Index égalité professionnelle, transparence salariale, politique DE&I… Les entreprises affichent des engagements de plus en plus visibles au profit de l’égalité femmes-hommes.
Néanmoins, une interrogation persiste : les organisations ont-elles réellement transformé leurs pratiques ? Les ressources humaines jouent-elles un rôle moteur sur ces sujets ? Les managers et les dirigeants partagent-ils la même lecture des enjeux ? Et que révèlent, au fond, les débats autour des quotas ou de l’égalité salariale sur notre conception du travail et de la compétence ?
Dans ce nouvel épisode d’En voiture les RH, le podcast vidéo Factorial en partenariat avec myRHline, Christophe Patte embarque Rebecca Renverseau, co-dirigeante de Tomorrow Theory, pour explorer un sujet de la place des femmes dans la fonction RH et dans l’entreprise.
Une fonction RH très féminisée… construite sur des stéréotypes
C’est une réalité : la fonction RH compte aujourd’hui une large majorité de femmes. Ce constat alimente souvent une idée reçue : les ressources humaines seraient naturellement un métier féminin, associé au lien humain, à l’écoute ou à l’accompagnement.
Comme l’explique Rebecca Renverseau, cette perception repose surtout sur une construction culturelle. Dans beaucoup d’organisations, les compétences liées au care restent spontanément associées au féminin. Un prisme qui influence encore les représentations du métier. Nombre d’étudiants qui se destinent aux RH évoquent d’ailleurs d’abord l’envie de « s’occuper des gens » ou de créer du lien. Mais c’est une vision qui contribue aussi à enfermer la fonction RH dans un registre relationnel, parfois au détriment de sa dimension stratégique.
L’échange va plus loin en montrant comment ces représentations influencent concrètement l’organisation du travail. Lorsque certaines qualités sont associées au féminin (écoute, accompagnement, attention aux autres) et d’autres au masculin (décision, autorité, prise de risque), les rôles finissent par se répartir selon ces codes implicites. Ce mécanisme contribue à orienter les trajectoires professionnelles.
Ainsi, certaines fonctions se féminisent progressivement, tandis que d’autres restent dominées par des profils masculins, moins pour des raisons de compétences que pour des représentations persistantes.
Égalité, quotas et convictions des dirigeants
Au fil de l’échange, un sujet revient rapidement sur la table : les dispositifs censés corriger les inégalités professionnelles. Index d’égalité ou obligations réglementaires structurent désormais la sphère professionnelle. Si, pour Rebecca Renverseau, ces dispositifs constituent un levier utile, ils ne suffisent pas à transformer les pratiques. Car au-delà des indicateurs, la réalité dépend souvent d’un facteur beaucoup plus déterminant : la conviction des dirigeants.
En effet, la posture de la direction générale joue un rôle structurant. Culture managériale, tolérance face aux comportements déplacés, place donnée à la diversité : ces signaux façonnent les pratiques internes.
La question dépasse alors le simple cadre réglementaire. Elle renvoie aux représentations individuelles, aux trajectoires personnelles et aux croyances qui influencent les décisions quotidiennes. L’épisode explore également les débats autour des quotas, qui soulèvent parfois une tension entre reconnaissance des compétences et volonté de corriger des déséquilibres structurels.
Quelle est la place des femmes dans la fonction RH et dans l’entreprise en 2026 ? Comment la faire évoluer ? Et quels leviers permettent réellement de transformer les pratiques ? Autant de questions explorées dans cet épisode d’En voiture les RH, un podcast Factorial. À découvrir dès maintenant.

