RH : pourquoi l’entreprise doit-elle valoriser son implication sociale ?

par La rédaction

La fragilisation des référentiels tant économiques que sociétaux semblent redéfinir la place occupée par l’entreprise au sein même de la société civile. Bien que l’ADN de cette dernière se structure autour du principe de performance, il apparaît néanmoins de plus en plus réducteur de cantonner l’entreprise à cette seule logique de rentabilité. En effet, nombreux sont les observateurs à s’accorder sur le fait que les organisations doivent non seulement répondre à des enjeux de compétitivité mais aussi prendre en compte les besoins sociaux et sociétaux. Ce que cela signifie ? Sans aucun doute, la nécessité d’articuler intelligemment les concepts inhérents à la cohésion et la compétitivité. Démonstration

 

Aujourd’hui, l’un des enjeux majeurs pour l’entreprise soucieuse d’ancrer sa performance dans la durée, réside dans sa capacité à élargir sa gamme de compétences et par conséquent à recruter des collaborateurs dotés d’un haut potentiel. « Grâce à la diversité des approches, l’organisation démultiplie son niveau de rentabilité », souligne Toks Majek-Akisanya, PDG de l’Agence canadienne de développement international (CIDA). Miser sur la diversité, c’est donc oser faire un pari gagnant-gagnant, tant en termes de cohésion que de compétitivité comme le confirme Soumia Malinbaum de l’AFMD : « la cohésion est un outil moteur pour la compétitivité des entreprises. En témoigne la récente étude publiée par le Groupe La Poste qui a démontrée que la diversité au sein des équipes avait généré une croissance de +15 % du niveau de rentabilité, par rapport à celui réalisé par des équipes homogènes ».

 

Incarner la diversité pour davantage de cohésion et de compétitivité

 

Avec près de 40 % de femmes chez les cadres et 30 % chez cadres dirigeants, Jean-Paul Bailly, PDG du groupe La Poste, confirme qu’il y a eu un réel impact sur les niveaux de rentabilité. « Si la performance est définie comme un enjeu financier à court terme, la diversité s’impose en revanche, comme un facteur de performance durable. En favorisant la mixité au sein de nos équipes, nous avons considérablement augmenté nos niveaux de rentabilité ».

 

Pour Benoit Legrand, Directeur général ING direct France, la cohésion et la diversité sont deux principes qui se renforcent l’un et l’autre, mais à condition qu’ils soient incarnés par le dirigeant. Cela implique donc de la part du Top Management de diffuser une culture d’entreprise et des valeurs qui nourrissent et fassent vivre la notion même de diversité au sein de l’organisation. « L’entreprise a désormais, le devoir de prendre en considération les problématiques ayant trait à l’égalité des chances tout comme celles inhérentes à l’égalité de traitement due à l’ensemble de ses collaborateurs. C’est là tout l’enjeu de la valorisation du capital humain qui sous –tend la capacité de l’organisation à faire preuve d’une véritable intelligence en matière de gestion des ressources humaines », conclut la Présidente d’honneur de l’Association française des managers de la diversité (AFMD). S’enrichir par la différence est un virage qui doit donc être opéré au sein des entreprises. Pour cela, le dirigeant s’impose en toute logique comme le gardien des valeurs de l’organisation et de la manière dont ces dernières sont vécues par chacun dans l’entreprise.

 

 

 

 

Emilie Vidaud

 

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