Demain, y aura-t-il plus de freelances en entreprise que de collaborateurs ?

par La rédaction

Le freelancing s’accélère. Plus qu’une tendance, c’est une transformation profonde et structurelle des modes de travail qui s’opère. Si le CDI était autrefois un Graal, les nouvelles générations (particulièrement Y et plus encore Z) rêvent à d’autres idéaux. Est-ce pour autant le signe que les freelances remplaceront bientôt les salariés ? Rien n’est moins sûr.

Toujours plus de freelances en France : vers une majorité de freelances en entreprise à moyen terme ?

Maddyness se posait déjà la question en 2019 : Demain, tous freelances ?

Devenir freelance, travailler en indépendant et devenir sa propre entreprise a de quoi intéresser les étudiants, les déçus du salariat ou les entrepreneurs dans l’âme. L’immatriculation au statut de microentrepreneur, majoritaire chez les freelances, a augmenté de 145 % entre 2008 et 2018. Selon l’étude annuelle de Malt, la France comptait 930 000 freelances en 2019 et devrait compter entre 25 % et 30 % d’indépendants en 2025 (contre 50 % aux Etats-Unis), soit plusieurs millions en plus.

Chaque année en France, environ 50 000 nouveaux freelances se lancent et ce chiffre s’accroît d’année en année. Mais sous le terme de “freelances” se regroupent différentes réalités bien différentes…

Alors, les entreprises feront-elles demain davantage appel à des freelances qu’à des collaborateurs recrutés en interne ? Le sujet fait débat et il ne semble pas que ce soit le cas, malgré ce que disent certains médias et certaines personnalités proches du freelancing.

Ce que dit le futur of work des freelances et des collaborateurs de demain

Le futur of work, ou futur du travail, est un champ d’études qui étudie l’avenir du monde professionnel. Cette notion englobe “les bonnes pratiques, les méthodes, le quotidien et les tendances d’individus minoritaires en avance sur leur temps.”

Alors que peut-on prévoir en se basant sur les évolutions actuelles de la société, de la croissance du nombre de freelances et du changement de paradigme dans le travail ?

L’objectif ici n’est pas d’évoquer les avantages du freelancing par rapport au travail salarié (liberté, argent, évolution, etc.), mais bien d’analyser les futurs possibles.

La théorie qui prétend que la majorité des travailleurs seront demain en freelance se base sur plusieurs faits véridiques qui sont en réalité des faux signaux.

Des chiffres trop larges qui portent à confusion

Lorsque les chiffres mentionnent les “freelances”, il ne s’agit pas seulement des travailleurs à haut niveau d’éducation qui vendent  à temps plein leurs compétences digitales à des entreprises. On dénombre également une large part de “travailleurs des plateformes”, comme les livreurs de repas à domicile, les chauffeurs privés ou les saisonniers.

Quant aux freelances en tant que tels, tous n’exercent pas leur activité à 100 % : certains le font en parallèle de leurs études, de leurs emplois ou d’une aventure entrepreneuriale. Difficile cependant d’obtenir des chiffres sur cette réalité.

C’est notamment pour cela que le chiffre d’affaires moyen mensuel des freelances en France est inférieur à 500 €. Dans les statistiques, peu sont des freelances au sens commun du terme.

Le freelancing reste réservé à une minorité de métiers

Autre problème : le freelancing n’est réservé qu’à une minorité des travailleurs (et le restera). Il y a peu de chances qu’un enseignant, un policier, un boulanger, un ouvrier, un manager, un serveur, un dirigeant ou un agriculteur se lance en freelance.

Bien sûr, en ce qui concerne les développeurs, les marketeurs, les recruteurs ou les commerciaux, rien ne les empêche de devenir indépendants. La part de freelances dans leurs effectifs devrait donc grandir dans les années à venir.

Mais pour tous les autres, le CDI devrait rester la norme.

Il y a donc assez peu de probabilités qu’il y ait plus de freelances en entreprise que de collaborateurs à moyen terme. Par ailleurs, la crise du Covid-19 a rebattu les cartes, puisque près d’un tiers des freelances réfléchissent désormais à repasser du côté du salariat en raison de la précarisation du statut.

Brice SCHWARTZ

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