Réforme de la formation professionnelle : du changement dans la continuité.

par La rédaction
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« Quelques minutes pour vous reposer le contexte de la formation professionnelle ». C’est ainsi que Philippe Bernier, docteur en Droit spécialiste de la formation et directeur de CARAXO, a débuté son intervention ce mercredi 20 Janvier 2010 à la CRCI de Lille.

Le Master Management des Ressources Humaines de Lille, en collaboration avec la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie du Nord-Pas-de-Calais, ont en effet convié les professionnels de la fonction RH à une matinée de conférence et de débats sur le thème de la réforme de la formation.

Vaste sujet ! D’où le vrai challenge pour Philippe Bernier de balayer le contexte de la formation professionnelle en quelques minutes.

 
Commençons par un bref historique des réformes sur la formation professionnelle depuis le début des années 2000, ce qui permettra de mieux appréhender la réforme qui nous intéresse en particulier, à savoir celle de 2009.
Remontons tout d’abord en 2003 avec l’Accord National Interprofessionnel qui s’est ensuite ouvert sur une loi en 2004. Cette loi a imposé de nouvelles obligations aux entreprises mais au final, au cours de ces années, le monde de la formation professionnelle a toujours évolué selon un même principe : « permettre à un individu d’être employable, de se donner les moyens d’être toujours opérationnel », affirme Philippe Bernier.
En 2005, suite à cette réforme de la formation professionnelle, on voit apparaître une loi qui oblige les entreprises à mettre en place des réflexions sur la GPEC sans oublier que la formation doit être un outil à part entière qui participera à la GPEC. Cette loi s’inscrit dans la lignée des négociations précédentes.
Le 14 Novembre 2006, une circulaire  vient préciser comment construire des parcours professionnalisant individuels. D’où la naissance de la GPIEC, à savoir la Gestion Prévisionnelle Individuelle des Emplois et des Compétences. Il ne faut en effet pas oublier que les logiques collectives sont constituées de logiques individuelles.
En 2007, la réécriture du code du travail a avancé dans cette logique de l’individu. On a une continuité qui est presque rassurante. On donne le sentiment de complexifier les choses mais on garde ce fil conducteur.
L’ANI du 9 Janvier 2009, repris dans la loi du 24 Novembre 2009, vient consacrer ces avancées. Le législateur a en effet voté la réforme sur la formation professionnelle. Mais d’après Philippe Bernier, « le terme réforme est peut être un peu fort, [il] préfère parler d’évolution ».
La formation est donc un outil permettant la combinaison entre l’accomplissement de la stratégie de l’entreprise et le maintient de l’employabilité des salariés.
Encore faut-il savoir l’utiliser efficacement, ainsi d’après Philippe Bernier : « pour être un bon ouvrier le tout n’est pas de savoir qu’il existe de bons outils mais de savoir les utiliser », d’où l’importance d’en favoriser la pédagogie.
Ce dernier à souhaiter faire un focus sur cinq points clés de cette réforme.
La qualification dont l’objectif est de permettre à chacun d’accéder à des formations certifiées et professionnalisantes.
Cette qualification renvoie sur deux types d’acteurs : le demandeur d’emploi et le salarié. Mais en pointant du doigt un public plus particulier encore, que l’on appellera « prioritaire ». Certains émergent du droit (séniors, les travailleurs handicapés, l’égalité professionnelle, les contrats en alternance….) et d’autres de la conjoncture de l’entreprise (emploi sensible, stratégie, en développement).
Au cœur de la réforme, la sécurisation des parcours professionnels, amène l’entreprise à répondre à un double objectif à la fois simple et compliqué : passer par la qualification du personnel qu’elle va embaucher ou qu’elle a en son sein.
Il est nécessaire aujourd’hui de repenser l’offre des 45 000 organismes de formation. La loi a donc participée à l’élaboration de la définition de la mise en qualité des formations offertes aux salariés.
Enfin le financement est un point important qui modifie le rôle des OPCA. « Hier on disait qu’ils étaient des financeurs, aujourd’hui ils sont des spécialistes de l’ingénierie de la formation, et demain ils seront des professionnels de la GPEC ».
En conclusion cette réforme vise à sécuriser les parcours professionnels, amener à des formations de qualité et faire comprendre aux entreprises, y compris les PME et TPE, que la formation est un investissement de long terme et non une dépense.
 
Crepy Marion
Buchenet Céline
Carcel Morgan
Hanon Emilie
Boubeker Louisa