À l’occasion de The HR Influence Event, organisé le 22 septembre 2026 à Paris, Jean-Claude Le Grand a livré une vision directe de l’influence RH.
Pour le directeur général des Relations humaines de L’Oréal, membre du comité exécutif du groupe, cette vision tient en peu de mots : avoir de l’influence, c’est avoir de l’impact.
Mais cette influence implique aussi d’assumer pleinement les responsabilités qui accompagnent une fonction RH.
L’influence RH ne se résume pas à la visibilité
Quand on parle d’influence aujourd’hui, le risque est de réduire le sujet à la prise de parole, aux réseaux sociaux ou à la visibilité personnelle.
Jean-Claude Le Grand aborde la question autrement. Pour lui, l’influence consiste d’abord à partager, à montrer ce qui peut avoir un impact et à utiliser les responsabilités dont on dispose pour agir.
Avoir de l’influence, c’est avoir de l’impact.
L’influence n’est donc pas seulement un sujet de posture ou d’audience. C’est un sujet d’action et de responsabilité.
Beaucoup de professionnels RH pensent encore qu’ils doivent rester en retrait, agir « behind the scene » et privilégier la discrétion. Pour Jean-Claude Le Grand, cette retenue constitue une erreur.
La fonction RH intervient directement sur les transformations, les compétences, le management, l’engagement, la mobilité, le recrutement, la culture et l’organisation du travail. Elle dispose donc de leviers qui lui permettent de peser sur les décisions de l’entreprise.
La vraie question devient alors : que fait-elle de cette responsabilité ?
Avoir des responsabilités ne suffit pas
Occuper une fonction importante ne signifie pas automatiquement exercer une influence.
Jean-Claude Le Grand insiste sur ce point : certaines personnes obtiennent des responsabilités, mais ne les exercent pas pleinement. Or, assumer une responsabilité suppose de chercher à produire un effet concret.
Chaque professionnel RH devrait ainsi pouvoir répondre à une question simple :
Qu’est-ce que ma fonction me permet réellement de faire évoluer ?
Pour les RH, cette interrogation est particulièrement importante. La fonction intervient au cœur de nombreux arbitrages :
- la transformation des organisations ;
- le management ;
- l’évolution des compétences ;
- l’engagement des collaborateurs ;
- la mobilité et les parcours professionnels ;
- le recrutement ;
- la culture d’entreprise ;
- les conditions et l’organisation du travail.
Sur chacun de ces sujets, les RH peuvent rester dans l’exécution ou choisir d’intervenir plus tôt, de poser les questions qui déplacent la décision et de rendre visibles ses conséquences humaines et organisationnelles.
Ne plus attendre que l’on donne la parole aux RH
Autre message direct de l’intervention : les professionnels RH ne doivent plus attendre qu’on leur demande leur avis.
La fonction dispose déjà de leviers pour avoir de l’impact. Encore faut-il décider de les utiliser, y compris en prenant publiquement la parole.
Sur ce point, Jean-Claude Le Grand défend une approche personnelle et incarnée. Il préfère des publications imparfaites, écrites directement par leurs auteurs, à des prises de parole totalement formatées.
Cette imperfection n’est pas nécessairement une faiblesse. Elle peut rendre une parole plus reconnaissable, plus crédible et plus engageante. Elle montre qu’une personne assume réellement ce qu’elle partage.
L’authenticité ne remplace toutefois ni les faits ni la responsabilité éditoriale. Elle leur donne une voix.
Partager, montrer, assumer et agir
La définition de l’influence proposée par Jean-Claude Le Grand peut se résumer en quatre verbes :
- partager des convictions et des expériences utiles ;
- montrer les sujets qui peuvent produire un impact ;
- assumer les responsabilités liées à sa fonction ;
- agir pour faire évoluer concrètement les pratiques et les décisions.
Cette approche rejoint l’ambition de The HR Influence Event : ne pas réduire l’influence RH à une question de visibilité, mais permettre aux idées de circuler, de se confronter et de transformer les décisions.
La fonction RH devient influente lorsqu’elle met certains sujets sur la table, rend leurs conséquences visibles et contribue à modifier un arbitrage, une pratique ou une priorité.
« Il n’y a qu’une vie. Il n’y a pas de replay »
Interrogé sur le conseil qu’il donnerait à un professionnel RH qui hésite encore à prendre davantage de place, Jean-Claude Le Grand ne tourne pas autour du sujet.
Son message est simple : ne pas attendre. Parce que le temps passe, parce que les responsabilités sont déjà là et parce que la fonction RH offre une occasion réelle d’avoir de l’impact.
Il n’y a qu’une vie. Il n’y a pas de replay.
Ce rappel résonne particulièrement pour une fonction qui cherche encore parfois sa place dans les décisions, alors même qu’elle intervient sur la plupart des transformations de l’entreprise.
La question n’est donc peut-être plus de savoir si les RH peuvent avoir de l’influence, mais plutôt : qu’est-ce qu’ils décident d’en faire ?
FAQ sur la vision de l’influence RH de Jean-Claude Le Grand
Comment Jean-Claude Le Grand définit-il l’influence RH ?
Il associe l’influence à la capacité d’avoir un impact. Elle consiste à partager des convictions, à rendre visibles les sujets importants et à utiliser ses responsabilités pour agir.
Un professionnel RH influent doit-il être très visible ?
Non. La visibilité peut soutenir une prise de parole, mais elle ne suffit pas. L’influence se mesure surtout à la capacité de faire évoluer une décision, une pratique ou une priorité.
Pourquoi les RH doivent-ils davantage prendre la parole ?
Parce que la fonction RH intervient sur des décisions qui concernent directement le travail, les compétences, le management et les transformations. Prendre la parole permet de rendre leurs conséquences visibles et de contribuer aux arbitrages.

