Où est le Mobile learning ?

par La rédaction

 

Le M learning ou mobile learning est né des années 90, soit une maturité de 20 30 ans… qu’avons-nous fait de notre jeunesse d’apprenants mobiles ? Nous qui devions révolutionner le monde de l’apprentissage, nous sommes-nous embourgeoisés dans le confort des habitudes ? Le changement c’est maintenant ou faut-il attendre des lendemains qui chantent ? Où est le Mobile learning ?

 

Si l’on suit Norbert Pachler, Ben Bachmair et John Cook dans leur ouvrage de 2009, le Mobile learning a connu trois phases : la phase outil, avec l’usage des PDA et des ordinateurs ou téléphones mobiles, l’outil comme moyen de stockage de ressources formatives, une mémoire externe ; la phase des « apprentissages hors mur » où il s’agit d’apprendre de l’interaction sociale avec l’environnement, réagir ensemble face à une expérience formative libérée de la salle de cours, de nouvelles formes de présentiels ; et, la mobilité apprenante avec par exemple la réalité augmentée de la formation. Le mobile a un potentiel formatif énorme pour les entreprises et pourtant il reste marginal, à la marge d’une pédagogie classique fixe, solide dirait Zygmunt Bauman. Où est la révolution annoncée ?

 

Le mobile représente aujourd’hui plus de 20 % du trafic d’Internet et sa part ne cesse de croître à tel enseigne que certains prônent la disparition du fixe… Et ce d’autant que les écrans mobiles ont trouvé une taille suffisante pour offrir des vraies opportunités pédagogiques. Le passage de la bougie à l’électricité se fait encore en proposant le mixte… le mobile ne serait qu’un fixe qui bouge ? Pourquoi ne pas proposer des pédagogies directement mobiles et faire du présentiel un produit marginal au mobile ? Think different…

 

La fonction première du mobile est l’ubiquité, avoir une formation où l’on veut, comme on veut et avec qui l’on veut… une nouvelle liberté à explorer tout en gardant une cohérence pédagogique, éviter la rupture d’expérience apprenante avec le multi screen ou le cross canal par exemple.

 

Google vient de présenter son programme Tango, début 2014, pour favoriser les développeurs qui intègrent l’espace et le mouvement grâce à des capteurs sur Smartphone. La technologie existait déjà mais le fait de lancer une communauté de 200 développeurs montre l’ouverture possible d’une véritable trajectoire technologique mobile des usages. A minima, cela devrait révolutionner les formations Gestes et postures en situation réelle avec des formations en situation qui tiennent compte des spécificités morphologiques et historiques de l’apprenant. La pédagogie s’en trouve bouleversée avec l’introduction du one to one,… stocker en temps réel notre façon d’apprendre : apprentissage convulsif ou calme, zapping ou linéaire, matin ou soir,… et nous proposer une véritable personnalisation à nos rythmes.

 

Que dire de la géolocalisation, qui assure une possibilité de pousser du contenu apprenant, interactif pour faire de notre vie un apprentissage permanant si le cœur nous en dit, mais aussi susciter la surprise apprenante en proposant des évènements suivant notre localisation, mobiliser les apprenants proches pour leur faire partager une formation évènementielle. Et que dire de cette connectivité qui permet d’avoir un accompagnement permanant : un coach ou un formateur à plein temps. Les agents intelligents ouvrent des perspectives intéressantes comme l’illustre le MIT,… et c’est sans parler des autres applications non spécifiquement mobiles mais qui trouverait une légitimité nouvelle,… ou encore le M2M… alors qu’attend-on pour se mobiliser sur le mobile pour en faire non plus une opportunité mais un contrat social qui lance le mouvement des nouvelles formes de l’apprendre ?

 

Stéphane DIEBLOD

 

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