Le télétravail en Europe à l’heure du Coronavirus

par La rédaction

Arrivé brutalement lors du confinement, le télétravail a bouleversé l’organisation des entreprises et le quotidien de leurs salariés. Il est aujourd’hui omniprésent et nul ne peut ignorer ses atouts : flexibilité, liberté des horaires, qualité de vie, productivité, conciliation de vie personnelle et professionnelle… Alors que certains pays européens souhaitent le généraliser, d’autres le découvrent tout juste. De quelle manière les différents pays européens ont-ils accueilli ce « home office » forcé ? Petit état des lieux du télétravail en Europe.

Une pratique de plus en plus appréciée en France

Par télétravail, entendons : « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication », tel que le stipule la loi du 5 septembre 2018.  Alors que seuls 3% de la population pratiquait le télétravail au moins un jour par semaine en 2017, 29% des Français déclarent avoir travaillé à distance en 2018, avec une moyenne de 7 jours de télétravail par mois.

La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer cette tendance, bien que tous les secteurs ne soient pas concernés. En mars, selon une enquête du Ministère du Travail, le télétravail pendant le confinement a été “particulièrement fréquent dans les secteurs de l’information et de la communication (63% des salariés), et les activités financières et d’assurance (55 %), dans lequel il était déjà nettement plus répandu avant la crise. Il l’est moins dans l’hébergement-restauration (6 % des salariés), la construction (12%), l’industrie agro-alimentaire (12 %) et les transports (13%)”. En France, 8,5 millions d’emplois seraient concernés par le télétravail.

France, Allemagne, Angleterre : le télétravail en Europe se généralise

Devenu populaire pendant le confinement, bon nombre d’entreprises françaises semblent vouloir miser sur les vertus du télétravail.  À l’instar de PSA qui a annoncé généraliser le travail à distance à la rentrée. Cette décision concerne 40 000 personnes dans le monde, dont 18 000 en France. De la même manière, en Allemagne, c’est l’assurance Allianz qui, cet été, a annoncé cette même volonté pour ses 150 000 salariés. Une étude de l’Institut Fraunhofer pour l’économie du travail a d’ailleurs indiqué que 42 % des sociétés allemandes avaient choisi d’envisager davantage de possibilités de télétravail.

Enfin, en Angleterre, c’est 37 % des entreprises qui prévoient le home office pour leurs employés après la crise, contre 18 % auparavant, d’après le Chartered Institute of Personnel and Development.

 

Une culture plus faible du télétravail en Europe du sud

 

Alors que les pays nordiques sont depuis toujours très friands du télétravail, les pays d’Europe du Sud sont, eux, assez peu habitués à cette manière de travailler.  Ainsi, en 2019, selon Eurostat, 93% des Espagnols n’avaient jamais télétravaillé, ils étaient seulement 4,8% de la population active à le pratiquer régulièrement. En Espagne mais aussi en Italie, la culture du présentiel reste forte. « Avant la crise », explique cet article du Monde, « ils n’étaient que respectivement 5 % et 9 % à travailler de chez eux au moins une partie de la semaine, contre 12 % en Allemagne, 23 % en France, 27 % au Royaume-Uni et 37 % en Suède et aux Pays-Bas. ».

Il s’agit toutefois de parvenir à trouver un bon équilibre, entre le bureau et le “home office”. Au bureau, les plus jeunes peuvent apprendre en regardant leurs aînés, les relations se nouent, la culture d’entreprise se forge. Et si à l’avenir, le télétravail en Europe était voué à se développer de manière accélérée, quelle serait l’utilité des bureaux de demain ? À suivre !

Philippine SANDER

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