marché de remplacement » de l’emploi.

La duplication des offres

Dans notre article, nous insistions également sur la redondance des offres d’un jobboard à l’autre, notamment pour les sites appartenant au même groupe. Le baromètre Keljob comptabilise les offres de 80 sites « dont on ne dit pas qu’elles sont uniques. Il peut y avoir des duplications », reconnait Thibaut Gemignani. Des doublons qui ne sont pas pris en compte, ce qui n’enlèverait rien à la spécificité de chacun des sites. Le Directeur Général fait la comparaison avec les CV :
« Nous sommes les premiers concernés par le multimarque, poursuit-il. Lorsque l’on a fusionné Keljob et Cadremploi, la première chose que l’on a regardée, c’est le taux de duplication des CV. Et contrairement à ce que l’on imaginait, ce taux était très faible. De 15%, il est aujourd’hui redescendu à 10% ».
Alors, a-t-on besoin de tous ces jobboards ? C’est la question que nous nous posions dans le précédent article. « Les jobboards restent le meilleur moyen de trouver des candidats », répond Thibaut Gemignani. L’étude 2011 sur le sourcing candidats de l’APEC, place « la diffusion du nombre d’emplois » largement au dessus de tous les autres moyens. On y apprend également que le recrutement d’un cadre sur deux fait suite à sa réponse à une offre.
Le mot de la fin revient à Thibaut Gemignani : « on ne sert pas à rien ; on permet aux candidats de trouver des emplois au quotidien et aux recruteurs des candidats ».

 Typhanie BOUJU

 

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