L’opération Phénix : quand les entreprises recrutent des étudiants chercheurs littéraires

par La rédaction

A l’initiative du cabinet d’audit et de conseil PwC France, l’opération Phénix permet à des étudiants en Master 2 de Recherche en lettres, langues, sciences humaines et sociales d’être recrutés dans des entreprises prestigieuses. Un dispositif permettant à ces entités d’élargir le profil de leurs candidats issus généralement d’écoles de commerce.

 

Si suivre un Master de Recherche a pour objectif principal de fournir une formation théorique aux étudiants souhaitant poursuivre leurs études vers un Doctorat, l’opération Phénix propose une autre alternative : intégrer le monde le l’entreprise. Lancée en 2007, Phénix offre en effet l’opportunité aux titulaires d’un Master 2 de Recherche littéraires (lettres modernes, langues…) ou en sciences humaines et sociales (philosophie, sociologie, histoire…) d’être recrutés par l’une des onze entreprises partenaires de ce dispositif.

 

Parmi elles, se trouvent des entités de renoms à l’instar de Danone, PwC, Renault, l’Oréal, HSBC, Eiffage, la Marine Nationale, Axa, Coca-Cola, la Bred ainsi qu’une SSI, Helpline, première entreprise de taille intermédiaire à rejoindre le club. « Il s’agit de convaincre les "élites" françaises que les littéraires ont leur place dans les postes à responsabilité des entreprises. Cette idée paraît banale en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis ; elle surprend en France. Je veux donc changer l’opinion dominante sur ce sujet, en prouvant concrètement que c’est réaliste et que ça marche ; c’est tout le sens de l’opération Phénix  qui a déjà permis l’embauche de 160 "littéraires" dans des entreprises prestigieuses » détaille Bernard Deforge le coordinateur de l’opération. Si à l’origine, Phénix ne concernait qu’une dizaine d’universités  franciliennes, elle est aujourd’hui ouverte à tous les étudiants du territoire français.

 

Pour y participer, ces derniers doivent  postuler en ligne sur le site www.operationphenix.fr, du 10 avril au 12 mai. Ensuite, après validation administrative de leur candidature avec l’université partenaire et examen de leur dossier par les entreprises, les candidas sont convoqués par les directions RH pour un entretien de recrutement. Tous les étudiants retenus sont directement embauchés au niveau cadre en CDI, sous la forme d’un contrat de professionnalisation. Parallèlement, ils suivent une formation en alternance, un Master 2 Professionnel, "Métiers de l’entreprise" assurée par l’université Paris Sorbonne.  

 

La vision théorique des étudiants chercheurs est un atout pour le monde de l’entreprise

Divers types de postes sont proposés par les entreprises partenaires. L’Oréal recherche un responsable commercial, un responsable marketing, un chef de produit et un chargé de recrutement. HSBC recrute deux conseillers Advance et un chef de produit junior. D’autres postes, en audit interne, de consultant  management, de chef de marché, d’ingénieur commercial (…) sont également à pourvoir dans les autres entités partenaires. « Par la biais de l’opération Phénix, j’ai eu la chance d’obtenir un poste d’auditeur interne chez Renault. Cela a été une chance pour moi car même si j’étais tentée de poursuivre dans le monde de la recherche, je ne voulais pas devenir enseignant chercheur.

 

C’est une vie très solitaire ou la dimension relationnelle est peu présente. Phénix est une belle opportunité à saisir, à condition que cela réponde à un projet professionnel et personnel déjà abouti. Il faut vraiment avoir choisi d’intégrer le monde de l’entreprise, et avoir fait son chemin en amont. Car le monde professionnel est concret, loin de l’idéalisme que peut véhiculer le monde universitaire. Il faut le savoir et l’accepter », témoigne une ancienne étudiante en Master 2 Histoire culturelle des savoirs et des mentalités. Du côté des entreprises, ce dispositif ouvre la voie à de nouveaux profils, dont la vision théorique peut s’avérer être un véritable atout dans un marché de plus en plus concurrentiel. Une force de frappe complémentaire aux diplômés d’écoles de commerce.

 

Gérald DUDOUET

 

 

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