J’ai testé un questionnaire de personnalité et de comportement

par La rédaction

Même si contrairement à Paris, je n’ai pas officiellement déclaré ma candidature pour les JO… du recrutement, j’avais envie de savoir ce qui se tramait derrière un test de personnalité. Ben oui, les recruteurs (et les candidats) passent leur temps à m’en dire du bien… et du mal. En tout cas, tous me disent qu’il s’agit souvent d’une première étape dans un processus de recrutement. Du coup, j’ai contacté AssessFirst, un éditeur de test en ligne pour lui demander la possibilité de tester (gratuitement) le PSV 20. Un test de personnalité et de comportement. Récit de ce test.

Lundi 13 avril, 10h57. Munie de mon login et de mon mot de passe, je me connecte sur la plateforme en ligne d’AssessFirst pour passer le fameux PSV 20. Je m’apprête donc à répondre à 90 questions en ligne avec comme consigne de choisir la réponse (parmi deux propositions) qui me correspond le mieux. Un peu comme les tests de magazines féminins. Non, je plaisante, là c’est du sérieux. Un texte d’intro m’indique que je dois me « placer dans un contexte professionnel » et « qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. « Le temps de réponse n’est pas limité mais il est essentiel d’être spontané dans vos réponses », précise-t-on. Prévoir 15 minutes. C’est bon, j’suis prête à me lancer quand mes yeux se portent sur un autre paragraphe. « Une fois que vous aurez complété le questionnaire, vous aurez la possibilité de répondre à 3 questions au travers d’un entretien vidéo ». Les réponses seront filmées par webcam. La tuile, je déteste ce genre de « jeu ». Va falloir que je range un peu dans mon bureau !

11h00 : je débute le questionnaire. Les questions et les réponses au choix sont brèves, lisibles, compréhensibles. Des exemples ? « Pourquoi suis-je unique ? » (ça commence bien) ; « je sais prendre les décisions pour le groupe », « je suis capable de me faire apprécier de presque tout le monde ». Quelle est ma plus grande qualité : « méticuleux » ou « prendre des initiatives ? » (ben les deux mais ça c’est pas possible de tout cocher). Quelles sont les causes de mes échecs ? Tout y passe, moi, ma relation aux autres, les autres et moi, ma devise, ma gestion du stress, ma résistance (ou pas) au changement, mes axes de progrès… 10 minutes et 34 secondes plus tard, j’ai fini. Ouf !

11H11 (enfin presque) : on me propose d’enchainer direct avec l’entretien vidéo. Je décline la proposition car je veux connaître mes résultats. Enfin, la « synthèse de découverte » gratuite. Une page où j’apprends que j’ai un profil de type « initiateur », que je suis rarement en manque d’idées, que je « possède un sens de l’excellence et ne me contente pas du minimum ». S’en suivent mes talent Tags : « #cash, # avenant, # multitâche, # improvise, # changement… », j’en passe et des meilleurs. Ben oui, car au vu de cette synthèse, je n’ai que des qualités… Pour connaître mes axes de progrès et tout le toutim, il faut que je « débloque des crédits », autrement dit que j’achète le rapport « d’analyse approfondie », celui sur les « compétences clés » et le « rapport d’adéquation ». Vu que l’on m’offre ce test, j’y ai accès gratuitement et instantanément… Et le bilan est bluffant de précisions sur mon comportement et ma personnalité. Parfois un tantinet exagéré (mais ça c’est moi qui le dit) mais grosso modo, la synthèse est assez en phase avec ce que je suis. Des graphiques en vert, rouge, gris dressent mon portrait. Et avertissent le recruteur des points de vigilance me concernant. En espérant que ce dernier ne se contente pas de ce portrait pour se déterminer mais souhaite au contraire en savoir plus. Bluffée mais un peu surprise (car je me demande ce que pourrait faire un recruteur de ce genre de résultats), je me lance dans l’entretien vidéo. Yala.

11h30 : d’abord, une page m’explique « comment ça marche ». Donc les questions sont écrites mais je dois y répondre par webcam interposée. J’ai un temps limité pour lire la question et réfléchir à ma réponse, puis un temps limité pour enregistrer mes propos. Une fois lancée, impossible de mettre sur pause. C’est du live coco ! Heureusement, on me précise que je ne suis pas obligée d’utiliser tout le temps de réponse impartie pour chaque question. Si j’estime avoir tout dit avant, je clique sur « terminer ». C’est clair ! Donc après un essai son, je m’assure que le « back office » de mon bureau soit à peu près correct, je m’installe de façon à ce que mon buste rentre correctement dans le contour pré dessiné sur l’écran (une sorte de toise en forme de barbapapa) et je débute ma prestation. Première question (et dernier exemple car faut ménager le suspense pour les futurs utilisateurs), « selon vous, en quoi les comportements que vous venez de présenter vont-ils vous permettre de réussir dans le poste que vous visez ? ». Rien que ça ! Deux minutes de réflexion plus tard, je me lance dans un direct d’enfer. Enfin, oui c’était l’enfer de devoir regarder la webcam, formuler mes propos, gérer mon image apparaissant sur l’écran, ne pas bafouiller… J’abrège ma souffrance en faisant des réponses courtes. Facile, moi j’ai pas l’enjeu de réellement séduire un recruteur. Je suis là en test mais je me mets à la place d’un vrai candidat. Celui qui joue sa place en entretien de recrutement. Sans s’être entrainé avant (encore et encore), je ne vois pas comment marquer des points auprès d’un recruteur. Dans ce type d’épreuve filmée, le candidat n’est pas toujours à son avantage. Au contraire.

11H36 : finito le supplice vidéo. Là encore, j’ai hâte (quoique) de connaître le résultat. Mais impossible, mon « crédit » est épuisé, je ne peux pas télécharger le débriefing. Pas grave, avec le questionnaire, je crois que j’en ai appris assez sur moi pour aujourd’hui. Par curiosité (et vu que mes codes d’accès me le permettent), je consulte quand même les autres onglets accessibles par les recruteurs. Le « job pofiles » permet ainsi de matcher mon profil avec le « profil idéal » attendu pour un type de poste. S’il le souhaite le recruteur peut même personnaliser le « job profile ». Le « talent mapper » permet de projeter un ou plusieurs candidats (avec des points de couleur différente) sur une carte de compétences et donc de comparer en un coup d’œil sur un graphique, leur rapport au stress, leur style de management, leur gestion de l’activité… Mieux qu’un entretien collectif, je n’en suis pas sûre. En tout cas, efficace pour une vision synthétique d’un groupe de candidats. J’espère juste que les recruteurs ne s’arrêtent pas aux résultats de ces tests pour évaluer les candidats mais prennent la peine de les recevoir pour savoir ce qu’ils ont exactement dans les tripes. Mais je ne suis pas naïve, je sais aussi que ces tests font partie des phases éliminatoires dans un processus de recrutement. Mesdames et messieurs les candidats, vous voilà prévenus. A vous de jouer… ou pas ».

Sylvie Laidet

 

La réponse d’AssessFirst suite à notre test du questionnaire PSV20

 

 

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