Faut-il se désintoxiquer des réseaux sociaux ?

par La rédaction

C’est la nouvelle addiction du XXIème siècle : l’Internet et par extension les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui ne peuvent passer une heure sans se connecter au Net ou sans consulter leur compte Facebook. Une fâcheuse habitude qui peut rapidement empiéter sur le temps de travail, la productivité, la concentration et même la vie sociale. Dans quelle mesure les individus sont-ils désormais, accros à l’Internet et aux réseaux sociaux ? Cela impacte-t-il réellement la productivité des salariés ? Dans le cadre du travail, quelle est l’influence du Net sur notre mental et notre comportement social ? Au final, doit-on limiter l’accès aux réseaux sociaux dans l’entreprise ?

 

D'après Nicholas Carr, journaliste américain spécialiste des nouveaux médias et auteur de l’ouvrage « Internet rend-il idiot » paru fin 2011, le Net réduit une des capacités essentielles de l’individu : son pouvoir de concentration. L’étude commandée par Time Warner et publiée en avril dernier par la firme américaine Innerscope Research de Boston semble aller dans ce sens. Elle révèle, en effet, que la génération dite « numérique » change jusqu’à 27 fois par jour de média et ce, en 60 minutes. Et même si l’étude s’est concentrée sur les heures non travaillées, ces chiffres en disent long sur la durée pendant laquelle un individu est en mesure de se concentrer. Dans ce cas de figure, cette dernière dépasse à peine les deux minutes.

 

Pourtant, si les individus ont du mal à se concentrer sur une tâche sans être distraits par Facebook, les experts admettent néanmoins, que cette génération numérique est plus apte à traiter simultanément un grand nombre d’informations. De la page Web en passant par Skype à la messagerie instantanée sans oublier les SMS, les mails et autres  outils d’échanges 2.0, le zapping a fait son entrée dans l’univers de l’entreprise réduisant la capacité des collaborateurs à résoudre des problèmes complexes, faute de concentration.

 

« Il n’y a pas d’outils ni de démarche et encore moins de réflexion sur la façon dont, on peut être moins parasité par les 80 mails reçus chaque jour. Nos modes de représentations individuels doivent être réorientés vers l’autre et aller vers l’interaction. Sauf que l’on ne sait plus faire. Les managers et les RH doivent adopter une nouvelle posture et réagir en créant des espaces collectifs dédiés à l’échange entre les collaborateurs », déclare Francois Silva Directeur de l’institut des nouvelles pratiques managériales de l’ESCEM*.

 

Limiter l’accès aux réseaux sociaux ?

Des outils, il en existe pourtant. Fred Stutzman, universitaire américain, a créé deux applications pour pallier les comportements inhérents au zapping. La première, baptisée « Freedom », bloque votre accès internet pendant huit heures et ce, pour la modique somme de 10 dollars. La seconde qui répond au nom de « Anti-social » coûte un peu plus cher (15 dollars) et bloque l’accès à Facebook mais aussi à Twitter. A noter que plus de 500 000 américains ont d’ores et déjà, téléchargé les deux applications mises au point par Stutzman. Alors faut-il limiter l’accès, voire le supprimer, aux réseaux sociaux ?

 

Selon une étude** réalisée par le cabinet Millward Brown, l’utilisation des réseaux sociaux dans l’entreprise permettrait de faire converger plus simplement les idées et suggestions dans des équipes géographiquement dispersées (79%). L’étude révèle, également, que les réseaux sociaux favoriseraient la productivité (76 %) et constitueraient un gain de temps, notamment dans la recherche d’information, de contacts et d’expertise (72 %). A noter que 69% des sondés pensent que les entreprises qui adopteraient des outils sociaux se développeraient plus vite que celles qui les ignorent. Mais alors que faire ? Fred Stutzman déclarait récemment à un journaliste du New York Times: «nous entrons dans une ère où nous ne pourrons plus échapper au nuage. Pour moi, la seule façon de résister, c’est au niveau personnel, individuel».

 

Emilie Vidaud

 

*Ecole de Management

** Le cabinet s’est donc intéressé à 2.700 cadres dirigeants et opérationnels à travers sept pays d’Europe, dont la France.

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