L’Oréal division produits professionnels : le distanciel pour préparer un présentiel axé sur l’interaction

par La rédaction

Le social learning, version collaborative du e-Learning, complément du présentiel chez L’Oréal produits professionnel. Grâce à lui les meilleures pratiques sont remontées du terrain. « On parle d’intelligence collective, le social learning est pour nous un facteur d’innovation », précise Éric Mellet, International Sales Training & Development director de la division.

 

Formation en présentiel, sur le terrain, eLearning, blended learning, social learning, mobile learning, flipped classrooms, learning lounge… la formation professionnelle n’a pas fini de se décliner et avec une telle gamme de dispositifs, pourquoi se limiter à des choix binaires ? « L’effet de mode du eLearning est, me semble-t-il, en train de retomber ; il y a quatre ou cinq ans, on pensait tout résoudre avec lui mais il est juste un des composants des modes de formation et peut être un signe avant-coureur de la révolution des apprentissages », note Éric Mellet, International Sales Training & Development director chez L’Oréal Produits professionnels.

 

Inverser les processus d’apprentissage

Le distanciel est, dans son contexte – un public de commerciaux au niveau international –, un complément des séminaires, il ne doit pas s’y substituer : « Le virtuel ne saura jamais remplacer ce qui se passe dans l’instant, or le propre du commercial est d’être dans l’instant, n’oublions pas que 70% de la communication se situe dans le non-verbal ». On ne parle plus d’ailleurs d’e-Learning chez L’Oréal Produits professionnels, le social learning a pris le relais. Celui-ci fait de l’apprenant non seulement le destinataire d’un enseignement mais encore, l’acteur de sa formation, il lui permet de partager, de construire, de collaborer avec d’autres à distance, à l’aide d’outils collaboratifs (wikis, chats, forums, blogs, réseaux sociaux d’entreprise…) : la L’Oréal Sales Academy (LSA) et le réseau social d’entreprise Yammer en l’occurrence. La formation des commerciaux du groupe s’appuie ainsi sur un processus d’apprentissage inversé, c’est le principe des fameuses flipped classrooms : apprendre avant le cours, ou le séminaire, afin que celui-ci soit un moment interactif. « On va en cours ou en formation pour valider ce que l’on a appris, le professeur devient plus facilitateur que sachant. Il existe un learning lounge au sein de la L’Oréal Sales Academy, nous l’utilisons pour préparer le présentiel afin que celui-ci soit tourné vers l’interaction et non passé le nez sur des slides, pour faire en sorte que le contenu didactique soit acquis avant la formation en présentiel », explique Éric Mellet.

 

Intégrer les outils actuels dans l’apprentissage pour favoriser l’intelligence collective

Par ailleurs, le mobile learning est actuellement à l’étude au sein de la division produits professionnels. « On réfléchit à l’intégration de tous les outils actuels dans l’apprentissage, par exemple à l’utilisation des tablettes dans les séminaires », précise-t-il. Des avancées au stade du balbutiement mais des questions forcément posées à partir du moment où l’on met du digital dans la formation. Le social learning est enfin un facteur d’innovation, car les différents dispositifs (LSA + Yammer) permettent de faire remonter du terrain les meilleures pratiques et stimulent l’intelligence collective.

 

« Les MOOCs*, une opportunité pour remettre en question la collaboration indispensable entre le monde académique et celui de l’entreprise. » Éric Mellet

« Les MOOCs sont un incontournable avec lequel composer dans le monde de l’enseignement, ils sont un mode d’apprentissage dont se sont emparés les professionnels des IT, ils seront demain une source d’apprentissage étendue à tous les secteurs et domaines. C’est en train de révolutionner le monde académique, cela gagnera l’entreprise. Mais ces cours en ligne ne me paraissent cependant pas, dans leur formule actuelle (massifs : tout le monde peut y accéder ; ouverts : ils sont gratuits), un dispositif adapté à notre problématique : la masse des commerciaux ne parlent pas anglais ou français, il faudrait donc penser aux langues pratiquées localement et ce serait plus à destination des managers, reste à savoir sur quelles thématiques. Il s’agirait de réfléchir à un cursus complet de direction commerciale, très opérationnel et a priori réservé aux collaborateurs mais quel intérêt une entreprise aurait-elle à pousser du contenu pédagogique ouvert et massif ? Je n’y crois pas à court terme car sur le commercial, on entre très vite sur des sujets très stratégiques. Toutefois, les discussions actuelles remettent en question la collaboration indispensable entre le monde académique et celui de l’entreprise. Les entreprises, confrontées à l’obligation de former leurs collaborateurs, ont repris les codes des universités, aujourd’hui, cela reste à revisiter. »

*Massive Open Online Courses.

** 7 000 commerciaux dans 50 pays.

 

 

Sophie Girardeau

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