L’expérience collaborateur, quelle réalité en 2023 ?

par margaux fusilier
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Dans un contexte où les entreprises peinent à recruter et retenir leurs salariés, « l’expérience collaborateur » est devenue un enjeu de taille pour celles qui souhaitent rester concurrentielles. Après la crise de Covid19 qui a profondément modifié le rapport au travail des salariés, elle semble en effet être un élément incontournable des stratégies RH. Qu’en est-il exactement ? Nous faisons le point.

 

L’expérience collaborateur, un enjeu de taille pour les entreprises

Mais qu’est-ce que l’expérience collaborateur ? Le concept est né aux Etats-Unis dans le milieu des années 2010 et s’impose depuis peu en France. Il fait référence à l’expérience de travail vécue par un salarié tout au long de sa carrière dans l’entreprise.

Les responsables RH déploient ainsi divers dispositifs afin de favoriser le bien-être et l’épanouissement de leurs employés, et de leur offrir une expérience optimale. L’expérience collaborateur est devenue une condition sine qua non de l’attraction et de la rétention de talents. Pour rester compétitives, les entreprises doivent alors la placer au cœur de leur stratégie. 

 

Des problèmes de recrutement qui persistent

Malgré un contexte économique tendu, la demande en compétence reste très forte. Pourtant, dans une étude IFOP et CleverConnect, menée en mai dernier, 82 % des recruteurs reconnaissent rencontrer au quotidien des difficultés à engager de nouveaux collaborateurs. Et la situation peine à s’améliorer compte tenu de la nouvelle réalité qui touche directement les salariés.

 

« Plus rien ne sera jamais comme avant »

Le titre de la note IFOP, publiée en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès en juillet dernier, donne le ton : la vie au travail a changé, marquant ainsi un tournant majeur et décisif dans le quotidien des entreprises. Les transformations professionnelles que celles-ci induisaient auparavant (innovations technologiques, nouvelle organisation du travail…) dépendent désormais des « aspirations des actifs eux-mêmes, aspirations aiguisées par la crise sanitaire ».

Les dirigeants, « en grande partie convaincus […] que des salariés épanouis seront non seulement plus productifs, mais aussi davantage fidèles à leur employeur » doivent donc aujourd’hui s’adapter aux nouvelles attentes de leurs collaborateurs.

 

Bien-être et épanouissement au travail, les nouvelles attentes des salariés

En deux ans, les exigences des salariés ont en effet pris un nouveau tournant. L’employé « post-Covid » a davantage besoin d’être associé à la vision et aux valeurs de l’entreprise, d’être pleinement impliqué dans les projets, de trouver un sens à son activité ou encore de mieux équilibrer sa vie professionnelle et sa vie personnelle.

Les phénomènes de « grande démission » ou de « démission silencieuse » sont d’ailleurs révélateurs de ces changements. Si elles souhaitent fidéliser leurs employés, les entreprises doivent donc se mettre au diapason et renforcer l’expérience collaborateur.

 

La génération Z – Nouvelles générations, nouvelles aspirations

L’arrivée de la génération Z sur le marché de l’emploi ne fait qu’amplifier cette tendance. Cette nouvelle génération, qui représentera 27 % de la force de travail d’ici 2025 dans les pays de l’OCDE, est en effet plus exigeante encore en matière de flexibilité au travail, notamment. C’est le constat qui a été fait lors du dernier forum de Davos en mai dernier. 73 % de ces jeunes collaborateurs aspireraient donc au télétravail et au travail hybride, à des horaires flexibles ou une plus grande liberté dans l’organisation de leur travail.

 

Une place du travail en perte de vitesse dans le quotidien des salariés

Un autre changement a été constaté : celui du rapport au travail des salariés. Toujours dans sa note, l’IFOP constate que quand, il y a 30 ans encore, 60 % des actifs donnaient une place centrale au travail en estimant celui-ci « très important » dans leur vie, aujourd’hui, il ne reste « très important » que pour 24 % d’entre eux. Une nouvelle vision de l’emploi qui risque de mettre plus à mal encore la situation actuelle des entreprises.

 

Que retenir de tout cela ?

Entre les difficultés de recrutement, la nécessité d’attirer et retenir les talents et les nouvelles aspirations des salariés, les dirigeants « doivent déployer des trésors de créativité pour rendre leur marque employeur attractive ». L’année 2023 s’annonce donc décisive : si elles veulent remédier au manque de candidats, les entreprises doivent placer l’expérience collaborateur au cœur de la stratégie RH.

 

Gaëlle Péronnet