Dans un contexte de pénurie de compétences, l’intégration et le maintien en emploi des 45 ans et plus sont un enjeu stratégique pour les organisations. Si, de manière générale, les entreprises cherchent à préserver les savoir-faire tout en pilotant leurs coûts, à partir de 45 ans, l’âge semble agir comme un marqueur d’influence sur les trajectoires et les décisions de recrutement.
Près de 9 entreprises sur 10 se disent prêtes à faire davantage de place aux seniors. Et pourtant plus d’un recruteur sur deux y voit plus de contraintes que d’opportunités.
Quatre mois après l’adoption du CDI senior, les résultats d’un sondage OpinionWay pour Indeed mettent en lumière un décalage net entre reconnaissance de l’expérience et réticences persistantes sur le coût, l’adaptabilité et la gestion des carrières longues.
95 % des recruteurs reconnaissent le capital expérience des seniors, mais…
Les résultats de l’étude réalisée par Indeed montrent que les recruteurs reconnaissent la valeur des collaborateurs expérimentés. Ils sont d’ailleurs plus de 9 sur 10 à considérer l’expérience comme un atout au profit de la performance entreprise. Une proportion équivalente reconnaît également que les salariés seniors jouent un rôle essentiel dans la transmission des compétences et la pérennité des savoir-faire.
Cependant, si la valeur du capital expérience fait consensus, la réalité terrain est bien différente.
En effet, plus de 3 recruteurs sur 4 expriment au moins une crainte lorsqu’il s’agit d’embaucher ou de maintenir ces salariés. Dans le top 3 des risques évoqués :
- la hausse des coûts (près de 8 recruteurs sur 10 estiment ces profils trop chers pour l’entreprise) ;
- les difficultés à repositionner ces salariés ;
- un (prétendu) manque de flexibilité face aux évolutions rapides des métiers.
Dès lors, l’enjeu aujourd’hui ne porte pas tellement sur la reconnaissance des compétences. Il concerne plutôt l’alignement des modèles organisationnels avec l’allongement des carrières.
45 ans et plus : entre sentiment de blocage et solutions identifiées
À l’échelle des actifs, l’étude fait apparaître une perception de fragilité sur les trajectoires. Seuls 20 % déclarent avancer sans difficulté particulière dans leur parcours. La rémunération constituant le premier frein cité, avec 39 % des répondants qui l’identifient comme un obstacle, en particulier chez les moins de 35 ans.
Pour les 45 ans et plus, l’âge constitue un frein cité par 47 % d’entre eux, dont 40 % en raison de leur âge en lui-même. L’âge devient ainsi le premier obstacle perçu par cette population, devant la rémunération. Une perception qui fait écho aux interrogations exprimées par les recruteurs sur la gestion des carrières longues. Le sujet dépasse la seule question du recrutement et interroge la capacité des organisations à proposer des trajectoires évolutives, des mobilités internes et des parcours de reconversion à mi-carrière.
Néanmoins, les leviers d’action sont identifiés de part et d’autre.
Côté entreprises, 96 % des recruteurs pointent au moins une solution pour favoriser l’emploi des 45 ans et plus : aides financières ciblées, aménagements des conditions de travail en fin de carrière, outils dédiés pour sourcer et recruter des profils expérimentés, actions de lutte contre les stéréotypes.
Côté salariés, 84 % citent des dispositifs susceptibles de sécuriser leur parcours. Passerelles internes facilitées, programmes de formation adaptés, immersions pour préparer une reconversion, aménagement du travail, accompagnement vers de nouveaux métiers.
Au cœur du pilotage des âges et de la gestion prévisionnelle des emplois et des parcours professionnels (GEPP), le sujet engage aussi :
- le dialogue social ;
- la formation ;
- la mobilité interne ;
- la marque employeur ;
- la planification des effectifs, etc.
L’allongement des carrières place ainsi les directions RH face à des décisions structurantes : transformer l’expérience des 45 ans et plus en levier de performance, organiser la transmission des savoir-faire et inscrire les carrières longues dans un modèle durable et compétitif.
Source(s) documentaire(s) :
- Les 45 ans et plus n’ont pas dit leur dernier mot, sondage OpinionWay pour Indeed (février 2026)

