L’UTT mise sur le doctorat pour renforcer la capacité d’innovation des entreprises

par La rédaction

Alors que les pays étrangers reconnaissent la plus-value des docteurs, la France reste culturellement frileuse face à ces compétences mal évaluées. Seuls les grands groupes confrontés à la recherche emploient des docteurs.

Docteur en physique et fort d’une expérience à la direction de la recherche d’une entreprise américaine, Christian Lerminiaux, président de l’Université de technologie de Troyes (UTT), plaide pour l’augmentation du nombre de diplômés ingénieur qui poursuivent leurs études en doctorat, afin d’accroître la capacité à innover des entreprises françaises. Il soutient une politique active de développement de l’Ecole doctorale de l’UTT et multiplie les partenariats avec des écoles françaises (EPF et ESIEA) ou internationales (Chine, Singapour, Moyen Orient).
 
 « Les docteurs sont vecteurs d’innovation » déclare Régis Lengellé, directeur de l’Ecole doctorale de l’UTT. La valeur ajoutée d’un docteur se mesure dans sa capacité à analyser des problèmes complexes, à explorer des solutions et à savoir dépasser les échecs. Les travaux d’un doctorant de l’UTT en contrat chez un grand constructeur automobile ont, par exemple, permis de réaliser une économie de 80% du coût des essais moteurs, par l’analyse et l’optimisation de la procédure expérimentale. L’entreprise a embauché le jeune chercheur à la sortie de sa thèse à un salaire de 45 000 euros, ce qui est 30% supérieur au salaire d’embauche d’un jeune ingénieur diplômé de l’UTT.
 
Toutefois, Régis Lengellé constate : « Nous sommes plus souvent face à des entreprises qui cherchent une opérationnalité fonctionnelle immédiate, demandée à un ingénieur bac+5, que la capacité, propre aux docteurs, à résoudre en profondeur les problématiques les plus complexes », 
Les chiffres d’insertion de l’Ecole doctorale de l’UTT montrent une progression de la part de docteurs embauchés par les entreprises : ils sont 42% pour ceux qui ont soutenu leur thèse de 2006 à 2008, contre seulement 23% ayant soutenu de 2003 à 2005. Parallèlement, et pour les docteurs s’insérant dans le tissu économique, on observe une augmentation de la valorisation des salaires à l’embauche après le doctorat par rapport aux ingénieurs bac+5.
 

 

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