Combien coûte une mauvaise marque employeur ?

par La rédaction

 

Une entreprise jouissant d’une bonne réputation attire plus facilement les talents. Ca, c’est d’une logique implacable. En revanche, ce que l’on sait moins, c’est qu’un mauvais buzz autour de sa marque employeur peut coûter cher. Voire très cher. Explications.

Pour la deuxième fois en un an, Starbucks vient de se faire prendre la main dans le gobelet ! L’ONG The Popular Center for Democracy dénonce en effet à nouveau les amplitudes horaires excessives d’une grande partie des salariés américains. Pire, malgré un premier rappel à l’ordre de l’organisation non gouvernementale, la chaine de restauration rapide n’aurait rien changé et la gestion des plannings à la petite semaine (voire moins) des plannings perdurerait. A cela s’ajouterait un manque de reconnaissance certain et une gestion des arrêts maladie pour le moins alambiquée. Les « malades » seraient priés de trouver eux-mêmes leur remplaçant. Bref, avec ce rapport rendu public le 28 septembre dernier, la célèbre firme de Seattle pourrait bien y laisser des plumes.

En effet, dans sa récente étude « Winning Talent », LinkedIn révèle le coût potentiel d’une mauvaise réputation pour les entreprises perçues comme « peu séduisantes ». Ainsi, les employeurs ne parvenant à pas investir dans leur réputation, autrement dit dans leur marque employeur, pour attirer des candidats potentiels, peuvent débourser en moyenne 3500 euros de salaire supplémentaire par an par rapport aux sociétés jouissant d’une bonne réputation.

« La facture peut monter à un supplément de 5 millions d’euros annuels en moyenne pour une entreprise de 10 000 employés », souligne les auteurs de l’étude. Ce qui rebute les candidats ? Une entreprise où la sécurité de l’emploi est mise en question et qui a subi des pertes d’effectifs (49% des répondants). Des équipes dysfonctionnelles ou ayant de mauvaises performances (41%) sont également des freins pour les candidats. Enfin, les boites avec peu d’opportunités de développement professionnel (32%) et celles dont les anciens employés en parlent négativement (29%) devront certainement mettre la main au porte monnaie pour attirer des talents.

Ainsi en France, plus d’un tiers des candidats refuseraient catégoriquement un poste dans une entreprise flanquée d’une mauvaise réputation. Et ce, quel que soit le supplément salarial proposé dans la négociation d’embauche. Pour les autres, tout s’achète. Ainsi, près d’un quart des répondants serait prêt à passer l’éponge et donc à rejoindre ce type d’entreprise si elle leur offre 5% de salaire en plus. Ce chiffre passe même à 41% avec une augmentation salariale de plus de 10% à la clé. Bref, les dirigeants de Starbucks peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Ils trouveront toujours des candidats motivés… par l’appât du gain. Reste à savoir si l’enseigne serait prête à remettre au pot !
 

Sylvie Laidet

 

* Etude réalisée par ICM Unlimited entre le 14 et le 20 août 2015 auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 travailleurs français à temps plein.

** Le coût supplémentaire pour les entreprises a été calculé par rapport à un salaire français moyen brut de 2912 euros et un turnover estimé à 15%.

 

 

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