L’aide financière pour l’alternance est prolongée jusqu’au 31 décembre 2021. Faut-il en profiter ou non ?

par La rédaction

L’été dernier, en constatant les chiffres accablants liés à la crise économique du Covid-19, le gouvernement a instauré une aide financière pour les contrats  d’alternance de professionnalisation ou d’apprentissage. Une mesure visant à limiter la baisse des recrutements dans ce domaine.

Initialement, cette aide devait prendre fin le 31 mars 2021, mais elle a finalement été prolongée jusqu’au 31 décembre 2021. Une initiative qui ravira les jeunes étudiants, mais également les employeurs. Du moins, c’est ce que le Ministère du travail espère. Alors faut-il se laisser tenter pour devenir une entreprise d’accueil ou faire grandir ses rangs ? 

Voici quelques éléments de réponse. 

 

Les détails de l’aide financière pour l’alternance en 2021

Avant d’aller plus loin et de discuter des avantages évidents et des inconvénients que peut représenter l’intégration d’un ou plusieurs alternants dans votre entreprise, voyons exactement de quoi il retourne. 

 

Le montant de l’aide financière pour l’alternance en 2021

L’aide financière est d’un montant de 5000 € maximum pour un apprenti mineur et de 8000 € maximum pour un apprenti majeur. Cela vaut uniquement pour la première année du contrat d’apprentissage. Ce contrat de travail doit obligatoirement avoir été signé au plus tard le 31 décembre. Le versement de l’aide se fait mensuellement. Côté paperasse, l’employeur doit  envoyer chaque mois le bulletin de paie de l’alternant à l’ASP (agence de service et de paiement). 

 

Les conditions d’éligibilité de cette aide exceptionnelle

Pour pouvoir bénéficier de l’aide, votre entreprise doit compter moins de 250 salariés, tout simplement. Aucune autre condition n’est requise pour bénéficier de cette aide unique. 

Par contre, si votre entreprise dépasse les 250 salariés, les choses se compliquent. Pour bénéficier de l’aide, il faut atteindre entre 3 et 5% de contrats visant à améliorer l’insertion professionnelle. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à consulter directement le site du gouvernement

N’oublions pas de préciser qu’une entreprise ne peut pas engager autant d’alternants qu’elle le souhaite. Un alternant doit nécessairement avoir un tuteur. Un employeur peut être le tuteur de deux alternants et un salarié de 3 alternants. 

 

Comment demander l’aide ?

Si vous aimez, comme beaucoup, taquiner l’efficacité de l’administration française, il faut avouer que cette fois-ci, vous aurez bien du mal à le faire. Adieu à l’ampleur des douze travaux de notre ami Astérix !  Ici, il vous suffit d’envoyer le contrat d’apprentissage ou de professionnalisation à votre opérateur des compétences (OPCO) et le tour sera joué. Veillez simplement à l’envoyer dans les 5 jours ouvrables qui suivront la date d’exécution du contrat. 

 

Les bonnes raisons d’engager un ou plusieurs alternants cette année

Cette aide pourrait aider de nombreuses personnes. Que ce soit des étudiants en galère pour trouver une entreprise d’accueil ou des dirigeants de TPE et PME qui luttent et qui ont besoin d’un coup de pouce sans avoir les moyens nécessaires. Cette subvention peut clairement aider plus d’une société à remonter la pente ! 

En faisant un rapide crochet par le simulateur du Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion, on se rend instantanément compte de l’opportunité économique que l’aide de l’État représente. Le ratio entre les heures de travail perçues et les heures réglées par l’employeur est on ne peut plus attractif. Sans compter l’exonération des cotisations fiscales. Et n’oublions pas l’autre point fort du système : l’embauche en qualité d’alternant fait que l’étudiant ne doit pas régler le coût de ses études. 

Mais attention à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Si tout ça peut faire rêver, il faut rester pragmatique et trouver des candidats qui apportent une valeur ajoutée à l’entreprise. 

Ce que vous devez regarder de près avant d’embaucher un alternant

Comme son nom permet de le supposer, l’alternance est un partage entre le temps passé sur les bancs de l’école et le temps investi dans l’entreprise. Ce partage doit donc pouvoir se caler sur votre mode de fonctionnement. Et tous les partages de temps ne sont pas les mêmes. Si certains alternants font 3 jours de travail pour 2 jours en cours, d’autres font 1 semaine de cours pour 3 semaines de travail. 

L’autre point qui peut poser problème relève du management. Un alternant n’est pas toujours parfaitement autonome, ce qui est logique. Il est justement là pour se professionnaliser, apprendre et s’insérer dans le monde du travail. Il faut en avoir conscience. Avoir un ou plusieurs alternants dans son entreprise peut prendre du temps. Faute d’intégrer ce facteur dans sa réflexion, le gérant d’une TPE pourrait faire un mauvais calcul.  

Enfin, il ne faut pas oublier que l’aide n’est valable qu’un an. C’est déjà merveilleux, mais il faut être capable d’assumer le coût des années qui suivront. 

Alors ? Faut-il profiter de l’aide ou non ?

Impossible de répondre d’une seule voix pour tout le monde. Tout dépend de la situation de l’entreprise et des perspectives qu’elle imagine pour les trois prochaines années. Mais force est de constater qu’en plus d’aider les employeurs, cette contribution substantielle peut aider de nombreux jeunes en grande précarité. Si vos calculs sont bons et que votre motivation dépasse le simple intérêt financier, j’ai la conviction que l’alternance est un bon moyen de se serrer les coudes et d’améliorer sa marque employeur.

 

Virgil Dablon

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