Prévisions 2015-2017 des recrutements de cadres en France

par La rédaction

Recrutements de cadres : + 4% en 2015
 

Jean-Marie Marx, Directeur Général de l’Association pour l’Emploi des Cadres déclare « Dans un contexte économique plus favorable, le marché de l’emploi cadre devrait progressivement retrouver son dynamisme. En 2015, le nombre de recrutements de cadres devrait augmenter de 4 %. Une croissance stable par rapport à l’an dernier, avec un volume total de 177 000 embauches. Puis à partir de 2016, les effets d’un cercle économique vertueux, avec notamment la reprise de l’investissement, se traduiraient par une augmentation sensible des recrutements de cadres. »

 

L’Apec, dont le modèle économétrique permet de conduire des prévisions de recrutements de cadres à l’horizon 2017, anticipe une augmentation progressive mais sensible des embauches de cadres à partir de 2016, après une année 2015 caractérisée par une certaine stabilité. Ce modèle met en évidence la relation étroite existant entre, d’une part les recrutements de cadres, et d’autre part, les investissements, la croissance et les départs à la retraite de cadres en poste. Le scénario retenu par l’Apec est celui d’une « reprise économique progressive ».

 

L’année 2014 a été marquée par une croissance du PIB de 0,2%. Cette évolution est à mettre en lien avec de multiples facteurs: politique budgétaire restrictive, hausse des prélèvements obligatoires, poussée désinflationniste. Elle s’explique aussi par le recul de l’investissement en biens immobiliers des ménages (-5,3 %). En 2015 l’horizon devrait s’éclaircir. Selon les différents instituts de conjoncture dont l’analyse converge, l’année devrait être un bon millésime sur le plan économique, sauf évènement d’ampleur tel que la sortie de la Grèce de l’union monétaire européenne. Ainsi selon la dernière prévision de l’Insee, le taux de croissance du PIB s’élèverait à +1,2 % en 2015.

 

La diminution du prix des « énergies fossiles » qui permet une progression du pouvoir d’achat des ménages, est le facteur explicatif clé de cette reprise. Elle s’est traduite, au cours du 1er trimestre 2015, par une accélération notable de leur consommation dont la progression annuelle devrait avoisiner les +1,6 % (+0,6 % en 2014). Ces derniers pourraient dans le même temps, stabiliser leur épargne de précaution, voire la réduire.

 

Les entreprises quant à elles devraient tirer parti de la baisse du prix du pétrole et de la dépréciation de l’euro avec une facture énergétique moins élevée et des exportations plus soutenues (+ 5,2 % en 2015). L’industrie manufacturière, le secteur de l’énergie et les services marchands devraient prendre une part active à cette reprise. En revanche, le secteur de la construction peine à sortir de l’ornière et devrait encore connaitre une année délicate. C’est précisément le point faible de cette reprise avec des dépenses d’investissement des ménages en biens immobiliers qui devraient rester déprimées (-4,7 % en 2015). Il n’en demeure pas moins que les perspectives de l’ensemble des entreprises s’améliorent. Outre des demandes externes et internes bien orientées, l’amélioration de la situation des entreprises est également liée à la montée en charge du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), des effets positifs du Pacte de responsabilité, ainsi que de l’assouplissement de conditions de financement.

 

Dans ce contexte, on assisterait à un redémarrage de l’investissement générateur d’un nouveau cycle de croissance : le PIB progresserait de 1,5 % en 2016 soutenu par une FBCF (formation Brute de Capital Fixe) de nouveau bien orientée. A l’horizon 2017, la croissance économique devrait s’établir à +1,7 % avec une FBCF consolidée (+1,2 %).

 

Cette reprise économique devrait permettre une amélioration de l’emploi. L’Insee table ainsi sur la création de 114 000 postes dont 41 000 pour l’emploi salarié marchand. L’embellie devrait rester dans un premier temps insuffisante pour inverser la courbe du chômage. Au mieux, le taux de chômage devrait se stabiliser à fin décembre 2015 (10,1 % en France métropolitaine), la hausse de la population active contrebalançant les créations de poste. Une décrue tangible du chômage pourrait intervenir en 2016 (9,7 %) et se poursuivre en 2017 (9,5 %) selon les estimations de l’Unédic. Dans ce contexte, la part des cadres en emploi dans les départs à la retraite progresserait dès 2015 (+2 points à 52 %) pour atteindre 54 % en 2017.

 

Dans ce scénario, le nombre de recrutements de cadres augmenterait en 2015 de 4 %, à près de 177 000 Cette estimation dépasse la médiane des prévisions recueillies auprès des entreprises fin 2014 dans le cadre de l’enquête annuelle de l’Apec1 (de 162 000 à 186 000, médiane : 174 000). Elle reste néanmoins bien inférieure à la fourchette haute. La reprise progressive de l’investissement à partir de 2016 permettrait de dynamiser les embauches de cadres. Les niveaux d’avant la crise de 2008/2009 seraient approchés en 2016 puis dépassés en 2017.

 

 

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