Héritier, Stratège, Contestataire, Enfermé : à chaque jeune diplômé son profil sur les réseaux sociaux professionnels…

par La rédaction
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Dans le cadre d’une étude à l’initiative de l’Apec, sur l’attitude des jeunes diplômés concernant l’usage de réseaux sociaux professionnels, Pierre Lamblin, Directeur du département études et recherche à l’Apec nous présente l’influence de ces réseaux sur la recherche d’emploi et les profils types des jeunes diplômés qui les fréquentent. 

 

Les moins de 30 ans, notamment les jeunes diplômés sont les plus présents sur les réseaux sociaux professionnels. Ces derniers sont, en effet,  70 % à les utiliser, avec une préférence pour Viadeo dont ils se servent à 65 % et à Linkedln, qu’ils fréquentent à 44 %.  En termes de formation 70 % des diplômés de niveau Bac+4 sont inscrits sur un réseau social professionnel. Les Bac+ 3 y sont nettement moins présents, puisque seuls 39 % d’entre eux possèdent au moins un  compte. « Les écoles de commerce sont les plus présentes sur ces sites : 89 % de leurs anciens diplômés en 2011 ont un compte sur au moins un réseau. Plus de la moitié d’entre eux en possèdent deux, voire plus », détaille Pierre Lamblin, Directeur du département études et recherches à l’Apec. 

 

Si  90 % des jeunes diplômés inscrits sur ces réseaux y nouent en priorité des contacts avec des personnes issues de leur cursus et de leur formation, ils s’en servent également, pour la moitié d’entre eux, pour lier des contacts avec des recruteurs, notamment du secteur privé. « Les réseaux sociaux professionnels contribuent faiblement à l’employabilité. Depuis quatre ans, nous mesurons auprès des entreprises, le taux de pénétration des jeunes qui accèdent à un poste par ce biais.

 

Or, avec un taux de 1 à 5 %, cela reste marginal dans les procédures de recrutement. Aujourd’hui encore, c’est avant tout l’offre d’emploi qui permet de trouver un  travail. Pour les postes de cadres pourvus, 80 %  font suite à une offre d’emploi diffusée sur le site de l’entreprise, de jobboards ou de l’Apec. Pour les entreprises, les réseaux sociaux servent avant tout à rechercher des informations complémentaires sur des candidats », analyse Pierre Lamblin. Un constat qui n’empêche nullement 27 % des jeunes diplômés en recherche d’emploi de s’y rendre quotidiennement.

 

« En recherche d’emploi, l’utilisation des réseaux sociaux professionnels doit se faire en complément de la procédure classique de recrutement… »

 

Dans le cadre de l’étude de l’attitude et des pratiques des jeunes diplômés concernant l’usage de réseaux sociaux et de la recherche d’emploi, l’Apec a identifié quatre types de profils différents.

Les "Héritiers" sont des jeunes issus d’un milieu aisé, dont l’importance des réseaux va se soi. Bénéficiant, via leur statut social, de relations professionnelles influentes, ils utilisent les réseaux sociaux professionnels de façon modérée. Pour eux, rien ne vaut le contact direct. C’est d’ailleurs ainsi qu’ils trouvent leurs stages ou leur premier emploi.

« De leur côté, les "Stratèges" sont des jeunes qui ne comptent que sur eux-mêmes. La plupart ont choisi leur métier par passion, ont réussies leurs études à force de volonté et de travail, et sont avant tout, sur les réseaux sociaux des producteurs de contenus. Ils en maîtrisent l’usage et y sont très actifs » détaille Pierre Lamblin.

Les "Contestataires", aux cursus atypiques, sont pour leur part plus friands de réseaux tels que Facebook. Ils s’y expriment tous azimuts et y trouvent le moyen d’entretenir des contacts à visée professionnelle. Ils sont peu présents sur les réseaux professionnels, dont ils n’adhèrent pas à la philosophie. Enfin, les "Enfermés", d’origine modeste et ayant effectué leurs études sans passion, ni travail acharné, ne comprennent pas vraiment les finalités des réseaux sociaux professionnels et sont réticents à l’idée d’y afficher leur situation.

Aussi, les utilisent-ils très peu dans leur recherche d’emploi. « Quelque soit son profil, mêmes il faut se rendre visible, se montrer actif et profiter des RSP pour se constituer un réseau, il ne faut par pour autant négliger les procédures classiques de recrutement.

L’utilisation des réseaux sociaux professionnels doit se faire en complément…» conclu Pierre Lamblin.

 

Gérald Dudouet

 

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