Zen Room : du bien-être en demi-teinte ?

par La rédaction
« Zen Room », Recharge Room », « Nap Room » ou encore, « Well being Zone », « Chill Zone » sont les noms américains les plus répandus pour désigner ces nouveaux lieux de relaxation qui ont séduit les entreprises outre-atlantique. L’objectif de ces espaces est d’offrir à chaque collaborateur qui le souhaite un moment de tranquillité, non loin de ses collègues mais à l’abri des regards et des nombreuses sollicitations. 
S’il existe des sociétés spécialisées dans la conception, la décoration et l’implémentation de ces concepts, la plupart des entreprises font appel à la créativité des équipes des ressources humaines afin de minimiser les coûts et réaliser des campagnes d’information et de sensibilisation encourageant l’adoption de ces nouveaux espaces.
Une initiative qui permettrait de rassembler les collaborateurs afin de répondre aux normes de sécurité en faisant appel au comité d’entreprise, au comité d’hygiène, de sécurité et des condition de travail (CHSCT), mais également au reste des collaborateurs dans le choix du mobilier, les décorations ou encore le matériel.
 

La sieste : imposée au Japon, inscrite dans la constitution en Chine, taboue en France

Espaces tamisés, luminothérapie, ambiance propice à la méditation, les plus attractifs permettront au collaborateur de s’assoupir un court instant. Fermer l’oeil vingt minutes accroîtrait la productivité de deux heures, soit une augmentation de 35 % (étude menée par la NASA). Voilà qui devrait clore les débats autour de la « sur-utilisation » des espaces de relaxation, qui nuirait à la productivité et principe même de la Zen Room.
 
Toutefois, dans l’esprit de nombreux dirigeants, dormir au travail est associé à la fainéantise, voire un état de mollesse et de démotivation. Le fait de se lever de sieste pour immédiatement retourner à son poste de travail et reprendre ses activités peut sembler incohérent. En France, seulement 47 % des décideurs envisageaient un éventuel espace dédié à la sieste contre 36 % pour qui, cette idée ne tenait pas la route (étude menée par le cabinet Robert Half, 2014). Néanmoins, certaines entreprises comme Renault ou Danone et d’autres ayant sauté le pas, démontrent le contraire aussi bien en termes de fréquentation de ces espaces par les collaborateurs et les managers que du point de vue de l’efficacité de cette initiative. 
 
Comme toute action en ressources humaines, elle doit être pensée en concordance avec les exigences du marché, la réalité de l’entreprise et de ses collaborateurs, mais également encadrée afin de pouvoir mesurer son efficacité et saluer les avancées tout en agissant sur les axes d’amélioration. 

Mettre fin au stigmas : entre barrière mentale et pression sociale

Équipée, parfumée, décorée, ce petit coin qui aurait tout pour plaire ne connaît pas nécessairement le succès qu’il mérite, et pour cause, la barrière psychologique chez les collaborateurs et la pression de l’entourage professionnel avéré ou non. Quitter son bureau pour se relaxer, voire dormir, ne réduira pas la charge de travail du collaborateur, à moins qu’il ne réalise que cet instant à l’écart, lui permette de gagner en concentration et donc en productivité. Un collaborateur absent de son poste de travail peut également subir les remarques ou les bruits de couloir le concernant. 
 
La crainte du regard de ses collègues mais également de son manager peut constituer un véritable frein et faire d’un moment de relaxation une source d’anxiété et vecteur de risques psychosociaux. C’est pourquoi il est essentiel, dans une démarche bienveillante, d’inciter les managers à fréquenter ces espaces et pourquoi pas, partager leur retour d’expérience dans le cadre d’une communication informelle ou interne.
 
Multiplier ces espaces au sein de l’entreprise lorsque les conditions le permettent, encouragerait leur fréquentation à condition que leur implantation soit judicieusement pensée.

Nihad H.C

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