Lexique iconoclaste de la formation : Blended Learning

par La rédaction

Le terme de blended learning se traduit littéralement par apprentissage mixte. Reste à savoir de quelle mixte parle-t-on ?

Stéphane Diebold, vice-président du GARF, association professionnelle des acteurs du développement des compétences en entreprise, et directeur de Temna, nous livre, tous les mois sur MyRHline, son analyse de la formation en prenant pour base de réflexion un mot du dictionnaire.

Il existe, en effet, peu de formation qui ne revendique pas la mixté de quelque chose. A l’origine, la mixité portait sur le mariage des formations classiques, présentiel, et des formations elearning, distanciels, pour aujourd’hui prendre une forme qui cherche ses frontières, au elearning s’est adjoint le web 2.0, la réalité augmenté, ou toutes autres innovations des NBIC, et certains vont même plus loin en pensant le blended learning comme le mélange de toutes sortes de pédagogies d’où qu’elles viennent, la fécondation de la carpe et du lapin pour peu que l’objectif soit formatif.

Concrètement qu’est-ce que cela représente ?

A minima le blended learning consiste à ne plus penser le présentiel comme un événement formatif ponctuel mais un événement qui s’inscrit dans le temps avec un amont et/ou un aval, autrement dit le présentiel s’inscrit dans un parcours de formation. L’amont et/ou l’aval peuvent prendre plusieurs formes, une validation des pré-requis ou des post-acquis, une formation distancielle, une information, tout devient possible. Le présentiel s’étoffe, il devient la tête de gondole des modules amont et aval. Et cela le transforme en événementiel. Cela change beaucoup de chose : c’est comme un film, avant, sa notoriété se développait de par ses qualités intrinsèques avec le bouche à oreilles ; aujourd’hui, on ne peut plus attendre que la formation s’installe, elle doit percuter. Le Blended learning permet ce changement ce rythme. En amont, il permet la mise en tension de l’apprenant dans une démarche proche du teasing, cette montée en puissance de l’appétence comme le buzz, la pub dans l’industrie cinématographique. Et, en aval, il développe des produits dérivés de la formation, une façon d’accompagner l’événementiel, en profitant de sa dynamique. Deux remarques s’imposent : la première est que pour que cela fonctionne il faut que le présentiel soit impactant, ce qui nécessite une nouvelle pédagogie plus affective ; et la seconde est que dans l’industrie cinématographique les produits dérivés sont plus rentables que le film lui-même, bien gérée la formation dérivée peut permettre un apprentissage plus important… tout dépend de la qualité du film.
Le blended learning est un bon laboratoire d’expérimentation, tout particulièrement pour le mariage de l’information et la formation. En effet, grâce au web 2.0 et l’ensemble des outils collaboratifs, la formation de pairs à pairs s’impose comme une composante majeure du parcours de formation : l’information devient formative là où la formation était déjà informative. Et cela aura des conséquences majeures sur la construction des pédagogies.
Le fait de raisonner en parcours avec des modules formatifs se traduit par un émiettement de la formation. Cet émiettement formatif et informatif restructure la formation classique de masse et autorise l’individualisation. La formation change de paradigme. Effectivement, la granularisation des savoirs permet d’envisager une nouvelle posture d’apprentissage, des formations où l’on veut, quand on veut et comme on veut, cela devient possible, surtout avec les objets mobiles. Chacun choisit la graine formative qu’il veut acquérir pour la faire germer à son rythme. La formation se libère des contraintes de l’Organisation Scientifique de la Formation pour se rapprocher des réalités de chacun. La formation se démocratise pour être plus facilement digérable. C’est ce qu’on appelle le fast training, comme le fast food pour la nourriture, le fast training est une formation rapide. Certains diront que le fast training n’est pas de la formation… comme le fast food n’est pas de la nourriture, mais cela ne change rien à l’affaire. La formation en continu a déjà son courant avec ce que l’on appelle le microlearning et ses grands prêtres comme Frédéric Soussin (www.soussin.net).
Le blended learning porte en germe nombre de possibilités, reste encore à écrire la partition qui mettra en musique ce potentiel entre la carpe, le lapin et le reste… un beau projet en formation.

 

Stéphane DIEBOLD

 

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