Trois questions à Sally-Ann Moore – Fondatrice du Salon iLearning Forum et Consultante en e-Learning

par La rédaction

D’où le e-Learning tire-t-il sa légitimité et son droit à figurer dans les process de formation des organisations ?

Les Etats-Unis sont évidemment précurseurs. Les firmes américaines ont commencé à déployer des dispositifs e-Learning au milieu des années 80 avec la volonté de faire évoluer et progresser en permanence les individus dans leur univers professionnel.

Des projets d’envergure ont d’ailleurs été lancés dans de nombreuses firmes.

 

En France, il faut attendre le début des années 2000 et la bulle internet pour que le e-Learning trouve sa place dans les plans de formation des entreprises. Néanmoins, le niveau d’investissement reste toujours très frileux. En 2010 par exemple, la taille moyenne d’un plan de formation e-learning en France tournait autour de 70 000 euros quand il dépassait le million de dollars aux Etats-Unis.

 

Comment évolue le marché français ?

Douze ans après le lancement des premiers projets de e-Learning en France, 80 % des entreprises  de plus de 5 000 salariés n’a toujours pas introduit le e-learning dans ses process de formation. Plusieurs raisons à cela.

Tout d’abord, la réglementation française autour de la formation n’a pas favorisé la pénétration de ces process au sein des organisations. A cela s’ajoute, une résistance aux changements qui tient à un très fort ancrage de la formation présentielle en France.

Enfin des barrières psychologiques et des a priori persistent. Il serait par exemple entendu que le e-learning serait la petite sœur pauvre de la vraie formation.

 

Pourtant en 2011, le marché du e-Learning a connu une croissance de près de 15 % en France. Comment expliquez-vous cela ?

Il y  a une relation de cause à effet entre la technologie et le e-learning. L’arrivée des tablettes et autres dispositifs mobiles a clairement favorisé le développement de process e-Learning mais sous une forme dite « Mobile ».

Les cadres sont particulièrement concernés par le déploiement de ce Mobile Learning qui permet de se former quel que soit le lieu et à tout heure. Les Serious Game ont également profité de ce boom technologique. En effet, il semblerait que les salariés jouent plus facilement sur des tablettes. Parmi les tendances remarquables, citons également le Rapid Learning.

Les outils de création de contenu qui y sont chevillés, Powerpoint en tête de liste, ont favorisé le développement de modèles de formation moins coûteux. Le e-Learning continue donc doucement mais sûrement, sa conquête du marché français.

 

Emilie Vidaud

 

 

 

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