Le recrutement serait-il devenu pire que Tinder ? Dans un marché saturé d’offres, de candidatures et de promesses employeur, la comparaison règne. Les entreprises veulent le meilleur profil. Les candidats explorent plusieurs pistes en parallèle. Où se situe encore la décision assumée ? Et comment recréer de l’engagement dans ce jeu du « Je t’aime, moi non plus » permanent ?
Dans cet épisode d’En voiture !, podcast RH Factorial produit par myRHline, Christophe Patte embarque Étienne Ageneau, dirigeant associé du cabinet l’étincelle RH pour explorer ce parallèle entre quête amoureuse et recherche d’emploi.
La comparaison permanente, nouveau réflexe du recrutement
Applications de rencontre, réseaux sociaux, job boards : la logique reste proche. On scrolle, on compare, on explore toutes les options. Le recrutement s’inscrit dans cette culture du choix infini.
Côté entreprise, un profil correspond au besoin, coche les cases, séduit lors de l’entretien. Pourtant, l’envie de comparer persiste. Après tout, peut-être qu’un autre candidat sera encore meilleur. Une quête du toujours plus qui semble s’installer dans les processus.
Côté candidat, la mécanique évolue aussi. Une proposition arrive, intéressante, cohérente. Pourtant, d’autres opportunités restent visibles en ligne. La tentation d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs persiste. Comme sur Tinder, l’illusion d’un choix illimité entretient l’indécision.
Au fond, la question porte peut-être moins sur l’engagement que sur la décision. Recruter revient à choisir. Choisir suppose de renoncer à d’autres options. Dans un univers de comparaison permanente, ce moment du choix devient plus complexe.
Recrutement « Tinder » : le poids de l’indécision
Derrière cette dynamique de comparaison, un autre sujet apparaît. L’abondance de candidatures crée parfois une confusion entre visibilité et pertinence. 500 CV reçus deviennent un signal de succès, alors que la vraie question porte sur la capacité à identifier les profils réellement adaptés.
Un recrutement exige alors un cadre plus structuré. Quels critères constituent le socle du poste ? Quels écarts peuvent être accompagnés dans le temps ? La qualité de la décision repose sur cette clarification, bien plus que sur le volume traité.
La marque employeur s’invite aussi dans l’équation. À force de promesses et d’avantages mis en avant, la tentation de la surenchère grandit. Pourtant, l’enjeu se situe ailleurs : cohérence entre discours et réalité, qualité de l’expérience candidat, culture managériale assumée, trajectoires proposées en phase avec l’ADN de l’organisation.
Au cœur de l’échange, une conviction se dessine : recruter, c’est décider en conscience. Un contrat engage deux parties. L’entreprise investit, le candidat s’implique. Cette réciprocité donne sa solidité à la relation.
Alors, le recrutement devient-il pire que Tinder ? Réponses à découvrir dans cet épisode d’En voiture les RH, un podcast Factorial.

