Chômage : en quoi nos voisins européens s’en sortent mieux !

par La rédaction

 

Alors que la loi sur la réforme du travail créée la polémique, dans une France qui peine à contrer efficacement le chômage, la question des dispositifs mis en place pour fluidifier le marché du travail chez nos voisins se doit d’être posée. Quels sont les pays européens où le taux de chômage est le plus bas ? Et qu’ont-ils mis en place pour y parvenir. Tour d’horizon.

Si à ce jour le Pacte de responsabilité, porté par le gouvernement Hollande peine à porter ses fruits sur la question de l’emploi, avec un taux de chômage de 10,2 %, l’Union européenne voit paradoxalement et globalement ce même taux reculer à 9%. Un chiffre que la France aura pour sa part, bien du mal à atteindre : l’Unedic ne prévoyant pas de retour sous les 10 % d’ici 2017. Alors quels sont les pays européens où l’emploi est au plus haut, et quelles sont leurs méthodes pour parvenir à des taux performants ? Selon des chiffres publiés par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, les pays où les chômeurs sont les moins nombreux sont la République tchèque et l’Allemagne (4,5 %), puis le Royaume-Uni et Malte (5,1 %), l’Autriche (5,8%) et le Danemark (6%). A contrario, les moins performants sont la Grèce, l’Espagne et la Croatie avec des taux respectifs de 24,5 %, de 20,8 % et de 16,5 %.  Mais comment s’expliquent de tels écarts ?  Pour Andrew Chamberlain, responsable économique de Glassdoor, qui vient récemment de publier un rapport économique intitulé « Quel est le meilleur pays européen pour obtenir un emploi ? », réalisé en coopération avec Llewellyn Consulting, les pays qui luttent contre un chômage à deux chiffres subissent avant tout une faible croissance économique due en partie à une « réglementation inflexible du marché du travail, qui s'est avérée difficile à reformer ces dernières années ».

"Loi travail : non merci ! " : en l'espace de quelques jours, déjà plus d'un million de signatures récoltées

Il est vrai qu’au Royaume-Uni et en Allemagne, certaines réformes permettent de réduire considérablement le taux de chômage. Ces pays, tout comme l’Italie, ont notamment assouplie les conditions de licenciement, durcie les modalités d’indemnisation des chômeurs et créé de nouveaux contrats de travail plus fluides… Parmi eux, au Royaume-Uni, des jobs aux coûts très faibles et largement détaxés à l’instar du "contrat zéro heure" qui bien que signé, ne garantie même pas aux travailleurs un nombre d’heure minimum par semaine. Autre exemple, en Allemagne, la protection de l’emploi sous forme de CDI, ne vaut que pour les entreprises de plus de 10 salariés. Outre ces réformes, ces pays bénéficient également d’une démographie avantageuse comme en Allemagne où si 800 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché de l’emploi, 850 000 seniors le quittent pour partir à la retraire. Si la France ne peut jouer sur ce dernier terrain, elle tend cependant, via la réforme portée par Myriam El Khomri, à surfer sur la même vague que ses voisins européens pour fluidifier à son tour son marché du travail. Notamment au programme : la volonté d’assouplir le licenciement économique, non seulement en cas de difficultés de ce type, mais aussi si l’entreprise est confrontée à des mutations technologiques ou doit mener une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité.  Ou encore pour rassurer les chefs d’entreprise de TPE-PME: la baisse des indemnités prud’homales, en cas de licenciement … Un dispositif qui à peine dévoilé a entrainé la création d’une pétition, intitulée  "Loi travail : non merci ! ", en l'espace de quelques jours, déjà plus d'un million de signatures récoltées…

Gérald Dudouet

 

 

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