Les données RH, un gisement d'intelligence sous-exploité

par La rédaction

Il est maintenant admis qu’il existe une dimension subjective dans le mécanisme de déclenchement du stress. Certains en ont conclu qu’il s’agissait d’une problématique individuelle, concernant l’individu et sa psyché. Dans cette perspective, mesurer le stress revient alors à évaluer les conséquences individuelles, ce qui est fort complexe, et prévenir le stress revient à accompagner les salariés, ce qui est tout aussi difficile. Il existe fort heureusement une autre voie.

 

Elle naît de l’observation que lorsque de nombreux individus manifestent en même temps des symptômes semblables, la problématique devient collective. Dans cette perspective, mesurer le stress revient à évaluer les indicateurs collectifs et prévenir le stress revient à accompagner non plus les salariés mais les entreprises dans leurs démarches d’amélioration des conditions de travail. Dans la réalité, cette théorie séduisante semble cependant avoir du mal à progresser. Une des raisons est certainement liée à l’indigence des outils de mesure RH.

En effet, dans de nombreuses entreprises, les données RH sont (trop) souvent sous-exploitées. Elles recèlent pourtant des « gisements d’intelligence » pour comprendre, analyser et prévenir les risques sociaux.

Par exemple, rares sont les organisations capables d’objectiver et de donner du sens à l’absentéisme. Pourtant, en appliquant des méthodologies d’analyse statistique, on parvient à chiffrer le coût du phénomène (ce qui est toujours utile pour convaincre les décideurs d’investir dans la prévention), à le cartographier et à émettre des hypothèses quand à ses origines.

Les problèmes de souffrance au travail ou de stress ont beau être pleinement d’actualité, force est de constater que des outils quasi préhistoriques sont encore utilisés pour les détecter et les analyser. Le tout alors que les outils permettant par exemple d’analyser les cours de bourse ont atteint une sophistication extrême. Etant donné les enjeux sociaux, sanitaires et économiques, on se trouve ici face à un paradoxe insupportable.

Si la mesure quantitative ne résout pas tout, elle permet d’avancer sérieusement et rapidement dans le diagnostic en donnant de précieux éléments pour préparer l’analyse qualitative. Pour commencer enfin à comprendre et prévenir les maux dont souffrent les salariés et les entreprises.

 

Guillaume Pertinant

Consultant et Formateur
Havasu Consulting
 

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