Entretien d’embauche : négocier son salaire

par La rédaction

Bien préparer un entretien, c’est aussi se préparer à négocier un salaire, une partie souvent négligée. Pourtant, au-delà de la question d’argent, qui souvent met mal à l’aise, se préparer à négocier un salaire permet de dévoiler une personnalité, la connaissance d’un marché et de l’entreprise.

 
Calculer sa marge de manœuvre
 
Si vous ne devez pas vous sous-estimer, vous ne devez pas non plus vous surestimer. Pour calculer le salaire « juste », prenez en compte trois critères : votre carrière, la santé de l’entreprise et le marché du travail.
 
  1. Evaluer sa valeur
 
Votre expérience professionnelle témoigne de votre valeur. Dans son guide sur la négociation de salaire, JuriTravail[1] fait le constat suivant : « plus vous avez d’expérience et de bons résultats, plus vous pouvez prétendre à une augmentation ». Un conseil donné dans le cadre d’une demande d’augmentation, valable également à l’embauche. Commencez par établir de façon précise les compétences que vous acquises ainsi que vos réalisations en fonction des besoins de l’entreprise que vous souhaitez rejoindre.
 
  1. La santé de l’entreprise
 
Le fait que l’entreprise recrute ne signifie pas qu’elle est en bonne santé. Il peut, justement, s’agir d’un recrutement qui vise à redresser les finances de l’entreprise. Intéressez-vous à la stratégie de l’entreprise, à son plan de rémunération et, bien-sûr à sa grille de salaires. « Certaines entreprises ont des « enveloppes » préétablies. Il s’agit d’une somme générale à répartir entre les augmentations accordées aux employés », informe JuriTravail. Lors de l’entretien, posez les bonnes questions : comment seront récompensés mes résultats ? Le salaire proposé à l’embauche est-il fixe ?
 
  1. Le marché du travail
 
Une fois votre profil défini et la fiche de poste bien cadrée, renseignez-vous sur les salaires pratiqués dans l’entreprise et chez les concurrents. Prenez en compte tous les critères, y compris votre âge.
« La rémunération du salarié dépend aussi de critères liés à l’entreprise comme la région où elle est implantée, son secteur d’activité ou son chiffre d’affaires » complète JuriTravail. Pour obtenir ces informations, des sites comme verif.com et societe.com diffusent des données sur la santé financière des entreprises, partiellement gratuites. JuriTravail renvoie également les candidats vers les informations diffusées « par des associations ou par le biais de la presse qui réalise régulièrement des enquêtes salariales ». Enfin, consultez la convention collective de laquelle dépend l’entreprise. « Beaucoup de salariés ne la connaissent pas », regrette Sophie Peyrot de JuriTravail. Vous y trouverez les grilles de salaires par secteur.
 
Se comporter en commercial
 
Sans tomber dans la prétention, vous ne devez pas vous considérez comme un demandeur, mais comme un profil qui a des compétences à proposer à l’entreprise, qu’il s’agisse d’une candidature spontanée ou, d’autant plus, d’une offre de la société.
 
La négociation de salaire est souvent perçue comme un moment désagréable, sous le joug du tabou de l’argent. Libérez-vous de ce tabou. Personne ne travaille pour la gloire. Sans tomber dans la prétention, soyez convaincu de la valeur de votre profil.
 
Côté comportement, JuriTravail livre la règle d’or : « La négociation d’un salaire n’est pas un bras de fer ». Le ton ne doit pas être agressif et la négociation restée une discussion. « Vous pouvez être ferme, tout en restant raisonnable », précise le spécialiste du Droit du Travail.
 
Si le recruteur vous demande vos prétentions, ne donnez pas de chiffre fixe mais une fourchette, ce qui « laisse une marge pour la négociation », conseille Sophie Peyrot.
 
« Adoptez le même comportement qu’un commercial : testez et montrez la fiabilité de votre produit avant d’entamer des négociations », conclue JuriTravail. Et restez souriant.
 
Si la négociation sur le salaire ne fonctionne pas, pensez que vous pouvez obtenir d’autres avantages. Là encore, renseignez-vous sur les pratiques de l’entreprise. Peut-être peut-elle vous proposer le remboursement de vos frais professionnels (téléphone, repas, …), une voiture de fonction, l’affiliation à une mutuelle. JuriTravail évoque également une négociation sur les congés annuels, les stock-options, un taux de cotisation à une caisse de retraite avantageux.

 

Typhnaie BOUJU

 


 

Articles RH relatifs

Laisser un commentaire