Et si on ne parlait plus de télétravail… ?

par La rédaction

Les études sur le télétravail font florès, au point de le rendre banal, voire dépassé, avant même qu’il ne soit réellement expérimenté. On ne cesse de le répéter, la France est en retard et les freins, notamment managériaux, sont encore trop souvent cités. A force de marteler les esprits, le télétravail pourrait bien entrer dans les mœurs, à condition de l’envisager autrement que par sa signification passéiste de travail à domicile.

 

Et si on ne parlait plus de télétravail, mais de travail 2.0 ?

 

Ce serait une première étape qui permettrait d’envisager le télétravail autrement. C’est ce que propose d’ailleurs Fanny Oliveira, directrice de Flexineo, une agence spécialisée dans les « nouvelles organisations du travail rendues possibles par les nouvelles technologies ». Ainsi définit-elle le cœur de métier de son agence. « Le terme même de télétravail, dit-elle, a une connotation négative. Nous préférons parler de e-travail, de travail 2.0 ou simplement de travail à distance. Nous souhaitons avancer de manière positive et pragmatique ».

 

Flexineo vient, par exemple, de lancer une application sur Facebook qui permet de calculer les économies effectives de quelques jours de télétravail par semaine et de transformer ces gains de temps, d’argent et de CO2 en bonus de vie. Ainsi, une personne qui parcourt quotidiennement 30 km, aller-simple, pour se rendre à son bureau et passe 40 minutes le matin dans sa petite citadine 5L/100 Diesel se verrait bien plus heureuse, cultivée, en forme et en paix avec sa petite famille si elle télé-travaillait ne serait-ce que 2 jours par semaine. Concrètement, à la fin de l’année, cette même personne aurait pu faire 180 joggings, partager 94 jeux de société avec ses enfants, regarder 72 films avec ses amis, jouer 480 parties de FIFA ou encore lire 205 journaux quotidiens.

 

En espèce sonnante et trébuchante, elle aurait économisé 361€. Pour ne pas s’arrêter au montant, l’application de Flexineo transforme là encore le chiffre en fait concret : 361€, c’est le coût d’un voyage en Crète d’une semaine, de 17 mois d’abonnement à Canal+ ou encore de 7 restos en amoureux, 9 séances de spa, 13 places pour un match de foot. Et l’argument environnemental n’est pas oublié : non seulement notre témoin serait plus riche et mieux dans ses baskets, mais elle pourrait aussi se vanter, lors de dîners mondains entre écolos, d’économiser ainsi 702 kg de CO2, soit l’équivalent de 3 allers Lille-Marseille en avion, de 33 mois d’utilisation d’un ordinateur fixe ou de 4 mois de chauffage d’un 40m². Pour faire vous-même le test et briller en société, rendez-vous ici : https://www.facebook.com/TuBougesOuTuBougesPas.

 

Plus sérieusement, chez Flexineo, on reste justement assez flexibles sur la possibilité de télé-travailler. « Nous n’avons pas de jours spécifiques de e-travail. Chacun fait en fonction de ses rendez-vous, de ses déplacements, pour optimiser son temps », explique Fanny Oliveira. Elle-même télé-travaille – même si elle ne le dit pas en ces termes – environ un jour par semaine, ce qui lui permet d’éviter ¾ d’heure d’embouteillages dans la métropole lilloise.

 

Télétravail = travail à domicile : erreur

 

« Le travail à distance permet d’économiser du temps, de l’argent, des trajets… », énumère-t-elle pour évoquer les nombreuses théories sur le sujet. « On passe notre temps à dire que la France est en retard », poursuit-elle. C’est vrai, les freins sont nombreux, à en croire ces mêmes théories. « Ce sont souvent des freins managériaux, regrette Fanny Oliveira. Le manager craint de perdre la maîtrise du travail effectué, de ne pas avoir ses collaborateurs sous les yeux. Le cadre légal et juridique fait peur aux entreprises également. En réalité, les freins sont souvent liés à une méconnaissance du télétravail ».

 

Parmi les freins classiquement évoqués : le risque d’isolement. Un contre-argument lié à une version archaïque du télétravail. « L’avenir du télétravail n’est pas forcément le travail à domicile, mais dans des tiers lieux », poursuit la directrice de Flexineo. Les télé-centres sont en effet de plus en plus nombreux, même si les principaux utilisateurs sont encore les travailleurs indépendants, largement devant les salariés. Ces lieux se révèlent de véritables vecteurs d’attractivité pour les régions et/ou les villes qui souffrent d’une réputation peu dynamique.

 

Autrefois, on s’installait en périphérie des grandes villes, prêts à supporter des heures de trajets pour rejoindre son lieu de travail, au nom déjà de la qualité de vie : être tranquille le soir et le week-end, offrir un environnement calme et rassurant à sa famille. Mais le temps des cités dortoirs s’achève avec les nouvelles technologies. Désormais, le mot Corrèze est associé au préfixe « cyber ». Le Département possède son premier centre de télétravail depuis 2009. En Ariège, on en compte déjà trois et les collectivités réfléchissent à un développement de cette activité. Dans l’Oise, l’Udaf, l’Union Départementale des Associations Familiales, envisage la création de 100 centres de télétravail. La liste est longue. « Les entreprises et les collectivités sont vraiment en train de bouger, conclut Fanny Oliveira. Elles se penchent sur la question du travail à distance, ce qui n’était pas le cas ne serait-ce qu’un an auparavant ».

 

 

Typhanie BOUJU

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