Alors que le Paris Saint-Germain vient d’offrir au football français une victoire historique en remportant enfin la Ligue des champions, tous les regards se tournent désormais vers la Coupe du monde 2026. Les supporters français rêvent déjà d’un troisième sacre mondial pour les Bleus après les épopées de 1998 et 2018.
Mais au-delà de l’enjeu sportif, cette compétition mondiale pose une question intéressante aux entreprises : vont-elles considérer le football comme une source de perturbation ou comme une opportunité de renforcer l’engagement de leurs collaborateurs ?
Une récente étude publiée par UKG alerte sur les risques potentiels pour la productivité. Pourtant, l’analyse du calendrier et des attentes des salariés invite à une lecture plus nuancée de la situation.
Une menace pour la productivité à relativiser
Selon l’étude menée auprès de 8 000 salariés dans huit pays, la Coupe du monde pourrait entraîner plus de 14 milliards d’euros de pertes de productivité à l’échelle mondiale, dont 645 millions d’euros en France.
Les chiffres sont impressionnants. L’enquête révèle notamment que :
- 37 % des salariés envisagent d’adapter leurs horaires pendant la compétition ;
- 26 % pourraient arriver en retard, partir plus tôt ou s’absenter ;
- 28 % des salariés français reconnaissent qu’ils pourraient tester les limites fixées par leur manager ;
- 28 % anticipent travailler en étant fatigués ou épuisés.
À première vue, le tableau semble préoccupant pour les employeurs.
Un calendrier favorable aux entreprises françaises
Cependant, la Coupe du monde 2026 se déroulera en Amérique du Nord, ce qui change considérablement la donne.
Contrairement à certaines éditions précédentes, les matchs les plus attendus seront majoritairement diffusés en soirée pour le public français. Les rencontres de l’équipe de France lors de la phase de groupes sont ainsi programmées à 21 heures ou 23 heures.
Autrement dit, les salariés ne seront pas massivement tentés de suivre les matchs pendant leurs horaires habituels de travail.
Les conséquences les plus probables concerneront davantage la fatigue du lendemain pour certains supporters que des absences généralisées ou des interruptions d’activité pendant la journée.
Pour la plupart des entreprises françaises, le risque d’une désorganisation majeure apparaît donc relativement limité.
Et si les entreprises choisissaient d’accompagner l’événement ?
La véritable question n’est peut-être pas celle de la productivité.
La Coupe du monde reste l’un des rares événements capables de rassembler des millions de personnes autour d’une émotion commune. Dans des organisations parfois confrontées à une baisse de l’engagement, à des difficultés de fidélisation ou à un climat social tendu, ce type de rendez-vous collectif peut devenir un formidable levier de cohésion.
Les entreprises ont tout intérêt à se demander comment accompagner cet enthousiasme plutôt que de chercher à le contenir.
Autoriser ponctuellement davantage de flexibilité, organiser des moments de convivialité, aménager certains horaires lors des matchs majeurs ou simplement reconnaître l’importance de l’événement pour les salariés peuvent constituer des signaux forts.
L’engagement passe aussi par les émotions collectives
L’étude UKG révèle un chiffre particulièrement révélateur : 20 % des salariés français envisageraient de rechercher un nouvel emploi si leur organisation du travail ou leur manager nuisaient à leur expérience de la Coupe du monde.
Ce résultat dépasse largement le cadre du football.
Il traduit l’évolution des attentes des collaborateurs qui recherchent davantage de confiance, de flexibilité et de considération de la part de leur employeur.
Les entreprises les plus performantes sont souvent celles qui comprennent que l’engagement ne se décrète pas. Il se construit aussi à travers des moments de partage, de reconnaissance et de plaisir collectif.
Une occasion de marquer des points en matière de culture d’entreprise
La Coupe du monde 2026 ne sera probablement pas le séisme organisationnel annoncé par certains observateurs.
En revanche, elle pourrait devenir un révélateur de la culture managériale des entreprises françaises.
Celles qui sauront trouver le juste équilibre entre exigences opérationnelles et convivialité pourraient transformer cet événement sportif en véritable levier d’engagement.
Après tout, si la France rêve d’une troisième étoile, pourquoi les entreprises ne profiteraient-elles pas elles aussi de cette fête mondiale pour marquer quelques points auprès de leurs collaborateurs ?

