Quel impact de l’intelligence artificielle sur les besoins des entreprises en soft skills ? Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce dernier est positif puisque les besoins augmentent. C’est ce qu’indique le 6e baromètre des soft skills publié par Lefebvre Dalloz Compétences.
Pourquoi l’IA est-elle devenue le premier moteur de formation aux soft skills ? Comment expliquer le bond de 33 points dans l’évaluation de ces compétences ? Et pourquoi les entreprises continuent-elles d’investir malgré des budgets sous contrainte ? Décryptage.
L’IA : premier déclencheur de la formation aux soft skills
Premier résultat à retenir de cette nouvelle édition du baromètre repose sur un paradoxe. Alors que l’IA serait à l’origine de la destruction des milliers, si ce n’est plus, d’emplois à travers le monde, en parallèle l’essor de l’IA est le premier motif invoqué par les décideurs pour développer les soft skills. Il devance les incertitudes économiques, les enjeux environnementaux et la compétitivité.
En d’autres termes, l’IA accélère le besoin de compétences humaines car l’usage de cette dernière exige de l’adaptabilité du recul critique. Des compétences 100 % humaines.
Le baromètre relève aussi une évolution dans le type de soft skills mobilisées face à l’IA. En 2025, l’adaptabilité et la gestion du stress dominaient le classement. En 2026, la communication (57 %), l’écoute (42 %) et la créativité (37 %) semblent prendre le dessus.
Après le flou artistique des premières années IA, il semble donc que le monde du travail entre dans une nouvelle phase : celle où l’on ne forme plus pour gérer l’inquiétude face à l’IA, mais plutôt pour tirer davantage parti des outils.
Progression fulgurante de l’évaluation des soft skills
Autre sujet mis en évidence par le baromètre : la progression de l’évaluation des soft skills. En 2025, 19 % des entreprises disposaient de méthodes d’évaluation des soft skills ou s’apprêtaient à s’en doter. En 2026, ce chiffre atteint 52 %. Et parmi celles qui s’équipent, 90 % le font dans une logique de suivi continu.
L’analyse des soft skills sort donc du cadre du recrutement. Elle s’intègre aux moments clés du parcours collaborateur : mobilité interne, réorganisation, arrivée de nouveaux outils, etc. Ainsi, les soft skills se mesurent, se suivent et se développent désormais dans la durée, au même titre que les compétences techniques.
Des investissements en hausse malgré la réduction des budgets
Enfin, la conjoncture tendue n’a pas freiné l’effort de formation : 55 % des entreprises ont déployé au moins une formation aux soft skills (+11 points). Et 65 % envisagent de le faire dans les douze prochains mois (+14 points).
L’écart entre les intentions et les actes se réduit aussi. En 2023, 22 points séparaient les entreprises qui affichaient une politique de soft skills et celles qui formaient. Cet écart tombe à 6 points en 2026. Preuve s’il en fallait une que ces compétences sont perçues comme un levier de résilience face aux mutations en cours.
Source(s) documentaire(s) :
- 6ème baromètre Soft skolls et IA, meilleures alliées de la transformation résiliente, Lefebvre Dalloz 2026

