Etre cadre en 2016 : ça veut dire quoi ?

par La rédaction
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Temps de travail, statut cadre, équilibre vie pro – vie perso, responsabilités… En attendant la réforme du code du travail, le site Cadremploi a tenté de dresser le portrait robot des 4, 5 millions de cadres en 2016 dans son nouveau baromètre réalisé avec l’IFOP. 

 

Cadre, dès le premier job : il est loin le temps où il fallait gravir tous les échelons et gagner en expérience pour devenir « cadre ». Aujourd’hui, ils sont 48% à débuter leurs parcours professionnel directement avec ce statut. Un signe de générosité des employeurs ? Pas si sûr. Le statut cadre permet en fait aux employeurs davantage de flexibilité dans la gestion du temps de travail. Actuellement, un cadre en poste sur deux a signé un contrat en forfait horaires de plus de 35 heures avec des jours RTT, tandis que 35% travaillent en forfait jours et 15% en forfait horaires à 35 heures, sans jours RTT. 

Pas touche à leur statut : « alors la fusion annoncée des régimes de retraite Agirc Arcco en 2019 qui pourrait remettre en cause le statut de cadres, qui soit dit en passant, ne figure pas dans le code du travail, 94% des cadres souhaitent le maintien de ce statut », souligne Thibaut Gemignani, directeur général de Cadremploi. Pour les deux tiers d’entre eux, ce souhait est motivé par un besoin de reconnaissance de leurs compétences et de leurs responsabilités.  

Des experts plutôt que des managers : le chiffre est tombé comme un couperet : seulement 54% des cadres interrogés par l’IFOP ont « des responsabilités managériales ». Un mythe s’effondre. En revanche, une large majorité (74%)  évoque une « expertise spécifique ». Invités à se définir, ils sont 61% à choisir le terme « expert » contre seulement 49% le qualificatif de « manager ». 

 
42,5 heures de boulot par semaine : les 35 heures ? Connaissent pas les cadres. En effet,  ceux interrogés bossent en moyenne plus de 42 heures par semaine, soit 21% de plus que la durée légale du travail. « Plus l’entreprise est grande, plus ils travaillent. Ainsi dans les sociétés de plus de 500 personnes, la durée moyenne est de 44 heures », souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP. 37% affichent une durée hebdomadaire supérieure à 45 heures dont 5% dépassent les 55 heures. Essentiellement des cadres dirigeants visiblement. A noter que plus d’un tiers des cadres sont au forfait jour et un sur deux au forfait horaires de plus de 35 heures avec des RTT. Un contrat qu’ils seraient 60% à choisir… s’ils avaient le choix. 

Un déséquilibre vie pro-vie perso : du fait de ces volumes horaires mais aussi des déplacements –seuls 18% des cadres sont sédentaires-, plus d’un cadre sur trois estime difficile de concilier vie pro et vie perso, notamment en ce qui concerne sa vie de couple. Les chiffres grimpent quand il s’agit des enfants (51%) et des loisirs (52%). Enfin, 44% ont aussi du mal à équilibrer temps de repos et travail. Pour autant, ils ne semblent pas prêts à sacrifier leur boulot pour leur famille. Près de la moitié ne renoncerait pas à une promotion pour améliorer cet équilibre. Ils seraient en revanche 59% à renoncer facilement aux outils de travail à distance. Technophobes les cadres ? Pas vraiment.

Des cadres en mode semi numérique : pour leur boulot quotidien, les cadres plébiscitent les outils numériques. Ainsi, plus des trois quarts relèvent des conséquences fortes de la transformation numérique sur leur poste. Ces effets sont d’ailleurs perçus comme bénéfiques sur leur efficacité au travail (75%) et l’organisation de leurs différentes tâches (73%). Pour plus des deux tiers des répondants, le numérique a même enrichi leur boulot. Leur regard est en revanche plus nuancé sur l’impact du digital sur les rapports humains. Près d’un tiers estime avoir perdu en sérénité et que cela nuit à leurs relations avec les autres salariés.

 

Sylvie Laidet

 

 

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