L’entreprise libérée, une révolution ou simple phénomène de mode ?

par La rédaction
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Souvent décriée, l’entreprise libérée n’est pourtant pas qu’un phénomène de mode. Au-delà de la simple question de réorganisation managériale, elle engage la motivation des salariés, et donc la performance de l’entreprise. Mais comme toute idée « novatrice », l’entreprise libérée garde sa part d’ombre …

Voilà en quelques mots les bases de l’entreprise libérée, définies par MoovOne lors de son petit-déjeuner le vendredi 30 juin.

 

Liberté, autonomie et responsabilité : une idée séduisante pour les salariés

L’entreprise libérée est une entreprise où la majorité des salariés sont libres d’entreprendre toutes actions par eux-mêmes, sans qu’elles soient imposées par un décideur quelconque. Les ingrédients du succès sont ici réunis : une entreprise libre, enfin débarrassée de ses chefs, de ce travail vide de sens et de ces horaires contraints. Qui dirait non à un tel progrès dans la qualité de vie au travail ?

C’est en effet la première attente des salariés dans leur travail. 81% des salariés pensent que la QVT est un facteur de performance de l’entreprise, le salaire n’arrivant qu’en … 4ème position ! La possibilité d’avoir un travail intéressant, agréable, avec des horaires souples leur permettrait ainsi de trouver du plaisir à travailler. C’est pourquoi le concept d’entreprise libérée est particulièrement attractive pour les salariés !

 

Un bon calcul économique pour les dirigeants

Du côté des dirigeants, cette libération est surtout le moyen d’assurer la rentabilité de l’entreprise. Il s’agit de jouer sur la motivation des salariés, de les impliquer et de reconnaître leur mérite. Se crée alors une dynamique : les dirigeants innovent grâce au capital humain et en innovant, créent de la valeur.

L’idée de l’entreprise libérée est donc simple. Il faut en finir avec l’entreprise pyramidale et bureaucratique, et apprendre à faire confiance aux salariés. Certes, le management doit toujours pouvoir se faire « au-dessus »,  le manager fixant un cap de travail aux salariés. Mais il doit aussi accepter d’être « en-dessous », c’est-à-dire être un simple fournisseur au service de ses collaborateurs. Comme l’illustre bien Alain Manoukian, co-fondateur de MoovOne, une startup proposant de la formation individuelle à destination des managers, « les collaborateurs deviennent des collègues, et le dirigeant, un coach ».

 

Mais est-elle techniquement réalisable ?

L’entreprise libérée n’est pas un concept résolument moderne, loin de là. Il a été popularisé par Isaac Getz en 2009, mais aurait été évoqué dès les années 1920-1930 par deux experts américains. Ce concept se pose alors comme alternative à notre conception classique de l’entreprise, et renouvelle le management et la culture salariale.

Attention toutefois à ne pas passer à ce modèle d’un coup, mais bien à conduire ce changement étape par étape !

 

… et le digital dans tout ça ?

Les entreprises libérées ont des résonances avec les enjeux de la culture digitale. Internet est en effet l’une des innovations de rupture les plus importantes auxquelles les entreprises ont été confrontées, et accompagne ainsi leur libération.

Elle se fait sur 2 volets, selon Hugo Manoukian, CEO de MoovOne : 1) l’équipement informatique 2) le « mind set » en anglais, ou nouveaux comportements qu’implique le digital. MoovOne amène ainsi managers et collaborateurs, via leur plateforme digitale, à travailler conjointement, et à développer une intelligence collective.

 

La technologie vient donc comme une aide, mais n’est pas l’élément essentiel de l’entreprise libérée. Ses seuls mots d’ordre sont la libération, la coopération et l’initiative !

 

Margot Cadier

 

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