Une personne jugée prête pour une promotion. Une autre écartée d’un projet. Un potentiel repéré, ou oublié. Lors de son interlude à The HR Influence Event, le 22 septembre 2026 à Paris, Marie-Sophie Zambeaux a invité les professionnels RH à examiner ce qui influence leurs propres décisions, bien au-delà du recrutement.
La consigne était de parler d’influence RH. Marie-Sophie Zambeaux a choisi de retourner la question : les RH sont aussi influencés dans leur manière de juger les situations et les personnes.
Elle raconte avoir commencé à publier pour éclairer les coulisses du recrutement. Ce qui se joue derrière une annonce, un CV ou un entretien. Puis ses lectures et ses échanges l’ont conduite à élargir son regard aux décisions RH dans leur ensemble.
Mobilité, promotion, potentiel : les impressions circulent
Son intervention évoque les choix qui jalonnent une carrière. Qui semble prêt pour une mobilité ? À qui confier un projet ? Quel avis écoute-t-on davantage en réunion ? Qui imagine-t-on capable d’évoluer ?
Ces situations mobilisent des évaluations qui peuvent paraître évidentes. Pourtant, les formulations employées restent parfois très générales : une personne manquerait de leadership, une autre ne serait pas encore prête.
Marie-Sophie Zambeaux souligne que ces appréciations peuvent s’appuyer sur des faits. Mais elles peuvent aussi réunir des attentes, des impressions et des histoires construites à partir de quelques indices.
L’enjeu consiste à regarder ce qui soutient réellement le jugement. Une formule familière ne suffit pas à rendre une évaluation objective.
L’expérience ne dispense pas d’examiner son raisonnement
Un message traverse son interlude : avoir des biais ne témoigne pas nécessairement d’un manque de compétence, d’expérience ou de bonnes intentions.
La difficulté commence lorsque l’on se considère spontanément objectif et que l’on ne prévoit aucune méthode pour questionner ses décisions. Cette vigilance concerne donc aussi les professionnels expérimentés.
Les conséquences touchent directement les parcours. Une décision peut ouvrir une possibilité, retarder une évolution ou fermer une porte. Pour l’entreprise, elle contribue à déterminer les compétences reconnues, développées ou laissées de côté.
Cet effet sur les trajectoires donne au sujet une portée très concrète. Il concerne la qualité des décisions prises chaque jour dans les organisations.
Quatre repères pour mieux construire une décision RH
Marie-Sophie Zambeaux propose plusieurs points d’appui : définir les critères avant de rencontrer les personnes, distinguer les faits des interprétations, organiser la contradiction et s’interroger sur les raisons de son jugement.
La question « qu’est-ce qui me fait penser cela ? » invite à expliciter le raisonnement. Elle peut ramener une discussion vers les observations disponibles et mettre au jour ce qui repose surtout sur une impression.
L’objectif présenté est de mieux concevoir les décisions, en prenant délibérément ce temps d’examen. L’intervenante rappelle qu’une disparition complète des biais serait illusoire.
Cette réflexion prolonge sa tribune sur le pouvoir de poser les bonnes questions. Son interlude met ici l’accent sur la responsabilité des RH à l’égard de leurs propres jugements et de leurs effets sur les carrières.
Marie-Sophie Zambeaux s’exprimait entre les pitchs de The HR Influence Event, organisé par myRHline et Tomorrow Theory. Retrouvez sa prise de parole dans le replay intégral des interludes.
Source : interlude de Marie-Sophie Zambeaux, The HR Influence Event, Paris, 22 septembre 2026.

