J’ai testé le coaching

par La rédaction

 

 

Il y a 5 ans, Anne*, aujourd’hui cadre supérieure dans une mutuelle a eu recours à un coach afin de mieux négocier un virage dans son parcours professionnel. Elle revient aujourd’hui sur cet épisode fructueux.

 

« J’ai décidé de suivre un coaching un an après mon retour de congé maternité. A l’époque je travaillais dans le conseil. 

Après 12 mois d’absence pour rester près de ma fille malade, je devais repartir de zéro. C’est-à-dire reconquérir un portefeuille client. A l’époque, en 2008-2009, en pleine crise, j’essuyais refus sur refus. Une situation inédite pour moi car avant mon départ en congé maternité, j’avais plutôt l’habitude d’être N°1 un peu partout. J’étais ébranlée par cette situation. De plus, avec mon conjoint nous avions le projet de partir nous installer au sud d’une ligne Rennes/Lyon. Notre stratégie était claire : quand l’un de nous retrouverait un job dans cette zone, l’autre le suivrait. Lui a décidé de reprendre une entreprise à Niort. Pour moi, un bilan de mes 15 premières années de vie professionnelle s’imposait.

Quels étaient mes points forts ? Mes axes de développement ? Mes souhaits ? Vers quoi devais-je m’orienter tout en sachant que l’on ne voulait surtout pas travailler ensemble ? Devais-je rester salariée ou me lancer moi aussi dans une activité entrepreneuriale ?

J’ai donc informé mon employeur de mon souhait de suivre un coaching pour me rebooster et faire ce fameux bilan. Il a accepté et financé et m’a mis en relation avec le cabinet Axis Mundi de Patrick Amar. Ce dernier m’a lui-même présenté deux coaches de son réseau et après entretien, je me suis lancée avec l’une d’elles pour 6 mois de coaching.

Tout a commencé par une analyse hyper détaillée de mon CV. Pour chacune de mes expériences professionnelles, je devais préciser par écrit ce que j’avais aimé ou pas, ce que j’en retenais, ce que je changerais si c’était à refaire, quelles étaient mes forces et mes faiblesses, etc. Un gros travail personnel le soir que je lui transmettais par mail avant nos entretiens. J’ai également passé le test SOSIE et fait un 360°. Une quinzaine de mes collègues, pairs, fournisseurs, clients, partenaires, etc, a retourné un questionnaire dûment rempli sur moi à ma coach. A charge pour elle d’en faire une synthèse et de me la restituer. Nos échanges étaient spontanés et permettaient d’approfondir certains points. Mais c’est toujours moi qui apportait la matière, pas elle. Son rôle était de m’amener à prendre de la hauteur et du recul sur certains sujets, de m’aider à faire le lien entre deux situations similaires que je n’avais pas consciemment connectées.

Parfois, elle m’a un peu challengé aussi. Un exemple ? « Vous me dites que vous êtes plutôt douée pour ça, donnez moi des exemples concrets ». Des réponses pas toujours évidentes à formuler. Elle ne m’a jamais dit « vous devriez faire tel ou tel job ». C’est moi qui au final en ai tiré mes propres conclusions.

 

1- Je ne souhaitais plus faire de conseil.

2- Je voulais retourner dans une entreprise pour revivre ce sentiment d’appartenance à une tribu au service d’un projet commun.

3- Un besoin de retour à l’opérationnel dans un premier temps avant une fonction plus stratégique.

 

Le bilan du coaching a donné lieu à une synthèse d’une quinzaine de pages sur moi. Lire sa propre histoire et son profil racontés par un tiers qui n’appartient pas à son entourage proche permet de se détacher de soi. Nous avons évidemment échangé sur ce bilan et amendé certains passages.

Ce coaching m’a permis trois choses : savoir ce que je voulais faire, me redonner confiance et mieux me connaître.

Regonflée à bloc, j’ai démissionné de mon poste dans le conseil pour rejoindre mon conjoint à Niort.
Je suis arrivée en avril 2010, j’ai débuté ma recherche d’emploi en juin et en octobre, j’avais le choix entre 3 propositions d’emploi. Ce coaching m’a en effet permis de connaître mon CV par cœur et surtout de savoir donner la bonne expérience dans le bon contexte.
Fin 2010, j’ai ainsi débuté comme responsable au sein de cette mutuelle.
En janvier 2014, j’ai pris davantage de responsabilités avant un poste de direction dans quelques semaines. Dans le cas de cette évolution de poste, je dois changer de posture. J’ai donc sollicité un nouveau coaching auprès de mon manager, l’un des directeurs généraux. Cette fois, il s’agit d’une logique de développement personnel.
Cela fait 20 ans que je manage des équipes plus ou moins larges et ce n’est pas pour ça que je suis une manager parfaite. Je veux être un manager de mon temps. Grâce à un nouvel effet miroir, je souhaite faire un bilan de mes pratiques managériales : quelles sont celles que je dois garder, améliorer, abandonner ? Je vais conserver la même coach que la première fois car nous avons tissé une relation de confiance. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle fait office de psy car je ne fréquente pas ce milieu mais c’est une personne en qui j’ai entièrement confiance pour parler de choses personnelles et qui fait aussi preuve d’empathie. Même si j’ai peu parlé de la maladie de ma fille, il y a des moments où j’ai du faire le lien et elle a été capable de m’entendre. J’espère notre deuxième collaboration aussi fructueuse ».

 

 

Recueillis par Sylvie Laidet

 

 

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