La qualité des relations managers vs recruteurs est-elle un angle mort du recrutement ?
Et si la meilleure façon d’interroger les pratiques RH était de faire passer un entretien de recrutement aux professionnels des ressources humaines ? C’est le parti pris par « La SHORTLIST », la nouvelle série RH produite par SmartRecruiters en partenariat avec myRHline.
Un format inédit où un expert de la fonction RH se prête au jeu du face-à-face. Lors d’un entretien de recrutement où il endosse alors, l’espace d’une vingtaine de minutes, le rôle du candidat. Objectif ? Mettre en perspective les pratiques RH à travers un échange connecté aux enjeux terrain.
Christophe Patte (myRHline) et Ghislain Fouché (SmartRecruiters) reçoivent ainsi Alexandra Pirzadeh-Descouts, directrice du recrutement chez Unibail-Rodamco-Westfiel. Le sujet : comment optimiser les relations managers vs recruteurs ?
Dans cet épisode, la candidate du jour partage son expérience sur un sujet peu abordé : les frictions, les blocages, mais aussi les moyens concrets pour fluidifier la collaboration entre recruteurs et managers.
Relations managers vs recruteurs : du flou à la collaboration
Le point de départ est connu de tous : dans bien des organisations, la relation recruteur/manager reste fragile, voire floue. Chacun campe sur ses repères, les attentes ne sont pas claires, les outils souvent absents. Résultat ? Des incompréhensions répétées, des délais qui s’allongent, et parfois des décisions prises dans la précipitation.
Chez Unibail-Rodamco-Westfield, Alexandra a décidé de poser un cadre. Un guide très concret à destination des managers a vu le jour : zéro discrimination, entretiens structurés, méthodologie partagée. Objectif ? Donner des repères clairs, sans alourdir le quotidien. Et rappeler une vérité simple : le manager reste décisionnaire. Même si cela ne signifie pas qu’il est seul pour autant.
L’entretien, par exemple, se déroule en binôme : le manager pour l’opérationnel, la RH pour les soft skills. Ce fonctionnement permet de structurer l’analyse, de prévenir les biais, mais aussi de maintenir un lien humain avec les candidats. Pas de flicage, insiste Alexandra, mais un accompagnement de terrain.
Recruter en équipe, de façon durable
Selon Alexandra, l’enjeu est de responsabiliser le manager, pas de le déposséder. Et pour cela, il faut lui donner les bons leviers : des outils simples, des points de repère, un accompagnement souple. Avec, en toile de fond, un principe fondamental : un bon recrutement est d’abord une collaboration qui fonctionne.
Ce positionnement change la donne. Les managers s’impliquent davantage, prennent contact avec les candidats, assument leurs choix. Les RH, de leur côté, sortent du rôle d’exécutant pour devenir de véritables partenaires.
Mais cette dynamique suppose aussi d’accepter les frictions. Certains managers rechignent à jouer le jeu, d’autres lancent des recrutements seuls ou n’assurent pas le suivi. Plutôt que de s’opposer frontalement, Alexandra prône le pragmatisme : responsabiliser, rappeler les conséquences d’un mauvais recrutement, et faire évoluer les postures par l’expérience.
Le plus difficile ? Le respect du timing. Répondre aux candidats, relancer les dossiers, garder le lien. C’est là où l’effort collectif prend tout son sens.
La relation recruteur/manager n’est pas un simple paramètre. Au contraire, c’est un facteur déterminant de l’efficacité des recrutements et, par conséquent, un chantier à part entière pour toute fonction RH.
Alors, par où commencer ? Comment décloisonner les postures, sans brouiller les responsabilités de chacun ? Et surtout, comment transformer cette relation parfois complexe en véritable levier de performance collective ?
Plus de pistes à découvrir en visionnant cet épisode de La SHORTLIST, le podcast RH vidéo de SmartRecruiters & myRHline.