Quand les salariés disent « Houra » et l’entreprise bravo

par La rédaction

Des salariés au large sourire prenant grand soin d’un œuf, d’un carton de livraison ou encore d’une corbeille de fruits. Telles sont les affiches, signées Houra.fr, qu’arborent les murs du métro parisien depuis quelques semaines. Attention, ces salariés ne sont pas des acteurs mais « de vrais gens » qui travaillent réellement pour le leader des cybermarchés. Une méthode publicitaire de plus en plus pratiquée, qui implique le collaborateur, vecteur de l’image de l’entreprise. 

 

La mode des vrais gens

 

EDF avait réalisé des spots publicitaires dans lesquels les salariés racontaient l’entreprise, leur cœur de métier. Ils parlaient d’éoliennes, mais aussi de leurs propres enfants qu’ils voudraient voir « consommer des énergies plus saines en  2025 ». Pour redorer son blason terni par la grave crise sociale largement médiatisée, Orange avait également filmé ses salariés qui, un bout de phrase après l’autre, disaient leur « préférence » pour Orange, clamaient leur envie d’y travailler. « Les acteurs de ce film sont des employés de SEAT », lisait-on en sous-titre dans le spot TV du constructeur automobile. Bien d’autres encore, dont IBM, à sa façon,  ont mis en scène leurs salariés dans leur campagne publicitaire, ont « utilisé » leur image à des fins commerciales. Avec sa campagne d’affichage, Houra.fr suit le mouvement. Son directeur marketing et communication avait d’ailleurs travaillé dans l’une des entreprises précitées. « IBM a l’habitude d’utiliser ses collaborateurs comme figurants, dit-il. Mais il s’agissait de les faire jouer un rôle, celui d’un client ou d’un conseiller. Chez Houra.fr, nous leur avons demandé de, simplement, montrer qui ils sont. Ce sont d’ailleurs leur vrai prénom et leur vraie fonction qui apparaissent sur les affiches. »

 

Les clients apprécient ce retour à l’humain, les collaborateurs se sentent valorisés… c’est en tout cas l’objectif visé. Une pierre, deux coups. C’est d’ailleurs à partir d’un retour client que la campagne d’Houra.fr s’est dessinée. « Certains de nos clients, notamment les supermarchés, étaient persuadés que tout était automatisé. C’est une idée fausse. De la commande à la préparation et à la livraison, il y a de « vrais gens ». Derrière la qualité du service, il n’y a pas de robots, mais des personnes. Le mieux, c’est de le montrer », explique Nicolas Le Hérissier, le directeur marketing et communication d’Houra.fr.

 

Le salarié devient – est – l’ambassadeur de la marque. Il porte la réputation de son entreprise et lui prête jusqu’à sa propre image. Une stratégie révélée – ou une tentative de maîtrise de l’image – à l’heure des réseaux sociaux et des blogs où chaque personne peut véhiculer un message, positif ou négatif, de la boîte pour laquelle il travaille. Ceux qui acceptent de participer  à des campagnes publicitaires telles que celles d’Orange, EDF, Houra et tant d’autres font preuve d’un esprit d’adhésion aux valeurs de leur entreprise qui doit être forte. Chez Houra, les volontaires ne se sont pas fait attendre. « Entre le moment où l’idée est venue, où l’appel à candidatures a été lancé et les prises de vue réalisées, tout s’est passé très rapidement, rapporte Nicolas Le Hérissier. Pendant le shooting, l’ambiance était bon enfant. Nos collaborateurs ont beaucoup apprécié ce moment. » Si à l’aise et spontanés, certains se seraient même découvert une vocation.

 

Un beau décor, une bonne ambiance, un bon scénario… de quoi faire douter les médisants. « Cette campagne n’est pas de la propagande », précise le directeur marketing et communication. C’est tout le secret de ce mode de communication, à la fois externe et interne. Pour ne pas risquer l’effet « trop beau pour être vrai », les salariés ne doivent pas être des figurants et le projet doit être un véritable projet d’entreprise.

 

Les salariés mis à l’honneur

 

Après affichage, les retours sont aussi positifs que pendant le shooting. Chez Houra, aucun des participants ne regrette de s’être laissé tirer le portrait. « Certains sont allés en famille se faire prendre en photo devant les affiches dans le métro », sourit Nicolas Le Hérissier. Côté clients, l’un des livreurs a fait bon effet, Laurent, qui affiche le même large sourire sur l’affiche et lorsqu’il est reconnu.

 

En dehors du métro, les murs du centre de préparation des commandes d’Houra.fr se sont également habillés de ces portraits publicitaires. « Ainsi, tout le monde peut les voir. Cela a été un projet fédérateur pour notre entreprise », affirme le directeur marketing et communication. Un projet parmi d’autres qui visent au bien-être des salariés de cette entreprise à l’ambiance familiale. « Chez nous, on peut tout à fait voir le directeur général boire un café avec un préparateur. Ce n’est pas étonnant, poursuit Nicolas le Hérissier. Nous menons des actions en faveur de nos collaborateurs depuis plusieurs années ». CV anonyme, actions de réinsertion, baromètres sociaux, cite-t-il. « Nous demandons souvent à nos collaborateurs ce qu’ils pensent de l’entreprise », ajoute-t-il.

 

Aucun salarié n’a été blessé pendant le shooting, ni forcé, ni même encouragé par quelconque contrepartie financière. Pour toute récompense, les acteurs-salariés d’Houra.fr ont reçu un tirage de leur photo et la fierté de prêter leur image à leur boîte.

 

 

Typhanie BOUJU

 

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