Rapport d’étude : les nouvelles perceptions du travail

Quel est le rapport au travail des français ? L’étude Prosumers Actual Group et BETC « Si essentiel, le travail »  interroge les nouvelles perceptions du travail. À la fin de l’année 2021, plus de 500 femmes et hommes (âgés de 15 ans et plus) ont été interrogés pour comprendre leur rapport au travail, leurs attentes, leurs besoins, et leurs craintes pour aujourd’hui comme pour demain. Les résultats ont été dévoilés lors d’une table-ronde le jeudi 12 mai 2022, animée par Mercedes Erra, Fondatrice et Présidente de BETC, Flora Ghebali, entrepreneure et autrice de “Ma génération va changer le monde”, Samuel Tual, Président d’Actual Leader Group et Clément Boisseau, Global chief strategy officer BETC. 

 

Présentation

Méthodologie de l’étude

L’étude qui interroge le rapport au travail des français s’appuie sur les Prosumers®, déterminés par un algorithme propriétaire permettant d’identifier et de séparer les résultats en deux catégories :

  • Le mainstream, population générale qui représente 80% de l’échantillon
  • Les prosumers, qui représentent 20% de l’échantillon mais qui jouent un rôle important du point de vue économique et sociétal car ils influencent les habitudes et comportements du groupe mainstream

Ces prosumers, que nous pourrons nommés influents, sont l’objet d’études Havas Worldwide et BETC depuis plus de 10 ans. Leur comportement sera imité par la catégorie mainstream “d’ici 6 à 18 mois” selon BETC, qui a mené l’étude pour Actual Group.

 

Flora Ghebali, entrepreneure et autrice de “Ma génération va changer le monde”, Mercedes Erra, Fondatrice et Présidente de BETC,  Samuel Tual, Président d’Actual Leader Group et Clément Boisseau, Global chief strategy officer BETC. 

 

Contexte d’évolution du rapport au travail

Depuis 20 ans, la place du travail au sein de la société évolue profondément. La crise sanitaire a permis à de nombreux collaborateurs de prendre du recul sur leur rapport au travail et leur rapport à l’entreprise. En effet, l’utilité de certains métiers a été questionnée tandis que deux catégories ont émergé : les métiers essentiels et les métiers non-essentiels.

Si tu ne travailles pas bien à l’école, tu finiras caissière.” Bon nombre d’entre nous ont déjà entendu cette phrase enfant. La dévalorisation de certains métiers, et la valorisation d’autres professions, a été remise en cause par la pandémie. 

→ 69% des répondants de la catégorie des influents estiment que les parents ne devraient jamais dire cette phrase à leurs enfants

→ 41% d’entre eux considèrent toujours certains métiers comme trop dégradants

 

Quel est notre rapport au travail ?

Le travail, une valeur cardinale

Quel est le constat sur le rapport au travail ? Les français y demeurent attachés mais c’est leur rapport à l’entreprise qui évolue. En effet, il n’y a pas de problème avec le travail car il demeure encore structurant selon les répondants, et offre à chacun une place dans une société centrée sur la productivité. 

  • 66% des prosumers pensent que le travail les définit en tant que personnes
  • 80% des influents et 75% des 15-34 ans se disent fiers d’en parler à leurs familles, amis ou même à des inconnus.
  • 58% des 15-34 ans n’arrêteraient pas de travailler même s’ils gagnaient au loto

La fameuse question “Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?” prend ainsi tout son sens . Et même si le cadre de vie prime sur le professionnel pour 83% des prosumers et 75% de la population générale, le rapport au travail n’en reste pas moins essentiel car celui-ci définit l’identité et structure l’existence.  

 

TOP 3 des attentes des talents

  • Épanouissement : 75% des prosumers et 57% du mainstream sont prêts à être moins bien payés pour un métier qui leur plaît vraiment. Le rapport au travail évolue donc considérablement en faveur de l’épanouissement professionnel.
  • Valorisation et reconnaissance : 29% des influents se sentent plus valorisés en recevant des compliments et des félicitations, plutôt qu’en ne recevant qu’une unique rétribution financière
  • Equilibre de vie (work-life balance) : 83% des influents n’hésiteraient pas à quitter leur job pour trouver un cadre de vie plus agréable et un meilleur équilibre vie professionnelle et vie privée

 

« Le travail est omniprésent dans nos vies. Je crois profondément que les mutations profondes du monde professionnel sont des opportunités nouvelles pour mettre en place les solutions qui permettront à chacun de s’épanouir, de contribuer au développement de nos entreprises et de notre pays et de réconcilier les personnes et la société » Samuel Tual, Président d’Actual Leader Group

 

Le rapport au travail à l’épreuve de mutations sociales et technologiques

Une recherche accrue de sens

→ 91% des 15-24 ans déclarent travailler pour gagner leur vie, mais également pour avoir un vrai impact grâce à leur métier. 

→ Selon 83% des prosumers et 63% de la population générale, l’entreprise doit accélérer le changement social.

→ L’engagement social pour la diversité et l’inclusion est également essentiel puisque 78% des influents se déclarent prêts à « blacklister » les entreprises qui pratiquent des discriminations à l’embauche. Le rapport à l’entreprise évolue donc afin de répondre aux besoins de sens et d’engagement des collaborateurs.

 

Les collaborateurs ont de nouvelles attentes et exigences, exacerbées par les crises sanitaire, sociale et écologique que nous traversons. Les entreprises doivent prendre en compte ces critères afin de rester compétitives face à la guerre des talents et le phénomène de désengagement des collaborateurs. Le rapport au travail ainsi que le rapport à l’entreprise sont en mutation constante en réponse aux bouleversements sociaux et technologiques que nous vivons.

 

Digitalisation et rapport au travail

La digitalisation dans le domaine professionnel produit des craintes chez les français, en particulier la peur du chômage pour 59% des influents, et aussi la peur d’un métier plus solitaire (32%).

Néanmoins, 20% seulement des répondants influents, et 36% de la population générale ont peur d’être dépassés par le digital. 

Enfin, le digital redonne une place aux compétences humaines et aux soft skills, puisque ces dernières sont désormais considérées comme indispensables par 64% des membres influents.

 

Les 3 compétences à avoir selon les français sont :

  • L’adaptation : compétence la plus indispensable et la plus valorisée selon les répondants 
  • La flexibilité : 61% de l’échantillon influent pensent qu’à l’avenir, les collaborateurs travailleront pour plusieurs entreprises de façon ponctuelle, et non plus uniquement une seule
  • L’apprentissage : 59% se disent prêts à reprendre des études pour avoir l’opportunité d’apprendre un nouveau métier. Cette soif d’apprendre est partagée par toutes les catégories de population car 41% des plus de 55 ans sont aussi prêts à reprendre des études.

 

 

Le rapport au travail et les attentes des talents sont donc en constante mutation. Cependant, la place qu’il occupe dans la vie des français demeure toujours importante, et les entreprises doivent oeuvrer afin de répondre aux nouveaux besoins des collaborateurs.  La place de l’école, elle aussi, mérite d’être interrogée, étant donné que 83% des répondants du groupe influent estiment qu’école et travail sont totalement déconnectés. Par ailleurs,  48% des 15-34% pointent l’inadéquation entre leurs études et le poste qu’ils occupent. Enfin, 89% de l’échantillon influent estiment que le rôle de l’entreprise est de former les jeunes et de faire grandir les salariés pendant toute leur carrière. Ainsi, 80% concluent que le travail demeure la meilleure des écoles. 

 

Laurène Boussé

 

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