samedi, 24 octobre 2026
  • KIT MÉDIA
  • Contact
myRHline
barometre decision talent
  • Actualités RH
  • Livres Blancs
  • Études RH
  • Agenda RH
  • Annuaire
  • Replay Webinar
  • Podcast RH
  • Newsletter RH
Marie sophie lit le livre faut il encore decider la décision humain face a l'ia
ArticlesDigitalisation RH, SIRH
0FacebookTwitterPinterestLinkedinEmail

Faut-il encore laisser l’humain décider ? Ce que l’IA change à nos décisions RH

par Marie-Sophie Zambeaux 24 octobre, 2026
24 octobre, 2026 2 vues
0FacebookTwitterPinterestLinkedinEmail

Faut-il encore décider ? La question paraît presque absurde. Elle devrait pourtant occuper toutes les organisations qui commencent à confier à l’intelligence artificielle une partie de leurs choix.

Un médecin qui établit un diagnostic, un juge qui évalue un risque de récidive, un banquier qui accorde un crédit, un recruteur qui sélectionne un candidat ou une entreprise qui identifie ses futurs talents : dans tous ces domaines, les algorithmes peuvent déjà formuler des prévisions et quelquefois se montrer plus fiables que les experts. Que reste-t-il alors à l’humain ? Doit-il conserver le dernier mot, même lorsque la machine décide mieux que lui ?

C’est à cette question vertigineuse qu’Éric Hazan et Olivier Sibony consacrent leur nouvel ouvrage, Faut-il encore décider ? La décision humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, paru en février 2026 chez Flammarion et récompensé quelques mois plus tard par le prix Émile Girardeau de l’Académie des sciences morales et politiques.

Les deux auteurs connaissent intimement les mécanismes de la décision dans les organisations. Ancien senior partner de McKinsey, Éric Hazan dirige aujourd’hui un fonds d’investissement et enseigne la stratégie numérique et l’intelligence artificielle à HEC Paris et à Sciences Po. Olivier Sibony, lui aussi ancien senior partner de McKinsey, est professeur de stratégie à HEC Paris et enseigne également à Oxford. Spécialiste des biais cognitifs et de la qualité des décisions, il a notamment cosigné avec Daniel Kahneman et Cass Sunstein l’ouvrage Noise.

Leur livre ne cherche pas à dresser une nouvelle liste des prouesses ou des dangers de l’intelligence artificielle. Il nous place face à une question plus inconfortable : que devient la décision humaine lorsque la machine se révèle capable de décider mieux que nous ?

Cette réflexion touche directement les professionnels des ressources humaines. Recruter un candidat, identifier un potentiel, recommander une mobilité, accorder une promotion, évaluer une performance ou détecter un risque de départ : dans tous ces domaines, l’intelligence artificielle peut désormais analyser des données et formuler des recommandations.

Une réponse semble alors s’imposer : l’intelligence artificielle peut assister les professionnels, mais la décision finale doit rester humaine. Cette position a tout du compromis raisonnable. Éric Hazan et Olivier Sibony nous invitent pourtant à l’examiner de plus près. Garder un humain dans la boucle ne garantit ni une décision plus juste ni une décision plus fiable. Encore faut-il savoir ce qu’il apporte effectivement à la décision.

 

L’humain mérite-t-il vraiment le dernier mot ?

Dans les débats sur l’intelligence artificielle, la supériorité de la décision humaine est souvent posée comme une évidence. La machine calcule, tandis que l’humain comprendrait ; elle appliquerait froidement des règles, tandis qu’il serait capable de discernement, de nuance et d’empathie. Cette représentation rassure. Elle résiste pourtant assez mal à ce que nous savons de nos propres décisions.

Les travaux consacrés au jugement montrent depuis longtemps que les professionnels les plus expérimentés restent soumis aux biais cognitifs, aux intuitions trompeuses et au bruit. Deux personnes placées devant les mêmes informations peuvent parvenir à des conclusions différentes. Une même personne peut également porter un autre jugement selon le moment ou la manière dont la situation lui est présentée. La confiance avec laquelle un avis est formulé ne dit pas grand-chose de sa qualité.

Les ressources humaines offrent de nombreuses illustrations de cette variabilité. Un recruteur peut surévaluer la première impression produite par un candidat. Un manager peut apprécier plus favorablement le collaborateur qui lui ressemble ou dont le travail est le plus visible. Un comité de carrière peut accorder une importance excessive au dernier événement survenu ou à l’assurance avec laquelle une personne défend son parcours.

Reconnaître ces limites ne revient pas à nier l’expertise des professionnels. Cela oblige à ne plus considérer la décision humaine comme l’étalon idéal auquel toute technologie devrait être comparée. Constater qu’une intelligence artificielle commet des erreurs ne suffit pas : il faut déterminer si elle se trompe davantage, moins souvent ou différemment que les humains.

 

Pourquoi pardonnons-nous davantage les erreurs humaines ?

Les auteurs mettent en évidence un phénomène qu’ils désignent comme le « pardon asymétrique des erreurs ». Lorsqu’un professionnel se trompe, son erreur peut être expliquée par le contexte, le manque d’information ou la difficulté de la situation. Lorsqu’un algorithme se trompe, son erreur tend à remettre en cause l’ensemble du système.

Une embauche décevante décidée par un manager pourra être considérée comme un aléa inhérent au recrutement. Une mobilité recommandée à tort par une intelligence artificielle suscitera plus facilement une remise en cause globale de l’outil. Nous exigeons ainsi de la machine une perfection que nous n’avons jamais demandée aux professionnels.

Cette méfiance ne manque pas de fondement. Une erreur algorithmique peut être reproduite à grande échelle. Un système entraîné sur des décisions passées peut également perpétuer les inégalités qu’elles contenaient et leur donner l’apparence de l’objectivité.

Mais les décisions humaines peuvent, elles aussi, installer durablement des traitements inéquitables, souvent plus difficiles à repérer parce qu’ils ne sont ni formalisés ni mesurés. Combien de candidatures ont été écartées au nom d’un manque de « fit » ? Combien de potentiels ont été ignorés faute de visibilité ? Combien de promotions ont reposé sur des critères jamais clairement définis ?

Les décisions humaines et algorithmiques doivent donc être évaluées selon les mêmes exigences : qualité des résultats, cohérence, équité, possibilité de contrôle et capacité à corriger les erreurs.

 

L’équipe humain-machine est-elle toujours plus performante ?

Une idée séduisante voudrait que la meilleure décision résulte nécessairement de l’association entre l’humain et la machine. L’intelligence artificielle analyserait les données, tandis que le professionnel mobiliserait son expérience et son discernement.

Les recherches présentées dans l’ouvrage conduisent à nuancer cette représentation. Lorsque l’intelligence artificielle est déjà plus performante sur une tâche précisément définie, permettre à l’humain de modifier librement ses recommandations peut dégrader le résultat. L’utilisateur risque d’écarter les préconisations qui contredisent son intuition et de conserver celles qui la confirment.

Le dernier mot humain ne constitue donc pas une protection par nature. Il peut réintroduire dans le processus les biais que l’outil devait précisément réduire.

L’intervention humaine reste utile lorsque le professionnel dispose d’une information déterminante que le système ne connaît pas : une erreur dans les données, un changement récent dans l’équipe, une transformation du poste ou une situation individuelle particulière. Elle gagne cependant à être expliquée et tracée. Pourquoi le professionnel s’est-il écarté de la recommandation ? Sur quelles informations s’est-il appuyé ? Son intervention a-t-elle amélioré la décision ?

Ce suivi permettrait de dépasser les impressions pour observer la contribution respective de l’humain et de la machine.

 

Mieux décider ne signifie pas tout déléguer

Les auteurs distinguent la qualité du résultat obtenu de l’acte même de décider. Une intelligence artificielle peut être plus précise sur une tâche donnée sans qu’il soit souhaitable de lui abandonner toute décision.

Cette distinction est essentielle en ressources humaines. Décider ne consiste pas seulement à prévoir une performance, un potentiel ou un risque de départ. Il faut aussi déterminer les qualités que l’organisation souhaite valoriser, les comportements qu’elle juge acceptables et les risques d’exclusion qu’elle refuse de prendre.

Une intelligence artificielle peut estimer la probabilité qu’un salarié quitte l’entreprise. Elle ne peut pas décider des concessions que celle-ci est prête à faire pour le retenir. Elle peut repérer les caractéristiques communes aux personnes déjà promues. Elle ne peut pas déterminer si ces caractéristiques correspondent à des compétences utiles ou à la reproduction d’un modèle historiquement privilégié.

Ces arbitrages engagent une politique, des valeurs et une responsabilité. Les auteurs proposent ainsi d’élaborer une charte des décisions non délégables. Dans le champ des RH, elle pourrait préciser le rôle des outils pour chaque usage, les situations exigeant une intervention humaine, les voies de contestation et la personne responsable de la décision finale.

 

Décider aussi de ce que nous refusons de déléguer

Faut-il encore décider ? ne propose ni de sanctuariser le jugement humain ni de remettre aux machines la gestion des personnes. Il invite à organiser la répartition des rôles sur des éléments observables plutôt que sur une confiance de principe.

Les outils doivent être testés, contrôlés et régulièrement évalués. Les professionnels doivent suffisamment comprendre leurs limites pour exercer une supervision effective. Les personnes concernées doivent savoir lorsqu’une intelligence artificielle intervient et pouvoir obtenir une explication ou contester une décision qui les affecte.

La responsabilité ne peut pas disparaître derrière l’algorithme. Une entreprise ne saurait justifier une décision en affirmant que « l’outil l’a recommandé ». C’est elle qui choisit le système, les données utilisées, les objectifs poursuivis et le niveau d’autonomie accordé à la technologie.

La lecture de cet ouvrage conduit finalement à dépasser la formule rassurante selon laquelle l’humain conservera toujours le dernier mot. Encore faut-il préciser dans quelles situations son intervention améliore la décision, dans lesquelles elle ne fait que nous rassurer et dans lesquelles elle demeure indispensable parce que décider signifie aussi répondre de ses choix.

La qualité des décisions RH dépendra moins de la présence symbolique d’un humain dans la boucle que de la rigueur avec laquelle l’organisation aura décidé ce qu’elle confie à la machine et ce qu’elle refuse de lui abandonner.

Newsletter RH

Abonnez-vous à notre newsletter pour rester au courant des actualités RH et des tendances et recevoir nos livres blancs, guides et plus !
loader

Par Marie-Sophie Zambeaux, Fondatrice ReThink RH

Marie-Sophie Zambeaux, Fondatrice ReThink RH

A propos

Marie-Sophie Zambeaux est fondatrice de ReThink RH et experte en recrutement, biais cognitifs et prise de décision RH. Forte de plus de 20 ans d’expérience, elle accompagne les organisations dans la structuration de pratiques de recrutement plus justes et plus efficaces. Elle est l’auteure de Recrutement sous influence et co-auteure de L’intelligence artificielle au service des RH.

Lire la suite

Rechercher dans les articles RH

Newsletter RH

loader

barometre decision talent

Agenda RH

  • Voir tout
  • 03novembreSourcing et IA : du résultat ou du blabla ?
  • 04novembreTalent Experience Masterclass 2026
  • 05novembreFormation managériale 2027 : comment défendre votre budget face à la direction ?
  • 17novembreBaromètre de l'engagement 2026 : ce qui fait vraiment la différence
  • 19novembreAbsentéisme, démissions : et si on pouvait les anticiper ?

Collective

Études RH

Voir tout
  • Participez au Baromètre 2027 des décisions Talent

    22 octobre, 2026
  • Cartographie Assessment 2026 : comprendre et comparer les solutions

    13 octobre, 2026
  • Observatoire des Fragilités du Travail 2026

    19 juin, 2026

Participer aux études en cours

  • Participez au Baromètre 2027 des décisions Talent

    22 octobre, 2026

Replay Webinar RH

Voir tout
  • Comment sécuriser son processus de recrutement ?

    20 septembre, 2026
  • IA RH : comment transformer les données en décisions...

    19 septembre, 2026
  • Comment relier compétences, objectifs et performance ?

    18 septembre, 2026
  • Fragilités du travail : santé mentale, management, charge de...

    24 juillet, 2026
  • Changement climatique et santé au travail : protéger les...

    8 juillet, 2026
  • L’IA en recrutement : efficacité oui, sourcing sauvage non...

    26 juin, 2026

Actualités RH

Voir tout
  • Faut-il encore laisser l’humain décider ? Ce que l’IA change à nos décisions RH

  • Comment choisir une solution d’assessment RH en 2026 ?

  • Le guide l’onboarding parfait !

  • Engagement collaborateur : activer les compétences pour préparer l’avenir

  • Réussir une transformation d’entreprise : les 4 convictions de Frédéric Thoral

Livre RH
0 FacebookTwitterPinterestLinkedinEmail

Articles RH relatifs

31 juillet, 2026

Putain de facteur humain : et si nos...

6 octobre, 2026

Il y a du bullshit dans mes décisions

Laisser un commentaire

Enregistrez mon nom, mon e-mail et site web dans ce navigateur pour la prochaine fois que je laisse un commentaire.


La période de vérification reCAPTCHA a expiré. Veuillez recharger la page.

samedi, 24 octobre 2026
  • Partenaires RH
  • Devenir auteur RH
  • Contact
  • Mentions Légales
  • Politique de Protection des Données Personnelles
  • Politique de cookies (UE)
  • Kit média
Footer Logo
  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram
  • Linkedin
  • Youtube
© DESIGN RH 2025 – Tous droits réservésLe média des Ressources Humaines. Toute l’actualité pour les DRH : recrutement, processus RH, QVT, GPEC, marque employeur, RSE, social, droit du travail, formation, elearning, développement des compétences
  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram
  • Linkedin
  • Youtube
myRHline
  • Actualités RH
  • Livres Blancs
  • Études RH
  • Agenda RH
  • Annuaire
  • Replay Webinar
  • Podcast RH
  • Newsletter RH
  • KIT MÉDIA
  • Contact
myRHline
  • Actualités RH
  • Livres Blancs
  • Études RH
  • Agenda RH
  • Annuaire
  • Replay Webinar
  • Podcast RH
  • Newsletter RH
  • KIT MÉDIA
  • Contact