Un recruteur peut gagner entre 30 et 50 % de temps sur certaines tâches grâce à l’IA. Derrière ce chiffre, une question traverse aujourd’hui toute la fonction RH : comment utiliser ces outils sans fragiliser la relation candidat ? L’IA permet-elle vraiment de recruter mieux, ou surtout plus vite ? Comment les recruteurs peuvent-ils préserver la qualité d’échange avec les candidats ? Et pourquoi restent-ils sous pression malgré des outils toujours plus performants ?
Dans ce nouvel épisode de Shortlist, le podcast SmartRecruiters, Mélanie McGavigan et Ghislain Fouché reçoivent Florence Réal-Rougier, directrice du recrutement chez Talan, pour discuter du rôle de l’IA dans la transformation du recrutement.
Le recruteur face aux exigences de l’expérience candidat
Pour Florence Réal-Rougier, le recrutement évolue au rythme des usages du quotidien. Le candidat est aussi un consommateur, habitué à des parcours rapides, fluides et lisibles. Ces attentes influencent son rapport au processus de recrutement, à la réactivité des équipes RH et à la qualité des interactions.
Cette évolution oblige les recruteurs à ajuster leurs pratiques en matière d’expérience candidat. Les job boards ont élargi les volumes de candidatures. Les ATS ont aidé à traiter ces flux. Mais, en parallèle, ils ont aussi rendu certains parcours moins lisibles pour les candidats. Les réseaux sociaux ont ensuite accentué la porosité entre l’expérience collaborateur et l’image perçue par les candidats.
Dans ce contexte, la marque employeur prend une place structurante. Site carrière, communication LinkedIn, avis sur les plateformes de notation : chaque point de contact nourrit la perception candidat. L’enjeu consiste donc à aligner les messages avec la réalité vécue dans l’entreprise.
L’épisode revient ainsi sur la transformation du rôle de recruteur. Évaluer un candidat reste central, bien sûr. Mais le métier intègre aussi des compétences de communication (stratégies d’écoute candidat et d’onboarding), de conseil, de veille et de maîtrise technologique. Cette polyvalence s’accroît encore avec l’arrivée de l’intelligence artificielle.
Quel rôle de l’IA dans la transformation du recrutement ?
Chez Talan par exemple, l’IA est surtout utilisée pour alléger certaines tâches rédactionnelles :
- rédaction d’annonces ;
- préparation de comptes rendus ;
- compréhension d’un marché ;
- appui aux stratégies de chasse, etc.
Florence Réal-Rougier évoque aussi l’enregistrement audio des entretiens vidéo, avec le consentement du candidat. Ceci afin de faciliter la production des comptes rendus, tout en permettant au recruteur de se concentrer sur l’échange. Le sujet a été travaillé avec la direction juridique, afin de sécuriser le cadre d’usage.
Ce point illustre l’un des apports majeurs de l’IA : redonner du temps d’écoute aux recruteurs. Moins mobilisés par la prise de notes, ils peuvent mieux suivre la discussion, capter les nuances et affiner leur évaluation. La technologie agit alors comme un appui à la relation, à condition de rester maîtrisée.
Mais le gain de temps sur une tâche ne réduit pas toujours la durée totale du processus. D’autres facteurs entrent en jeu, comme la disponibilité du manager, la clarté du besoin ou la rapidité des décisions. L’IA accélère certaines phases du recrutement sans résoudre seule toute la chaîne de recrutement.
L’épisode aborde aussi la pression qui pèse sur les équipes Talent Acquisition. Les recruteurs doivent trier davantage de candidatures, répondre sur plusieurs canaux, suivre de nouveaux outils et intégrer un cadre réglementaire dense. L’AI Act classe d’ailleurs le recrutement parmi les usages à haut risque, ce qui renforce les exigences de vigilance.
Alors, comment faire de l’IA un levier utile pour les recruteurs, sans perdre en qualité d’échange ni en lisibilité candidat ? Les réponses de Florence Réal-Rougier, directrice du recrutement chez Talan, sont à retrouver dans ce nouvel épisode de Shortlist. Un podcast vidéo RH SmartRecruiters produit par myRHline.

