A quoi ressemble la vie au bureau en 2015 ?

 

Nouvelle édition du Baromètre ACTINEO/CSA

À quelques jours de l’ouverture du SIMI, salon de l’immobilier d’entreprise (Paris, 2, 3 et 4 décembre 2015), Actineo a présenté ce matin les résultats de son Baromètre 2015[1] dédié à la qualité de vie au bureau.

Quelles sont les grandes caractéristiques de notre espace de travail aujourd’hui ? Que pensent les actifs de leur environnement de travail ? Sont-ils satisfaits de leurs équipements, de leurs espaces, de la façon dont leur entreprise prend en compte ce sujet ? Quelle est l’appétence pour les nouvelles formes de travail ?

Tour d’horizon des principaux enseignements de cette enquête 2015, dont les résultats sont mis en perspective avec les éditions 2013 et 2011 :

 

Bureaux en open space : la France résiste !

73 % des actifs français travaillent aujourd’hui en bureau fermé, qu’ils soient seuls ou à plusieurs. Ils sont 39 % à travailler en bureau collectif (33 % en bureau de 2 à 4 personnes et 6 % en bureau de plus de 4 personnes). Le bureau individuel  fait de la résistance  avec  34 %, et plus encore chez les dirigeants, qui sont 71 % à en disposer, notamment dans les TPE (46 %). L’open space, à savoir un espace collectif ouvert d’au moins 4 personnes, dont on pouvait attendre une percée dans l’hexagone, reste encore minoritaire : seuls 18 % des actifs déclarent travailler dans ce type d’espace, dont 11 % dans un bureau « à taille humaine » de 4 à 9 personnes, avec une moyenne de 6 personnes.

Même les plus grandes entreprises (250 salariés et plus) ne s’y sont pas converties puisque seuls 6 % des actifs travaillent dans un grand open space de plus de 20 personnes (toutes tailles d’entreprises confondues, ils ne sont que 3 %). Le bureau fermé collectif reste donc solidement ancré dans l’hexagone, sans doute parce qu’il s’adapte mieux à la manière de travailler des actifs français : 57 % déclarent en effet travailler « en équipe » en 2015.

 

Le relationnel, l’espace de travail, l’aménagement du bureau et l’absence de bruit restent des fondamentaux de la qualité de vie au travail

 

Même si elle accuse une légère baisse par rapport aux résultats du Baromètre  2013, la qualité de vie au travail reste un critère primordial pour 41 % des actifs français (vs 45 % en 2013 et 38 % en 2011). L’intérêt du travail se maintient en tête pour 51 % des répondants (vs 50 % en 2013 et 53 % en 2011). Le niveau de rémunération complète le podium mais affiche un net recul, avec 34 % des réponses (vs 41 % en 2013 et 37 % en 2011). Suivent la localisation géographique du travail (28 %), et plus loin derrière les responsabilités (16 %).

Comme dans les précédentes éditions du Baromètre Actineo, les trois critères constituant le socle de la qualité de vie au travail sont : les relations avec les collègues (pour 71 % des actifs), l’espace de travail (pour 38 %) et la qualité de l’aménagement du bureau (pour 20 %).

Les actifs considèrent l’absence de bruit comme un facteur important de qualité de vie au travail. Seuls, 29 % en bénéficient.

 

Espace de travail : un impact sur l’efficacité… et bien plus !

L’aménagement des bureaux et des locaux de l’entreprise est quasi unanimement cité comme facteur de bien-être, d’efficacité et de motivation (respectivement 94 %, 92% et 88 %, plus ou moins 10 points de plus sur tous ces items depuis 2011). En matière d’efficacité, l’espace de travail, tel qu’il est proposé aujourd’hui, s’adapte aux besoins et aux situations des collaborateurs : ainsi, 77 % des actifs français déclarent que leur espace de travail leur permet de travailler individuellement, 71 % de se concentrer, 67 % de se réunir.

Plus encore, l’espace de travail a un impact extrêmement fort sur la mobilisation dans le travail individuel (92 %), mais aussi sur l’implication dans le travail d’équipe (87 %), sur l’engagement dans l'entreprise (85 %), sur la fierté de travailler dans l’entreprise (81 %) et, enfin,  sur l’adhésion aux valeurs de l'entreprise (81 %).

Son impact est enfin jugé grandissant sur la santé physique (87 %, vs 81 % en 2013). Les actifs français pensent également que l’espace de travail favorise la qualité de relation avec les collègues (81 %) ou avec les managers (76 %).

A contrario, la situation semble se dégrader sur la possibilité de s’isoler (52 %, vs 60 % en 2011), de se restaurer (52 % vs 67 % en 2011) ou de se détendre (44 % vs  56% en 2011). 

 

Des salariés de plus en plus exigeants, notamment dans les très grandes entreprises

Une courte majorité d’actifs (61 %) considère que l’entreprise accorde juste assez d’importance à l’aménagement de l’espace de travail. 35 % estiment que leur entreprise n’y accorde pas assez d’importance, les plus mécontents en la matière étant les actifs travaillant en open space de 10 à 20 personnes (57 %).

Ce sont les sujets liés à la santé au travail, en relation avec des équipements informatiques et électroniques, qui génèrent le plus d’insatisfaction.

Ainsi, 51 % des actifs pensent que leur entreprise n’accorde pas assez d’importance à la présence d’ondes électromagnétiques, 47 % à la durée quotidienne du travail sur écran (vs 53 % dans les entreprises de plus de 250 collaborateurs), 43 % à la décoration de leur espace de travail (vs 54 % dans les entreprises de plus de 500 salariés), 40 % au niveau sonore de leur espace de travail (vs 48 % dans les entreprises de plus de 500 salariés), ou encore 38 % à l’ergonomie du siège de bureau (vs 43 % dans les entreprises de plus de 250 salariés).

 

Nuisances au travail : une situation qui se dégrade

Le sentiment de gêne dû à des nuisances est en hausse. Ainsi, en 2015, 57 % des actifs déclarent être souvent perturbés dans leur travail par des nuisances sonores dues à des personnes (vs 34 % en 2011), 51 % sont gênés par des problèmes de température ou de climatisation (vs 33 % en 2011), 50 % évoquent des problèmes d’attention liés à la circulation dans les espaces de travail (vs 44 % en 2013). Viennent ensuite, à un moindre degré, un ensemble d’insatisfactions qui concerne le poste de travail et ses équipements : problèmes liés à des nuisances sonores dues aux appareils (41 %), problèmes de place pour le rangement ou de  place sur son bureau (39 %),  problèmes de confort de siège de bureau (36 %), ainsi que d'éclairage (31 %).

 

Transports, c’est trop ! De nouvelles formes d’organisation du travail voient le jour

En moyenne, les actifs français déclarent un temps de trajet aller moyen « domicile-travail » de 28 minutes, soit près d’1 heure aller/retour chaque jour (1h14 pour les franciliens). Dans ce contexte, 26 % des actifs souhaiteraient favoriser les nouveaux modes de travail (nomadisme, télétravail) pour limiter le temps passé dans les transports. 22 % se prononcent également pour le développement de moyens de transports complémentaires aux transports publics disponibles.

Des attentes qui commencent à s’exprimer, donc, mais des nouvelles organisations du travail qui tardent à se concrétiser en France : 17 % des actifs à qui il arrive de travailler hors des locaux de leur entreprise, le font moins souvent qu’une fois par mois, et 40 % des répondants ne le font jamais. Sur les 60 % des actifs à qui il arrive de travailler hors de leur entreprise, 77 % le font pour des déplacements professionnels. Seuls 25 % télétravaillent  (47 % pour ceux qui ont un temps de trajet moyen compris entre 1h et 1h30).

Un chiffre qui peut étonner au regard de l’appétence forte pour le télétravail. 76 % des actifs estiment, en effet, que c’est un mode d’organisation favorisant la conciliation entre vie professionnelle et vie privée, avec une proportion encore plus élevée chez ceux qui appartiennent au service des ressources humaines (83 %), les cadres (81 %) et ceux qui ont un temps de trajet moyen de 30 à 40 minutes (80 %).  En revanche, 24 % des actifs, dont 34 % des ouvriers, considèrent que ce mode d’organisation fragilise le sentiment d’appartenance des salariés à leur entreprise.

Les travailleurs « nomades » utilisent à 96% des tiers lieux de travail : des locaux de leur entreprise autres que le poste de travail à 55%, leur domicile à 43% et les locaux des clients à 28%. Les tiers-lieux publics sont utilisés par 54% des actifs nomades, en particulier les cafés/restaurants à 26%, les transports en commun à 25%, les espaces voyageurs – trains, aéroports – (17 %), les hôtels (15 %) et même les bibliothèques  publiques (13 %). On notera enfin un usage déjà significatif des tiers-lieux d'innovation, que ce soit des espaces de co-working (15 %), des fablabs (12 %) ou des incubateurs (11 %). 

 

[1] Baromètre réalisé online en septembre 2015 auprès de 1204 actifs travaillant dans un bureau, issus d’un échantillon national de 2500 personnes représentatives de la population active française. 

 

 

A propos d'Actineo
Créé en janvier 2005 par les professionnels de l’aménagement et du mobilier de bureau,  Actineo, l’Observatoire de la qualité de vue au bureau, a, très tôt, pressenti l’impact que les transformations économiques et sociales en France allaient engendrer sur la qualité de vie au travail ainsi que la montée en puissance des notions de bien-être et d’épanouissement personnel dans les revendications des salariés.
Son objectif : sensibiliser les entreprises et les inciter à se servir de l’espace de travail comme levier de performance économique et source de bien-être pour les collaborateurs.
Actineo s’appuie sur un Conseil scientifique présidé par Alain d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS et ancien administrateur de la Fondation « Maison des Sciences de l’Homme».
Le site web d’Actineo met à la disposition des internautes études, enquêtes, conseils et bonnes pratiques, veille réglementaire, témoignages et reportages, en donnant la parole à ceux qui contribuent aujourd’hui en France, à la réflexion sur la qualité de vie au travail : ergonomes, sociologues, médecins, chercheurs en sciences sociales, experts en ressources humaines, en immobilier, prescripteurs, responsables d’entreprise…

 

 

 

Articles RH en relation

On vous dit tout sur la GEPP, le nouvel outil de gestion des emplois.

Transformez vos pratiques RH avec le modèle prédictif de Central Test 

Comment intégrer les nouvelles recrues en 2022 – Un manuel complet