Lexique iconoclaste de la formation : Réseau social

par La rédaction

Les réseaux sociaux sont une réalité dans le monde professionnel que ce soit Linkedin, créé en 2002, Viadeo, créé en 2004, la même année que Facebook, ou Twitter en 2006. Incontestablement, les réseaux sociaux vont changer la donne dans la coordination des individus. Il y a matière à révolution. Mais qu'est-ce que cela recouvre concrètement ? Comment comprendre cette situation ?

 
Le terme de réseau social est assez clair, il s'agit d'un lien qui fait société. Autrement dit, un cercle de connaissances, des personnes que l’on connait et avec qui on partage des règles de conduite. La nouveauté tient au fait que l'importance n'est pas tant dans l'individu mais dans ses interactions. L’idée n’est pas nouvelle, elle s’est faite jour dès les années 60. Le premier à avoir modélisé ce phénomène est Stanley Milgram avec sa théorie des petits mondes, en 1967, expliquant que seulement six degrés de séparation reliaient n'importent quels individus. Le lien prend une place nouvelle.
 
On a longtemps pensé que plus les liens étaient nombreux plus l'importance de la personne étaient forte, « dis-moi combien tu as d'amis Facebook et je te dirai qui tu es ». Cette idée a été défendue par Marc Granovetter dès 1973 dans son livre, la force des liens faibles. Les amis éloignés sont plus efficaces pour aider à trouver un emploi que les amis proches, ils ont une capacité de veille plus large et recommande plus facilement quelqu'un qui ne leur est pas trop proche afin de ne pas avoir à porter la responsabilité d’un de ses amis du premier cercle. L’amitié Facebook est une amitié bien plus efficace… Sinan Aral et Marshall Van Alstyne (https://socialcapital.wordpress.com/tag/buddy-system/) viennent compléter l’analyse de Marc Granovetter, dans le sens où elle a donné une importance forte au nombre de lien mais pas à leur fréquence : un ami éloigné à plus de chance de me surprendre en une fois, mais un amis proche, pourra me surprendre car nous nous voyons plus souvent. La fréquence peut suppléer l’éloignement, donc, avoir des liens forts dans son réseau peut être aussi un atout… ouf ! L’amitié est polymorphique.
 
Mais cela peut être vu sous un autre angle, l'amitié Facebook ouvre des perspectives nouvelles. Traditionnellement, l’amitié peut être considérer comme une relation aliénante, elle repose sur des structures fortes comme la famille l'église et il est difficile de s’en séparer, la rupture est quasiment existentielle. Alors qu’avec les amis Facebook, le lien, la rupture fait partie de la logique même des liens faibles, une cristallisation éphémère. Chacun choisit les amis qu’il veut quand il veut et pour le temps qu’il veut. Dans un monde de l’impermanence, cela semble une réponse adaptée à son environnement. Et cela pose de nouvelles questions, si je construits ma tribu, peut-on parler d’identité collective ? Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es.
 
Ce qui compte avec les réseaux sociaux ce n'est plus tant le contenu de ce qu'on échange que le fait d'échanger, le lien prime le contenu. On parle d'ailleurs d'Internet des hommes remplaçant l'Internet des idées. Un monde nouveau est en train de naître avec les réseaux, voilà un enjeu de taille pour l’entreprise, savoir construire une entreprise réseau, une entreprise des hommes plus qu’une entreprise des idées…
 
 
Stéphane DIEBLOD
 

 

 

 

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