Entre le Baromètre Cevipof et la marque employeur se cachent des leçons pour 2021

par La rédaction

Le baromètre Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po) annuel a interrogé plus de 2000 Français ainsi que nos voisins européens : anglais, allemands, italiens. Menée du 20 janvier au 8 février, l’enquête donne une image contrastée de l’état d’esprit des Français en ce premier trimestre 2021. Malgré la lassitude et la morosité ambiante, certains résultats montrent qu’il reste une part de Français proactifs face à la crise sanitaire. Et si en rapprochant le baromètre Cevipof et la marque employeur, l’entreprise par son rôle socio-professionnel pouvait accompagner l’envie des salariés d’aller de l’avant ?

La fatigue pandémique au travail

Déjà en octobre 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) évoquait le syndrome de la fatigue pandémique susceptible de relancer la pandémie de plus belle. Aujourd’hui, le sentiment de détresse au printemps dernier aurait laissé place à une passivité ambiante. En faisant le lien entre le baromètre Cevipof et la marque employeur, les entreprises peuvent tirer des conclusions. Le sentiment de lassitude est cité par 41% des répondants, ce sentiment n’a jamais été aussi élevé en 12 ans. Ensuite, la morosité ressentie par 34% des sondés est suivie par 28% de méfiance et 14% de peur.

Face à une perte de repères sociaux et un manque de visibilité sur la sortie de crise, la fatigue pandémique au travail et l’épuisement moral se font ressentir. Impactant sur le bonheur au travail, ces sentiments se manifestent chez les salariés sous forme de troubles psychosociaux tels que des insomnies, des crises d’anxiété ou des difficultés à se concentrer.

Quant aux mesures anti-Covid19, l’enquête Cevipof pointe vers une adhésion partagée de la part des Français. Alors que 53% des sondés trouvent que les autres se donnent suffisamment de peine pour respecter les gestes barrière, 45% estiment que non. Les gestes barrières pourraient être également moins pratiqués sous l’effet de contacts sociaux réduits au sein de la population. En plus des effets de la fatigue pandémique au travail, cette attitude reflète aussi une forme de désobéissance politique et sociale.

Quel est le lien entre le baromètre Cevipof et la marque employeur ?

Le niveau de confiance des Français montre une plus grande confiance accordée aux petites et moyennes entreprises (78%) contre seulement 48% envers les grandes entreprises publiques et 44% envers les grandes entreprises privées. Ce chiffre tombe à 38% quand il s’agit des banques. Quant à la confiance entre collaborateurs, on ne peut pas dire qu’elle règne. En effet, 62% des sondés se déclarent plutôt méfiants envers les autres. Seulement 35% pensent que la plupart des gens sont de confiance.

Quant aux patrons, 68% des sondés considèrent qu’ils tirent profit de l’économie actuelle aux dépens de ceux qui travaillent pour eux. 4 Français sur 10 aimeraient voir un contrôle et une réglementation plus étroits des entreprises par l’État. Particulièrement au sujet de la balance des salaires, trois quarts des sondés souhaitent que le gouvernement intervienne davantage pour réduire les inégalités de revenu.

Un quart des Français n’hésitent pas à boycotter les entreprises ou leurs produits. Interrogés sur les manières d’influer sur les décisions prises en France, 21% feraient grève tandis que seulement 6% envisageraient de militer au sein d’un syndicat.

L’image des entreprises reste tout de même bonne puisque 55% de l’opinion pensent que l’État devrait, au contraire, leur faire confiance et leur donner plus de liberté, une opinion en légère hausse. La raison d’être d’entreprise peut venir apporter du sens : près de trois quarts des sondés estiment encore que l’on peut changer la société par ses choix et ses actions. De plus, 72% d’entre eux pensent qu’il est possible de développer l’économie française tout en préservant l’environnement pour les générations futures. Un air de volontarisme flotte dans l’air : 68% des interrogés pensent qu’en faisant des efforts chacun peut réussir. Vos salariés seraient-ils prêts à reprendre le dessus ? Les entreprises peuvent répondre à ces attentes tout en renforçant leur marque employeur.

Que peuvent faire les employeurs et RH contre la fatigue pandémique ?

Dans un premier temps, il est essentiel de rappeler la pertinence des mesures de lutte anti-Covid-19 et des gestes barrière au sein de l’organisation. Dans un deuxième temps, il s’agira de ré-embarquer les salariés dans la mission de l’entreprise. Deux volets d’action peuvent être déployés pour ce faire.

Le premier volet pointe vers une mise à jour des fonctionnements en entreprise nécessaire. Rapprocher le baromètre Cevipof et la marque employeur met en évidence une tension existante au sein des salariés. Une majorité de Français croient peu en la reconnaissance basée sur le mérite : 25% croient à l’égalité des règles pour tous. Un inquiétant 57% d’entre eux pensent que l’on peut réussir seulement si l’on connaît les bonnes personnes. Les organisations peuvent apporter plus d’égalité dans le monde du travail en revoyant les critères et les marques de reconnaissance, notamment dans le management.

Au sujet du bien-être au travail, des actions faciles à impact immédiat peuvent éclairer le quotidien des salariés. En Angleterre, Ryan Hopkins, responsable de l’expérience collaborateur au sein du groupe Sainsbury’s bloque 15 minutes de “réunion” dans le calendrier de l’ensemble des équipes. Il encourage ensuite les salariés à dédier ce temps de pause pour appeler leurs proches. Une action simple à exécuter et efficace auprès des collaborateurs et de la marque employeur. Quelles mesures accessibles et immédiates pouvez-vous mettre en place pour combattre la fatigue pandémique au travail ?

Maï TREBUIL

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