Après une édition 2025 marquée par la stabilité du mal-être psychologique, le baromètre Qualisocial 2026 apporte un premier signe d’amélioration. Selon cette 3ᵉ édition réalisée avec Ipsos-BVA, 22 % des travailleurs se déclarent en mauvaise santé mentale, contre 25 % en 2025 et 26 % en 2024.
Avec un recul de trois points en un an, ce sont environ 810 000 travailleurs concernés en moins. Pour autant, près de six millions de personnes restent exposées à une santé mentale dégradée dans leur vie professionnelle.
Le baromètre Santé mentale & QVCT Qualisocial 2026 invite donc à lire la situation avec nuance. La santé mentale progresse, mais les écarts persistent selon les secteurs, les profils et le niveau de prévention mis en place par les organisations. Dès lors, la question évolue : comment les entreprises peuvent-elles transformer cette amélioration en dynamique durable ?
22 % des travailleurs en mauvaise santé mentale
En 2025, le précédent baromètre Qualisocial montrait une forme d’ancrage du mal-être au travail. Un salarié sur quatre se déclarait alors en mauvaise santé mentale. L’édition 2026 affiche désormais une baisse à 22 %.
Ce recul constitue un signal positif pour les entreprises. Il intervient après une année où la santé mentale a occupé une place centrale dans le débat public, avec sa désignation comme Grande Cause nationale (désignation reconduite en 2026, ndlr.).
Dans ce contexte, le sujet circule davantage dans les organisations. Les salariés en parlent plus, les managers y sont plus exposés et les directions RH disposent de plus de repères.
Pour autant, le niveau observé reste supérieur aux seuils d’avant crise sanitaire, que le baromètre situe entre 16 % et 18 %. De fait, si la situation s’améliore, il reste du chemin à faire au regard des standards pré-Covid.
Une amélioration inégale selon les secteurs d’activités

Source : Baromètre Santé mentale & QVCT 2026, Qualisocial & Ipsos-BVA
Derrière la moyenne nationale, les réalités restent contrastées. Certains secteurs affichent des niveaux de bonne santé mentale plus élevés, comme le BTP, les services aux entreprises ou la banque-assurance-immobilier. À l’inverse, l’hébergement médico-social et l’action sociale demeurent sous tension.
Ce point rappelle que la santé mentale ne se lit jamais hors contexte. Elle dépend des métiers, des contraintes terrain, de la relation au public, des horaires ou encore des marges de manœuvre dont disposent les équipes.
Ces écarts invitent les entreprises à dépasser les approches uniformes. Les situations varient fortement d’un environnement de travail à l’autre, ce qui suppose des réponses adaptées et ancrées dans les réalités opérationnelles.
Prévention : les organisations structurées prennent de l’avance
L’un des enseignements clés de cette édition concerne les dispositifs de prévention et de QVCT. Le baromètre distingue les organisations sans action, celles qui proposent une prévention minimale et celles qui déploient un plan complet.
Les résultats montrent un écart net. Dans les organisations dotées d’un plan complet, la part de travailleurs en très bonne santé mentale atteint 19 %, contre 10 % dans celles sans action.
Cette donnée confirme l’intérêt d’une approche structurée. Les entreprises avancent davantage lorsqu’elles combinent plusieurs leviers et inscrivent leurs actions dans la durée. À l’inverse, les initiatives isolées produisent un effet plus limité.
La santé mentale entre ainsi dans une nouvelle étape. Après la prise de conscience, les entreprises doivent désormais consolider leurs démarches (à l’occasion de la semaine QVCT, par exemple) pour inscrire cette amélioration dans le temps.


