[RH] Recrutement des jeunes : la Covid19 passe en arrière plan

par La rédaction

La “génération sacrifiée” navigue actuellement entre un marché du travail défavorable aux jeunes et la prise de conscience d’un changement nécessaire. Le sondage “Les Français et la jeunesse Post-Covid” mené par ELABE mené auprès de 800 jeunes de 18-24 ans en décembre 2020 fait le point sur l’état d’esprit actuel. Malgré un recrutement des jeunes en berne, ces derniers tirent les leçons de persévérance face à la crise sanitaire.

Quel est l’état d’esprit des jeunes entrant sur le marché du travail ?

Le moral accuse le coup de la crise sanitaire

Gilles Gateau, le directeur général de l’Apec, a déclaré une baisse de 39%, par rapport à l’année passée, des offres de recrutement des jeunes qui entrent sur le marché du travail de janvier à novembre 2020. Selon le sondage ELABE, trois quarts des 18-24 ans n’ont pas réussi à décrocher un travail, un contrat  d’alternance ou un stage. Il est alors compréhensible que l’inquiétude (29%) et la lassitude (23%) soient les deux premiers mots qu’ils emploient pour évoquer la période actuelle. Par ailleurs, l’inquiétude est plus forte chez les femmes, les diplômés d’études supérieures et en Ile de France. De plus, on note une santé mentale dégradée, puisque de 6 sur 10 répondants se disent fortement marqués par l’angoisse et l’isolement. Enfin, 48% des interrogés ont même eu le sentiment que leur vie leur échappait et une majorité pensent avoir perdu leur temps.

Une génération sacrifiée qui persévère

Malgré la période difficile, 21% des réponses évoquent l’optimisme, 20% parlent même le bonheur et 19% se disent combatifs. Cet attachement à sortir du fatalisme n’est pas nouveau, déjà en mars, une étude Vice Media révélait que 57% des jeunes pensaient qu’à long terme, la crise du coronavirus aurait un impact positif sur la société et la culture. Ce sentiment allait jusque dans le milieu professionnel : plus de 4 jeunes sur 10 attendaient des méthodes de travail durablement changées.

Le sondage ELABE confirme le niveau de résilience élevé des 18-24 ans : 75 % s’estiment capables de rebondir avec énergie. En revanche, 63% se considèrent toujours comme une génération sacrifiée. De manière très réaliste, 65% des jeunes affirment que «c’est une période difficile mais que l’on va s’en sortir».

 

Comment soutenir la résilience de la jeune génération?

Déjà en mars, l’étude Vice Media révélait que 60% des jeunes recherchaient des contenus traitant d’autres sujets que du coronavirus. Si la crise sanitaire continue de préoccuper les jeunes, ses répercussions sur le reste de leur vie redirigent leurs préoccupations vers des sujets plus immédiats bien qu’en aval de la crise sanitaire. Quel soutien peuvent apporter les employeurs à cette génération sacrifiée ?

Les accompagner dans les besoins de base

Le manque de travail et les prétentions salariales des jeunes diplômés revues à la baisse les ont lourdement pénalisés. Aujourd’hui, un tiers des 18-24 ans cherchent à se nourrir à bas prix. Depuis six mois, la moitié des sondés disent réduire leurs dépenses alimentaires, certains avouent sauter des repas. Cette tendance est plus fortement ressentie en Ile-de-France, chez les 22-23 ans et les moins diplômés. En outre, un quart des interrogés peinent à régler leurs factures. Un tiers ont mis de côté ou décalé des soins de santé pour des raisons financières. Si les salaires sont en baisse en cette période compliquée, les employeurs peuvent envisager un soutien envers les repas ou les courses de première nécessité pour prêter main forte à cette génération sacrifiée.

Maintenir un équilibre sain avec leur vie personnelle

La période incertaine et lourde d’inquiétudes a permis à beaucoup de réévaluer leurs priorités. Pour 6 jeunes sur 10, la santé et la famille prédominent leurs préoccupations désormais, alors que la religion et la politique perdent de leur importance. Si la rémunération et la capacité à subvenir à ses besoins restent importants, la période a invité une forte revalorisation de la vie sociale et de l’épanouissement. Le recrutement des jeunes devra anticiper des futurs salariés qui voient la vie professionnelle sous un autre angle. Pour eux, leur idéal d’avenir est d’exercer un métier qu’ils auront choisi et de le faire en bonne santé. Une plus grande considération pour l’épanouissement personnel émerge de cette année passée comme l’a noté l’enquête Vice Media : 49% des interrogés ont profité du premier confinement pour privilégier le développement personnel. Si le recrutement des jeunes reste prioritaire pour renverser l’image de la génération sacrifiée, dans un deuxième temps les fidéliser revient à leur offrir un bien-être au travail répondant à leur prise de conscience.

 

Génération sacrifiée ou recruter des jeunes déterminés

Enfin, le sondage ELABE se montre encourageant, le marché du travail défavorable au recrutement des jeunes démoralise, mais n’abat pas les ambitions. Les deux tiers de cette génération s’accordent avec la maxime «quand on veut, on peut» quand il en vient à rechercher du travail. Les 18-24 ans éprouvent de réelles difficultés à débuter leur carrière à l’heure actuelle, mais ils ne baissent pas pour autant les bras. Les dirigeants et RH peuvent valoriser cette génération qui fait preuve de persévérance pour surmonter à l’adversité, car il ne tient qu’aux employeurs d’adopter les bons gestes pour les soutenir.

Maï TREBUIL

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