Dans un environnement professionnel de plus en plus incertain, les repères traditionnels vacillent. Accélération technologique, pression économique, transformation des métiers et montée en puissance de l’IA bouleversent durablement le travail. Dans ce contexte, les compétences techniques deviennent rapidement obsolètes. À l’inverse, certaines aptitudes s’imposent comme des leviers de performance plus durable. C’est le cas des Human Skills, compétences humaines telles que l’agilité émotionnelle, l’adaptabilité, la pensée critique ou, encore, la résilience.
Pourquoi ces compétences sont-elles devenues centrales pour les DRH et les managers ? Et surtout, comment évaluer la gestion émotionnelle de manière fiable, puis la développer sans tomber dans le subjectif ? Des questions qui ont été posées à Stéphane Pradines, coach professionnel, et celle d’Olivier Leroux, psychologue du travail chez Pearson TalentLens.
Pourquoi la gestion émotionnelle devient un enjeu RH majeur
Les émotions ont longtemps été reléguées à la sphère privée. Dans l’entreprise, la rationalité restait la norme dominante. Pourtant, ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Les organisations évoluent dans un monde fragile, anxiogène, non linéaire et incompréhensible.
Dans ce contexte, la gestion émotionnelle devient un facteur clé d’employabilité. Elle conditionne la capacité à s’adapter, apprendre et absorber le changement.
Comme l’a souligné Stéphane Pradines, les compétences humaines n’ont rien de nouveau. Mais leur importance devient critique face à l’obsolescence accélérée des hard skills. La qualité du lien constitue un deuxième enjeu majeur. Engagement, coopération et confiance reposent largement sur des compétences émotionnelles et relationnelles.
Enfin, la santé mentale s’impose comme un sujet central. Burn-out, désengagement et absentéisme interrogent directement la capacité à réguler les émotions. Apprendre à identifier, comprendre et réguler ses émotions permet de se préserver. Mais aussi de maintenir une dynamique collective plus saine.
Travailler les Human Skills, c’est investir à la fois dans l’employabilité, la qualité du lien et la santé mentale.
Évaluer la gestion émotionnelle : sortir du feeling grâce aux outils psychométriques
Si les Human Skills sont stratégiques, leur évaluation reste complexe. Trop souvent, elle repose sur l’intuition, le ressenti ou des biais cognitifs : effet de halo, premières impressions ou stéréotypes faussent l’analyse. C’est précisément là que les outils psychométriques apportent de la valeur.
En effet, évaluer la gestion émotionnelle nécessite des indicateurs structurés et scientifiquement validés. Les tests de personnalité, de raisonnement ou de motivations permettent cette objectivation.
Chez Pearson TalentLens, ces outils servent à transformer des comportements observables en données fiables. Ils offrent un langage commun pour parler de compétences souvent difficiles à verbaliser. Par exemple, certaines dimensions de personnalité permettent d’évaluer la gestion émotionnelle face au stress. Stabilité émotionnelle, contrôle des impulsions ou tolérance à l’incertitude deviennent mesurables.
Plutôt que placer les individus dans des cases, ces évaluations ouvrent au contraire des espaces de dialogue et de développement. Elles permettent aussi d’anticiper les zones de confort et d’effort.
Un levier précieux pour adapter l’environnement de travail et prévenir les situations à risque.
Les outils psychométriques n’enferment pas, ils élèvent le niveau du débat.
Développer les Human Skills sans déshumaniser la relation
Bien entendu, évaluer ne suffit pas. Encore faut-il utiliser ces outils avec sens et discernement.
En ce sens, la clé réside dans la formation des managers : ils doivent comprendre les résultats, mais surtout savoir les restituer avec bienveillance. De même, transparence, pédagogie et restitution partagée sont indispensables. Les collaborateurs doivent rester acteurs de leur propre développement.
Utilisés correctement, ces outils favorisent la connaissance de soi. Ils facilitent aussi la coopération, le management et les décisions RH. Dans un monde où l’IA progresse rapidement, ces compétences deviennent différenciantes. Elles rappellent ce qui fait la singularité humaine au travail.

