Un téléphone, des collègues et un métier à raconter. Chez Saint-Gobain Distribution Bâtiment France, des collaborateurs filment leur quotidien et le partagent sur leurs propres réseaux sociaux. Comment accompagner cette parole sans la transformer en discours corporate ? Et quels résultats peut-on réellement en attendre ?
Dans cet épisode d’En voiture les RH, une série Factorial produite par myRHline, Christophe Patte reçoit Laetitia Sylvestre, qui pilote les sujets d’attractivité et de communication RH chez Saint-Gobain Distribution Bâtiment France. Elle revient sur l’évolution de ses programmes d’ambassadeurs, des premières vidéos accompagnées jusqu’aux DistriStories, des contenus créés par les collaborateurs eux-mêmes.
Son fil conducteur : montrer les métiers à travers celles et ceux qui les exercent, avec leurs mots, leurs personnalités et leur regard sur le terrain.
Faire raconter les métiers dans une organisation décentralisée
Saint-Gobain Distribution Bâtiment France rassemble notamment des enseignes comme POINT.P et La Plateforme du Bâtiment. Dans l’épisode, Laetitia Sylvestre évoque un périmètre de 22 000 collaborateurs en France, répartis entre les fonctions support et les points de vente.
Vendeurs, commerciaux, équipes logistiques, chauffeurs : les métiers sont nombreux et les équipes dispersées. Pour les mobiliser, elle s’appuie sur une communauté d’environ 150 professionnels RH et sur les équipes communication des enseignes.
Cette organisation impose de travailler avec des relais locaux. Elle offre aussi une richesse éditoriale : autant de lieux, d’équipes et de situations concrètes pour faire découvrir ce que signifie travailler dans la distribution de matériaux.
L’enjeu consiste à rendre ces réalités visibles aux candidats, en laissant les collaborateurs les raconter à leur manière.
Des ambassadeurs aux collaborateurs créateurs de contenu
La démarche a évolué par étapes. Au départ, un ambassadeur allait à la rencontre de ses collègues dans une logique de websérie. Les tournages étaient accompagnés, avec une trame d’interview, mais sans texte à réciter.
Laetitia Sylvestre insiste sur cette liberté : les collaborateurs formulaient parfois des idées auxquelles les équipes communication n’auraient pas pensé, avec des mots particulièrement forts.
Progressivement, le dispositif s’est ouvert à des salariés qui filmaient déjà spontanément leur quotidien sur Instagram ou TikTok. Des chauffeurs partageaient des moments de tournée, des vendeurs et des commerciaux racontaient des scènes de travail.
La question change alors : comment repérer ces initiatives, accompagner leurs auteurs et leur permettre de progresser ? C’est cette évolution vers des contenus créés par les collaborateurs, ou Employee Generated Content, qu’illustrent les DistriStories.
Cette expérience prolonge les échanges déjà consacrés sur myRHline aux communautés d’ambassadeurs de marque employeur, avec une place croissante donnée à la création vidéo et aux comptes personnels des salariés.
Une petite communauté, un groupe WhatsApp et des défis réguliers
Pour l’expérience qu’elle décrit, Laetitia Sylvestre évoque une équipe de près de 15 volontaires. Le fonctionnement repose sur des moyens simples : un groupe WhatsApp pour réunir les participants, des thématiques et de petits défis proposés au fil de l’année.
Les collaborateurs réalisent leurs vidéos avec leur téléphone. Ils produisent des contenus adaptés à leur communauté, que les comptes de l’entreprise peuvent également mettre en visibilité.
La diversité des styles fait partie de l’intérêt du programme. Les mêmes métiers peuvent être racontés avec des tonalités, des formats et des personnalités différentes. L’objectif est de préserver cette singularité tout en donnant des repères aux participants.
Pour Laetitia Sylvestre, la réussite ne repose pas nécessairement sur une vidéo qui ferait un immense nombre de vues. Elle défend aussi l’intérêt d’une multitude de contenus touchant chacun une communauté plus restreinte.
Son exemple de 100 collaborateurs réalisant chacun une vidéo à 1 000 vues illustre cette logique. Il ne s’agit pas d’un résultat annoncé pour le programme.
Quels résultats sur la visibilité et les candidatures ?
Laetitia Sylvestre suit plusieurs indicateurs : la visibilité des publications, le trafic du site carrière et l’évolution du volume de candidatures.
Dans l’entretien, elle indique que la part du trafic du site carrière provenant des réseaux sociaux a doublé en quatre à cinq ans. Elle rapporte également des hausses de candidatures de l’ordre de 40 % lors de certaines campagnes de visibilité.
Ces chiffres décrivent les observations qu’elle partage sur plusieurs années et différentes opérations. Ils ne permettent pas d’attribuer l’ensemble de la progression au seul programme DistriStories.
Elle précise d’ailleurs ne pas disposer, dans l’échange, d’une comparaison permettant de distinguer précisément les candidatures issues des jobboards de celles provenant des réseaux sociaux.
Des canaux complémentaires, avec des objectifs différents
La stratégie présentée repose sur une diversification des moyens d’attraction. Les jobboards orientent les candidats vers les offres. Les contenus diffusés sur les réseaux sociaux travaillent également la notoriété, la connaissance des métiers et la découverte de l’environnement de travail.
Ils peuvent ainsi renvoyer vers une page métier ou vers une campagne thématique, sans conduire immédiatement à une candidature.
Laetitia Sylvestre observe aussi une meilleure adéquation des candidatures reçues via le site carrière. Montrer les équipes, les activités et l’ambiance doit aider les personnes à comprendre l’entreprise avant de postuler. Aucun taux comparatif de qualification n’est toutefois détaillé dans l’épisode.
Cette approche s’inscrit dans la continuité de la stratégie de sourcing de Saint-Gobain Distribution Bâtiment France, déjà présentée sur myRHline.
Former les collaborateurs sans effacer leur personnalité
Pour élargir la dynamique, l’entreprise développe des ateliers DistriStories en région. Ils réunissent des collaborateurs intéressés par la création vidéo, parfois issus d’enseignes différentes.
Au programme : des conseils techniques, des exemples de contenus, des sources d’inspiration et des échanges sur ce qui fonctionne. Ces rencontres permettent aussi de créer des liens entre collègues qui se connaissent peu.
La sécurité occupe une place importante dans l’accompagnement. Filmer dans un dépôt ou à proximité de chariots, de véhicules et de camions exige de conserver les bons réflexes. Les équipements de protection restent indispensables pendant la création des vidéos.
Laetitia Sylvestre rappelle également les précautions de confidentialité. La liberté de ton s’exerce donc dans un cadre qui tient compte des réalités du travail.
Embarquer les managers et reconnaître les participants
Un programme de création de contenu mobilise du temps. Christophe Patte interroge donc Laetitia Sylvestre sur la réaction des managers et sur la disponibilité des équipes.
Elle explique partir des personnes les plus motivées. Certains managers viennent aux ateliers avec leurs collaborateurs. D’autres créent ensuite leur propre compte pour produire des contenus avec leur équipe. L’initiative peut ainsi devenir un projet collectif.
Dans le dispositif décrit, Laetitia Sylvestre indique ne pas avoir retenu de rémunération spécifique des ambassadeurs. Elle souhaite préserver leur liberté de participation, sans installer une logique de quota de publications.
La reconnaissance prend d’autres formes : acquisition de compétences, visibilité auprès des collègues et des clients, développement du réseau interne. Elle rapporte aussi que cette exposition peut ouvrir des portes vers des projets transverses ou d’autres missions.
Tout le monde n’a cependant pas besoin de passer devant la caméra. Commenter, partager ou soutenir les contenus des collègues constitue également une manière de contribuer.
Un programme accessible demande surtout du temps d’animation
Faut-il un budget important pour commencer ? Laetitia Sylvestre souligne que la production de vidéos avec les téléphones des collaborateurs peut limiter les moyens matériels nécessaires. Mais elle insiste immédiatement sur une autre ressource : le temps.
« Sans animation, il ne se passe rien. »
Laetitia Sylvestre
Identifier les volontaires, proposer des sujets, répondre aux questions, organiser des rencontres et maintenir la dynamique constituent un travail à part entière. Lorsque les ressources internes manquent, elle évoque la possibilité de se faire accompagner par des professionnels de l’animation de communauté.
Son conseil pour démarrer reste simple : s’appuyer sur les personnes qui en ont envie. Le volontariat permet de préserver la spontanéité qui fait la valeur de ces prises de parole.
Raconter aussi la transformation des métiers
La suite du programme s’inscrit dans le projet de transformation de Saint-Gobain Distribution Bâtiment France à horizon 2035, lancé en 2025.
Laetitia Sylvestre souhaite faire évoluer les contenus pour montrer les changements à l’œuvre dans les enseignes et les métiers. Les collaborateurs peuvent ainsi raconter leur quotidien, mais aussi la manière dont ils participent à son évolution.
Pour les équipes RH, ce retour d’expérience montre ce que demande une marque employeur portée par le terrain : de la confiance, un cadre compréhensible, des relais et une animation régulière. La caméra appartient aux collaborateurs. L’accompagnement donne à leurs initiatives les moyens de durer.
Qui est Laetitia Sylvestre ?
Laetitia Sylvestre accompagne l’attractivité, la marque employeur et la communication RH chez Saint-Gobain Distribution Bâtiment France. Rattachée à l’équipe centrale de développement RH, elle travaille avec les professionnels RH et les communicants des enseignes.
Elle se présente comme une « communicante au pays des RH ». Son approche consiste à faire parler le terrain, expérimenter les formats et mesurer leurs effets pour donner envie de découvrir les métiers de l’entreprise.
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En voiture les RH est une série Factorial produite par myRHline et animée par Christophe Patte. Les chiffres cités dans cet article sont ceux rapportés par Laetitia Sylvestre dans l’épisode.

