Derrière chaque professionnel RH, il y a une fonction. Un périmètre. Des responsabilités. Des décisions à expliquer. Des collaborateurs à accompagner. Et, on l’oublie souvent, il y a aussi une personne.
C’est cette personnalité que le projet Undercover souhaite rendre visible. Et ce, en invitant des professionnels RH à s’affranchir de leur posture habituelle pour révéler une facette plus personnelle d’eux-mêmes.
Chant, danse, illusion… l’événement offre aux participants un espace d’expression inhabituel et inédit. Le fond, lui, touche à un sujet plus profond pour la fonction RH.
Quelle place reste-t-il à l’individu derrière le rôle ? Comment les professionnels RH peuvent-ils exprimer ce qu’ils sont, en dehors du badge, du poste, du costume attendu par l’entreprise ?
À moins de deux semaines de la finale, myRHline a pu échanger avec les créateurs d’Undercover : Jonathan Goldfarb, directeur du développement RH chez Synergie, et Benoît Thièbe, Head of Talent Acquisition et marque employeur chez IKEA France.
Sortir de la représentation attendue de la fonction RH
Jonathan Goldfarb utilise l’expression de « costume RH » pour décrire la manière dont le RH est souvent perçu et attendu : celui qui endosse un « rôle maîtrisé » et porte des responsabilités.
Bien entendu, cette réalité n’est pas propre aux RH. En revanche, elle est particulièrement marquée dans la fonction. Cette dernière étant régulièrement en première ligne lorsqu’il s’agit de traiter les sujets d’entreprise sensibles : recrutement, rémunération, évolution professionnelle, réorganisation ou départs.
Undercover s’appuie sur le constat suivant. Derrière la fonction, il y a pourtant des individus avec leurs passions, leurs talents et leurs centres d’intérêt. Des dimensions qui restent souvent invisibles dans le cadre professionnel. Et ce, alors même qu’elles contribuent à insuffler ce qu’il y a d’humain dans la gestion RH.
Et c’est précisément ça que l’événement cherche à mettre en lumière. Non pas le RH en tant qu’expert ou représentant de l’entreprise, mais la personne derrière le costume parfois trop étriqué. Celle que ses collègues connaissent parfois peu en dehors de son périmètre de responsabilités.
En donnant accès à cette autre facette, Undercover propose donc une lecture différente de la fonction RH : moins institutionnelle, plus humaine et plus personnelle.
Ce que la scène peut changer dans la relation aux RH
Davantage attendus en réunion, en entretien ou dans les échanges avec les équipes, les RH engagés dans le projet Undercover se sont mis en mouvement. Pour quitter leur cadre habituel, se montrer autrement et accepter d’être regardés sous un nouvel angle.
Pour Jonathan Goldfarb et Benoît Thièbe, c’est d’ailleurs le fait d’oser — appuyer sur le bouton d’inscription, envoyer une vidéo, se présenter devant un public — qui compte plus que la représentation en elle-même.
Cette progression donne au projet une dimension particulière. Undercover garde la forme d’un concours, avec des sélections, un jury, une finale et un gagnant. Mais l’enjeu raconté par ses fondateurs se situe dans le mouvement de révélation.
La scène favorise alors le changement de perspective. Le collaborateur qui voit son RH chanter, danser ou pratiquer l’illusion peut ensuite le regarder différemment. La fonction reste la même. La relation, elle, peut se nuancer.
Jonathan Goldfarb évoque cette idée d’un puzzle qui se recompose autrement. Le RH que l’on associe à la paie, au recrutement, à la formation ou aux procédures révèle une autre facette. Cette facette personnelle vient enrichir la perception de son rôle professionnel.
L’envers d’une mécanique construite selon les codes RH
Le projet assume une esthétique de show. Teasing mystérieux, enveloppes noires, révélation progressive, casting digital, demi-finale, finale au Palais des Glaces : Undercover a construit son concept comme une expérience à suivre.
Derrière cette mise en scène, la construction reste très RH. En effet, le parcours des participants Undercover est pensé comme une expérience candidat talent :
- le site de candidature joue le rôle du site carrière ;
- la vidéo devient une première étape de sélection ;
- les critères d’évaluation reprennent une logique de scorecard ;
- l’accompagnement des participants renvoie aux pratiques de développement des talents ;
- le coaching prépare les candidats à une étape clé, comme on préparerait un collaborateur à prendre une nouvelle responsabilité.
Cette architecture renforce la cohérence au projet. Undercover mobilise les codes du divertissement, mais son déroulé reprend les réflexes métier des RH : attirer, sélectionner, accompagner, préparer, faire progresser.
Le parallèle est d’autant plus intéressant que les candidats sont eux-mêmes des professionnels RH. Ils passent, à leur tour, par une expérience qu’ils conçoivent souvent pour les autres. Ils deviennent candidats, talents accompagnés, personnes évaluées, puis personnes exposées.
Ceci afin de nous rappeler qu’en définitive les RH sont des collaborateurs comme les autres. Eux aussi ont besoin d’un cadre pour être accompagnés, encouragés, préparés.

Un événement RH-friendly, mais pas que
Undercover s’inscrit dans un écosystème RH très actif. Les fondateurs y sont actifs et reconnus. Le jury réunit aussi plusieurs figures de la fonction, dont Mathilde Le Coz (ex-DRH Forvis Mazars) et Audrey Richard (DRH Canal+). La communauté RH a suivi le teasing, les révélations et les étapes de sélection.
Mais la finale a aussi vocation à dépasser ce cercle pour permettre à d’autres publics de découvrir les RH sous un angle différent :
Ce que nous aimerions, c’est que l’événement du 24 juin ne soit pas seulement un événement RH. Mais plutôt que les RH viennent avec leurs collègues, leurs proches et, de manière plus globale, avec des gens qui ne sont pas dans notre écosystème. C’est par cette ouverture qu’Undercover contribuera à montrer une autre image des RH et à sortir d’une vision trop fonctionnelle du métier.
Cette ouverture compte. Les RH parlent souvent aux RH. Ils partagent leurs enjeux, leurs outils, leurs contraintes, leurs transformations. Undercover cherche à rendre la fonction lisible autrement, auprès de celles et ceux qui la côtoient surtout dans les moments clés abordés plus haut : une embauche, un entretien, une formation, un changement d’organisation, une situation sensible.
À travers cette première édition, Undercover installe une forme de HR-tainment qui parle autant de scène que de métier, autant de performance que de posture professionnelle. La finale d’Undercover aura lieu le 24 juin au Palais des Glaces, à Paris. Le public pourra assister aux prestations des finalistes et participer au vote, aux côtés du jury.

