Yoga et management : comment s’inspirer du yoga pour mieux manager ?

par La rédaction

Yoga et management sont deux mots qui ne semblent pas avoir beaucoup en commun. Pourtant, certaines entreprises s’inspirent de cette discipline basée sur des postures physiques, des exercices de respiration et de la méditation, pour mieux manager. L’idée n’est pas d’apprendre aux collaborateurs à mieux respirer, mais de puiser dans l’art de vivre et la philosophie du yoga pour mobiliser ses équipes et diriger de manière plus sensée. Concrètement, comment le yoga peut-il aider l’entreprise ?

Yoga et management : écoute, intention et loyauté

Yoga, “yuj” en sanskrit, signifie ”mettre ensemble, relier, unir”, ce qui est exactement le rôle du manager, explique Luc Biecq, auteur de Manager comme un yogi, les clés d’un management humaniste et efficace (Ed. First), paru en août 2020. Pour ce manager formé à la communication non-violente, également yogi, le yoga est une source d’inspiration très riche pour le management et vient proposer une approche du management différente de ce qu’on apprend en école de commerce ou dans les livres spécialisés.

Dans son livre, Luc Biecq a fait se rencontrer Emmanuel Fort, un coach en management, et Laurence Gay, enseignante en yoga, pour rendre compte de tout ce que le yoga peut apporter au monde professionnel. Pour eux, un bon management s’appuie sur les 5 piliers du yoga :

  • La Non-violence (Ahimsa) dans le yoga, se traduit dans le management par l’écoute,  le non jugement, l’instauration d’un climat de confiance. Cette bienveillance, ou gentillesse, doit permettre de mesurer l’impact de nos gestes, actions et comportements sur ceux qui nous entourent. Eva Ruchpau, qui a introduit le yoga en Europe dans les années 60 et donné des cours à Christian Dior et à Alain Afflelou, préfère l’idée “d’avoir des égards” à la notion de bienveillance, devenue mielleuse à force d’être utilisée. Pour bien manager donc, il s’agit d’avoir des égards envers les collaborateurs, clients, fournisseurs, mais aussi envers soi-même. Accepter qu’en tant que manager, on a soi-même ses limites, les confronter, prendre du recul, se confier, trouver des solutions.
  • La Posture (Asana) se traduit dans le management par une posture managériale ouverte, souple, à l’écoute, humble. C’est une attitude qui invite à dialoguer, qui met le collaborateur dans un climat de confiance puisqu’il sait s’adapter et adopter la bonne attitude au bon moment.
  • La Vérité (Satya) se traduit par l’envie d’être exemplaire, loyal, volontaire. Le manager fait de son mieux pour donner l’exemple et montrer le chemin, mais aussi pour donner un sens à ces actions. Au yoga, on parle “d’intention” à formuler pour soi en chaque début de cours. En entreprise, cette intention peut être symbolisée par le fait de donner du sens à ses objectifs, que ces derniers ne s’éloignent pas de la mission de l’entreprise et de son ADN.
  • Le Souffle et la respiration au yoga (Pranayama) se traduisent par le souffle créatif en entreprise, mais aussi par l’énergie commune de “faire ensemble”, l’observation, la volonté d’être plus centré, ancré, aligné.
  • Enfin, la recherche de Cohérence (Samadhi), symbolise la recherche de la stabilité et l’harmonie dans l’entreprise

Yoga et management : accompagner les collaborateurs dans une période complexe

Intégrer la philosophie du yoga dans l’entreprise est sans doute comparable à valoriser les soft skills, ces compétences humaines qui rendent les relations professionnelles plus agréables, mais aussi à faire émerger des démarches de Qualité de Vie au Travail (QVT). A l’époque du tout digital, c’est prendre le temps d’humaniser les rapports professionnels.  “J’ai interrogé beaucoup d’élèves d’écoles de management et je leur ai demandé ce qu’on leur avait appris. En fait, ils avaient eu des cours de management où, bizarrement, on leur apprenait à licencier. Ils ont parfois eu des cours de ressources humaines entièrement basés sur les contrats : engager, licencier, avec une approche surtout juridique. Alors qu’aujourd’hui, ils n’abordent pas la question, pourtant essentielle, de comment retenir et attirer les nouveaux collaborateurs, ceux de la génération Y, par exemple“, explique Luc Biecq à Challenges. En effet, en insufflant cet esprit “namaste” à l’entreprise, vous veillez non seulement à la santé des collaborateurs mais vous cherchez également à les impliquer davantage. Vous participez à une culture d’entreprise proche de ceux qui la constituent.

Ecrit pendant le procès des managers de France Telecom, le livre de Luc Biecq rappelle, dans cette période de télétravail généralisé, que ce type de management peut aider dans les moments difficiles : il permet de limiter le stress, d’avoir une certaine éthique managériale, d’instaurer le dialogue, d’entretenir l’esprit d’équipe et la solidarité, de savoir s’adapter, d’anticiper et de rebondir face aux défis,…

P SANDER

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